Publicités endémiques

En une demi-heure de télé et trois courtes séries de spots publicitaires (entre treize et quatorze heures le jour de l’Ascension -C+ et TF1-), le constat est terriblement significatif: la publicité nous prend vraiment pour des cons! Quatre exemples parmi d’autres:

pour vous, les hommes: le rasoir (électrique) qui est dur avec le poil mais doux avec votre peau. Le tout expliqué (et oui, comment ça marche?) avec un film d’animation où l’on voit ces vilains poils se faire tondre et, attention, au moment précis où ils vont regagner leur cavité (que l’on suppose pas plus propre qu’un trou à rats) hop! une seconde lame les coupe net. Ils n’ont plus qu’à aller pleurer sous l’épiderme et se remettre à pousser en toute insignifiance jusqu’au lendemain, où la même histoire de nouveau les réduira à zéro sur le tarmac bronzé de votre peau glabre, apaisée, et reconnaissante. Attendez, les hommes, ce n’est pas tout! Cet objet magique vous fournira ce à quoi vous ne sauriez croire: au plaisir ultime! Après ça, envoyez la facture. Mais plus qu’ultime, vous pouvez même l’utiliser sous la douche. Là, on est carrément dans le sublime! Le mec à poil sous la douche se rase; le téléphone sonne, il décroche son sèche cheveux (qui fait office de téléphone à bas débit). A l’autre bout du fil, le revendeur de rasoirs. Une offre exceptionnelle de rasoirs jetables à six lames, avec leur crème intégrée qui permet de se raser à sec, sans eau ni mousse, des fois que vous ayiez des coupures d’eau dans votre coin reculé de salle de bain et, en cadeau, l’ultime plaisir (réservé à tout acheteur de vingt cartons de rasoirs), une escort girl déguisée en soubrette, vraiment l’ultimintimité, le fin du fin jusqu’au bout du poil de barbe, vous ne passerez plus pour un ayatollah et pourrez plaider coupable au tribunal de l’open razor, New York city.

Après l’ultime plaisir du rasage, vous les hommes, quittez l’hôtel. Un deux étoiles qui ne casse pas les briques et pourtant! A voir votre gueule à l’écran, il semble que vous veniez d’y passer une véritable lune de miel, entre votre escort girl déguisée en soubrette (on ne la voit pas mais on sent sa présence virtuelle sans laquelle l’imaginaire aurait vraiment du mal à comprendre l’histoire) et vos séances de rasage ultimes. Une série de cut-up rapides vous montrant devant le buffet hyper garni en train de saliver comme un malade, puis faisant le saut de l’ange vers le plumard défait, etc. Ensuite, capturée en temps réel, votre image pleurnicheuse, enfin vos larmes amères quand il s’agit de quitter ce lieu paradisiaque, séjour payé sans doute par votre patron (raison de vos pleurs, c’est fini le bon temps aux frais de la boîte) pour assister à une réunion de travail rébarbative mais stratégique à quelques centaines de kilomètres de votre domicile, plaisir ultime de ne pas avoir sa femme sur le dos mais de simples collègues qui se rasent avec des rasoirs Bic à deux lames et utilisent des tonnes de mousse pour éviter les coupures et se maintenir à votre ultime niveau de chef d’escadrille.

pour nous, les femmes: munie de notre bracelet clochettes, telles des délinquantes libérées sur parole avec leur laisse RFID, nous galopons toute la journée en quête d’un mauvais coup à faire ou d’un bon à tirer. Mon Dieu les filles, comme c’est fatigant de se trimballer ainsi toute la sainte journée, poursuivies par le surveillant informatique installé dans son fauteuil de la prison centrale, prêt à alerter les services spéciaux et les chiens policiers qui nous suivront à la trace, si le bracelet se détache. Mais nous, les femmes, on les connaît, les hommes! ils puent la sueur et passent leur temps à nous coller aux fesses. Heureusement, grâce à notre déodorant R. ou N., pas de trace de transpiration pendant vingt quatre heures, une fraîcheur toujours d’actualité pour aller courir le guilledoux. Nous, les femmes, sommes toutes des fées clochette, faisons tinter la monnaie et payons nous du bon temps sur le dos des agents de sécurité hypoallergéniques. Et oui, plus vous bougez vos fesses, plus vous vous sentez fraîches, mes sœurettes!

Pour les plus âgées d’entre nous, et celles qui ont du mal à se dérider, l’emploi du Q10 est vivement conseillé. Le Q10, ce doit être comme le Carbone 14: on ne vous identifie qu’une fois démaquillée. A nous la belle vie! Prenons notre yacht et allons draguer les aviateurs, ne sommes nous pas nos propres banquières? Faisons des merveilles en prenant Alice comme pseudos et préparons de faux bons laitages déguisées en fermières ancestrales au carnaval de Nice…

Et ce ne sont que de tous petits exemples (sans parler des pubs pour les bagnoles)…

 AK Pô

02 06 11

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