Chinette :  » je suis furax, Chinou, tu mélanges tout! »

Je reconnais! mais c’est dimanche:

rigolo : https://www.youtube.com/watch?v=MKejJRjgAJE

Les grues ne grommellent pas, même quand elles grou-groutent!

Le ciel s’est éclairci. Je fume sur le perron. Un bruit un peu rauque traverse l’espace. Je reconnais ce son, caractéristique : les grues sont de passage. Vingt octobre, 13h50. Elles tournent, une dizaine, formant un huit, cherchant la bonne direction du vent au-dessus de la maison. Les repérer, les voir, me prend du temps. Dans le jardin, Chinette étend le linge sur le fil un tantinet distendu, les chats font semblant de dormir. Une dizaine d’adolescents, garçons et filles, traversent la route. Dans le ciel les oiseaux tourniquent, reforment une escouade, se dirigent lentement vers l’ouest. J’interpelle le groupe d’ados, lève le doigt pour les inviter à regarder ce qui se passe au-dessus de nos têtes. L’un d’eux m’adresse un bonjour, un autre ils sont beaux, les nuages. Aucun ne cherche les oiseaux, ne suit mon doigt, aucun n’entend le grondement, le son rauque des grues qui migrent.

Le passage saisonnier des grues, dans ce petit pays,  marque la transition de l’automne vers l’hiver. Tous les vieux, (enfin les rares qui ne sont pas enfermés dans des EHPAD), savent que le temps est venu de préparer en petites unités le bois de chauffage stocké durant l’Eté, ramoner le poêle, vérifier le calfeutrage des portes et fenêtres, bref se préparer à la venue du général Hiver, aux frimas endémiques en voyant ces emplumés magnifiques et futés qui vont passer leurs vacances en Afrique, bien au chaud, loin de ces mondes infects qui gèrent nos espaces pollués, moches, remplis d’égoïsmes et d’individualités forcenées : ces espaces pleins d’une jeunesse qui ne lève plus le nez, s’assourdit, s’abrutit de son propre mirage, de son rase-motte narcissique. Leurs yeux dansent entre la silhouette des filles et le macadam de la route. Ils se la pètent, heureux, joviaux, ignorants pourtant du temps qui les attend, loin du ciel où migrent les oiseaux, proches du ciel où volent les avions.

13h53 : un grand V récupère les grues incertaines. Elles s’accrochent à ce train de vie, toujours bavardes, hautes dans l’aventure de leurs ailes, elles filent vers les cols du pays Basque, plus bas que ceux des Pyrénées centrales, où elles passaient jadis. Comme les cigognes et les palombes, elles traversent les montagnes en passant au plus près de l’océan , moins de brouillards, de neiges et de passeports troués par les plombs des chasseurs, par les longs filets tendus aux cols qui les saisissent par centaines (les palombes) Les grues cendrées et les cigognes volent au-dessus des reliefs escarpés, elles connaissent la route des vents, sentent le chaud des territoires qui les attendent, comme ces ados espèrent trouver la tendresse d’une copine, le baiser qui engage et, déjà, la nuit qu’ils passeront ensemble.

Ignorance de ces collégiens qui seront à leur tour dans le ciel, un jour ou l’autre, dans des avions aux destinations multiples, feront leurs études avec Erasmus, voire plus tard leur carrière (Honk Kong, Singapour, Lourdes…°, dans des contrées parfois plus lointaines (Mars, Avril, Mai), devenant grues, cigognes, palombes, passereaux, perchés là-haut, regardant l’humanité ramper au sol, un sol marbré de rues, de gratte-ciels en pique-culs, de nuages bas, gris comme la fin des jours d’hiver. De fait, ils ne verront rien, un tapis de nuages masquera le monde qu’ils ont laissé en bas, eux qui ne regardaient que le bitume et les hanches des filles, ils flotteront dans le nirvana du bleu céruléen, contents d’eux-mêmes, fiers d’être propulsés loin d’eux-mêmes, de leur nature intime, enfants sans Passé que le Futur appelle, vide de sens, vide d’humanisme, et l’un d’eux, sans doute, par un hublot verra, un peu en dessous de l’aile de l’avion, voler des grues, des oies bernache, et avec ses doigts, l’index et le majeur tendus, fera le geste du chasseur, et le bruit idiot poum poum, le sourire aux lèvres, satisfait.

AK

20 10 2018

Ptcq

Est-ce bien raisonnable?

https://www.francetvinfo.fr/sante/senior/emploi-une-femme-decroche-un-cdi-a-79-ans_2994059.html#xtor=EPR-502-[newslettervideo]-20181020-[video4]

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