Editions locales : Les arriérés du Béarn

 

taureau à l'agonie 

Il y a quelques semaines, c’était à Arzacq, un gros bourg d’un millier d’habitants au Nord de Pau, dimanche dernier c’était à Garlin, une localité voisine de même taille, cet été ce sera au tour de la ville d’Orthez, dix mille habitants, autrefois la plus grande ville du Béarn : Chaque année dans les arènes de ces trois localités, les aficionados, comme ils s’appellent entre eux, se rassemblent pour assister à la torture et l’assassinat des taureaux sélectionnés par les organisateurs.

Qu’on ne nous parle pas de la beauté du combat entre l’homme et l’animal, du courage et de l’art du toréro, de la communion du public, voire de l’aspect métaphysique de la tauromachie, que sais-je encore… Fadaises que tout cela.  La réalité de la corrida, une fois débarrassée de tous ses artifices, de ses paillettes et de ses habits de lumière, est d’une simplicité terrible : Un spectacle ignoble qui consiste à torturer et à faire mourir à petit feu un magnifique animal pris au piège, sous les olé d’un public sadique et pervers qui ne demande qu’à voir couler le sang.

Un millier de taureaux sont sacrifiés chaque année dans les arènes françaises.  Cette vidéo, en moins de trois minutes, en dit plus long que de grands discours, la souffrance du taureau, le sadisme de ses exécuteurs et puis cette scène terrible à la fin d’un enfant qui applaudit:

Une autre vidéo, un peu plus longue et absolument insupportable:

On peut également lire cette page de l’Alliance Anti-Corrida qui décrit précisément les dessous du spectacle et les tortures subies par les taureaux en préparation de leur mise à mort :  http://www.allianceanticorrida.fr/combat.html

Les défenseurs de la corrida se réfèrent sans cesse à la « tradition » pour la justifier.  S’il est vrai que les courses de vache sont organisées dans le Béarn depuis plusieurs centaines d’années, ce n’est pas le cas pour la corrida qui a à peine plus d’un siècle d’existence sur notre territoire. C’est un peu court pour parler de tradition. En outre le Béarn ne compte strictement aucun élevage de taureaux de combat. En Andalousie, les taureaux font partie du paysage. Dans le Béarn, on ne les rencontre que dans les arènes, quelques minutes avant leur implacable exécution.

Et puis même, en quoi la tradition saurait-elle justifier de telles actes de barbarie ? Qu’attendons-nous alors pour ressusciter les jeux du cirque, qui eux bénéficient d’une tradition bien plus ancienne ?  C’est aussi au nom de la « tradition » et de la « culture » que des avocats défendent les parents qui font exciser leurs filles.  Heureusement les tribunaux français punissent sévèrement de tels actes. Hélas, si la tradition ne permet plus de justifier la torture d’êtres humains, la loi française continue à tolérer les corridas « lorsque une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ».  Cette tolérance a toujours été appliquée dans un sens très large par les tribunaux.

Pourtant, en règle générale, la loi punit sévèrement les actes de maltraitance envers les animaux, comme l’ont montré plusieurs affaires récentes. Toute personne commettant un acte de cruauté ou de maltraitance sur un animal est passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 30 000 euros.  La corrida bénéficie donc d’une exception juridique largement incompréhensible.

Les Français sont dans leur grande majorité opposés à la corrida. Un sondage de 2015 Ifop-Alliance Anti-Corrida, cité par Libération du 16 mai 2017, affirmait que 73 % des Français étaient favorables à la suppression des corridas avec mise à mort des taureaux. Cette opposition se vérifie aussi dans les régions où se pratique la corrida, soit dix départements français (l’Aude, les Bouches-du-Rhône, le Gard, le Gers, la Gironde, l’Hérault, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Orientales). Ainsi un autre sondage Ifop-Alliance Anti-Corrida de 2017, cité également par Libération, révélait que 75 % des habitants des départements «taurins» sont opposés aux corridas.

Seul le pouvoir des lobbies et le clientélisme pratiqué par les élus de la République, à contre-courant de l’opinion majoritaire des Français, peuvent expliquer que la loi commune continue à ne pas être opposable aux organisateurs de corridas.  N’oublions pas que la corrida est avant toute chose une affaire d’argent : Les toréros gagnent plusieurs centaines de milliers d’euros par prestation, les taureaux de combat se vendent plusieurs dizaines de milliers d’euros.  De quoi irriguer les appétits des affairistes de tout poil qui n’ont que faire de l’éthique.

A nous de nous mobiliser, avec les associations de défense des animaux, pour que soit mis un terme à cette tragédie. Et pour que le Béarn sorte enfin de son arriération.

Marc DB

 

Principales associations et groupes d’associations anti-corrida :

Alliance Anti-Corrida :  www.allianceanticorrida.fr

CRAC : www.anticorrida.com

FLAC : www.flac-anticorrida.org

 

 

Un commentaire sur “Editions locales : Les arriérés du Béarn

  1. NB: Cet article a été envoyé aux maires d’Arzacq, de Garlin et d’Orthez, organisateurs de spectacles consacrés à la torture et l’assassinat de taureaux.

    Ils n’ont pas daigné faire part de leurs commentaires. Sans doute font-ils partie des cons à poils:

    https://lecanardaplumes.wordpress.com

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