les flèches de Saint Sébastien

On aimerait être partout  quand on se sent nulle part, longer de vastes allées, à petites et courtes enjambées, pour vivre quelque part et pourtant on est là, claudiquant aux sons d’un djembé centrafricain, aux virevoltes d’un GPS ukraino-criméen fou qui conduit n’importe où, ou plus exactement qui nous conduit partout, partout dans ces lieux dont nous ignorons tout, dont nous avons peur, dont nous n’osons franchir les frontières, de peur que, de peur que…

On aimerait être nulle part quand la poussière dépasse les nuages, que la poudre explose partout, être au bout du rouleau, du cordon Bickford, aux manettes, appuyer sur la gâchette flinguo US pour faire cesser le bruit infernal des bottes, des marches claudiquantes, au son du djembé, aux atermoiements politiciens, aux apitoiements internationaux, on voudrait danser sur nos mille pattes, comme des millions de fourmis aux antennes hyper-communicantes, laborieuses et folles de GPS de tablettes d’Ipod de . De peur que, de peur qu’on.

On aimerait être là, juste là, planté sur les quais de San Sebastian Donostia, les pieds, le corps entier versé au soleil, à regarder les autres gens feignasser, comme nous, l’esprit et le corps offerts à la rêverie de l’instant, être partout dans son corps que le soleil et la brise réjouissent en silence, en murmures, ne penser à rien, franchir les frontières du temps,  jusqu’au crépuscule. A l’heure où les dieux nous attendent pour goûter à la passagère éternité des sens. Reprendre goût à la vie.

(à H. et P. L.)

 

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