Jazz In Marciac : un grand garçon de 41 ans.

(article paru également dans « le canard à plumes« )

Chinette et Chinou se sont rendus sous la canicule à Marciac, ce village du Gers qui accueille des milliers d’amoureux du jazz depuis quarante et un ans, ce qui correspond, si l’on marche à l’envers, aux vingt ans de Chinou, qui n’avait à l’époque rien demandé au Crédit Agricole, l’un des premiers sponsors historiques du festival. Le jazz de nos parents était encore lié à Louis Armstrong, Duke Ellington, Mezz Mezzrow, Nina Simone, Ella Fitzgerald et quelques blancs comme Benny Goodman, Cole Porter, Benny Carter, Ray Ventura ou Glenn Miller. (il y en a trop!)

Puis, dans les années soixante, soixante dix, sont apparus les premiers festivals : Nice, Cannes, Antibes Juan les Pins (1960), Châteauvallon (1970-1996), Montreux (1967)… qui ont fait exploser cette musique que depuis déjà des décennies on pouvait écouter à Paris, au « Caveau de la Huchette », et qui a pris une ampleur phénoménale et amplement méritée. Le jazz est à la fois métaphysique et jouissif. Les artistes ne s’y trompent pas, et le public non plus. Le jazz est un fruit qui nourrit l’affamé de sons et ravigote le boulimique de voluptés. Cette musique coule dans les instruments des artistes comme un fleuve qui passerait par mille torrents, lacs, méandres, chutes vertigineuses et rapides tumultueux pour enfin gagner l’océan des oreilles. On l’écoute, on monte dans l’esquif, on saute dans le canot, on se crispe dans le speed craft des solos, et voilà soudain une marge immense de sonorités tranquilles, un grand lac de silences à peine ridé de notes aquatiques, puis la fulgurance des doigts repart par je ne sais quel instrument, tous sont possibles, du sax à la trompette d’Ibrahim Maalouf, de l’oud d’Anouar Brahem au piano de Brad Medlau, des percussions, de la basse de Marcus Miller, de la guitare de Pat Metheny, des bourrasques de Santana, rochers rythmant la montée du plaisir vers l’horizon du public, ultime hâvre de paix. C’est beau, c’est joué, la peur s’est évanouïe dans les bras de la musique. On meurt heureux. C’est le jazz. Et ce sont les applaudissements qui font des claquettes sur la nuit en riant, et même Nougaro applaudit, tout là-haut.

Le programme est ici

Il reste quelques petit(e) chéri(e)s de Chinou pas encore passé(e)s sur la scène : Eric Truffaz, Fatoumata Diawara, Kid Créole and the Coconuts, Rabih Abou Khalil, Santana… qu’on écoutera à la maison, pas vrai, Chinette ?

-Oui, Chou, on mettra nos vieux CD dans la boîte à musique, au clair de lune, ou en écoutant France Inter (et F. Musique) qui retransmettent en direct. Tout ceci avant que l’orage descende sur Marciac, comme très souvent après la canicule !

En attendant l’an prochain, avec, qui sait, Hermetto Pascoal, Nick Cave and the Bad Seeds. Faudra investir dans une tirelire, Chinette !

AK Pô

06 08 2018

Ptcq

 

 

le calme avant la tempête (midi sonne à Marciac):

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