Fébus et Rasibus (les locales cocasses)

 

C’est en 2019 lors de l’inauguration du Fébus, le nouveau Bus à Haut Niveau de Service de Pau, que François Bayrou annonça qu’une deuxième ligne serait ouverte d’ici la fin de son deuxième mandat en 2026.

Afin d’éviter les polémiques sur les abattages d’arbres et la gêne pour les automobilistes qui avaient accompagné les travaux du Fébus, la ligne serait cette fois-ci tracée de façon à raser les murs. En conséquence elle serait baptisée « Rasibus ».

Cela suscita un émoi parmi les défenseurs du patrimoine architectural palois : « Est-il vraiment nécessaire d’enlaidir notre ville en la rasant ? ».

Mais le parcours et les lieux à desservir restaient à définir lors d’une future concertation.

François tenait pour sa part à ce que le stade du Hameau fût desservi, en passant par l’entrée principale car le Rasibus ne saurait jouer à saute-portail. Il n’y a avait pas de mur à raser sur ce tronçon, mais à titre tout à fait exceptionnel on pouvait envisager des travaux pour en ériger un.

Le Stade Nautique le serait obligatoirement (desservi), et le comité des habitants du coin fit savoir qu’il serait vigilant au sujet de la préservation des mousses qui ornaient les trottoirs le long des murs et qui faisaient le charme du quartier.

BAP réclama que la ligne soit prolongée jusqu’à Saragosse avec un temps de parcours maximum de 45mn, afin de désenclaver le Béarn, et CPNTLC (Chasse, Pêche, Nature, Traditions, Loto et Corrida) rappela qu’il serait incompréhensible que les arènes d’Arzacq et la ruralité fussent une fois de plus oubliées. Pour BAP, la construction des 200km de murs nécessaires pouvait se faire entièrement sur des fonds privés de tout regard, selon la tradition locale.

Un site contestataire publia un article pour s’inquiéter de l’impact négatif du Rasibus sur le commerce du centre-ville : « On nous dit qu’il rasera les murs, soit, mais comment fera-t-il aux carrefours ?? Si les automobilistes doivent laisser la priorité aux bus, ils ne viendront plus en ville et Pau se mourra ! ». Le chef de projet dévoila l’astucieuse solution retenue, consistant à installer des murs escamotables au milieu des carrefours. Ce qui suscita un autre article pour s’inquiéter des coûts : « Et c’est qui qui paye ? Toujours les mêmes ! Y’en a marre ! ». Enfin, un troisième article démontra qu’il y avait évidemment beaucoup trop de fonctionnaires en France.

Après quelques mois de consultations on convînt néanmoins que même en rasant les murs, le Rasibus serait effectivement une gêne majeure pour la circulation : il fallait donc que le parcours évitât totalement les zones urbanisées. Le nom pouvait être conservé, car cette ligne repensée raserait la campagne à défaut des murs. Des navettes seraient mises en place depuis les arrêts initialement envisagés, afin de rejoindre le Rasibus à l’extérieur de la ville.

Tout le monde se félicita alors de s’être efficacement mobilisé pour que finalement le bon sens l’emporte.

Pedro Pedibus

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