lettres à Henriette (1973-1980): 1979-1

Paris, 11 avril 1979 22h

Avec le lyrisme sysmique et systématique qui me caractérisent (ce n’est pas une faute d’orthographe)la soirée m’annonce peut-être une intention passagère d’aller à Pau du dimanche 29 au jeudi 3 que j’aurai en journées « récupérables » de mes rudes semaines.

Cela me laisse néanmoins dans l’expectative et je te communiquerai samedi une réponse moins floue. Le Béarn ne m’attire que dans deux mesures : le repos de te voir et celui de me mouvoir. Or, chaque passage n’a été que d’un statisme à attraper la maladie de Parkingson (Parking-son : le fils du parking) et après deux jours je sombre dans une torpeur lamentable du moins en suis-je sûr désormais. Donc il me faut absolument quelqu’un(e) pour me mouvoir en montagne, en campagne, bref bouger de mon stress quotidien en effarouchant les oiseaux. Si personne n’est disponible, toi ou Mir, il ne faudra pas compter sur moi (voir ci-dessus).

Je marine assez bien dans mon élement pour pouvoir me reposer sur place, mais l’air me manque (et j’aime encore mon chat!). Je préfererai sans doute te voir à Paris, endroit où même pour moi les choses restent à découvrir, qu’à Soum, où nous savons déjà tout à tous les niveauxle reste est péremptoire. Bref, tache de te renseigner pour samedi savoir tes disponibilités et celles de Mir (ainsi que des gens présents à cette époque à I.).

En un mot je n’ai pas encore pris de décision et j’avoue que j’hésite (la distance surtout). Et comme je m’instruis en ce moment, je voudrais dire pour finir que si je passe par Phœbusland, ce ne sera pas pour réaliser un palindrome ni une palingénésie. That’s the culture, dear !

AK et BB

Paris, 01 juillet 1979

En ce premier jour de juillet où les oreilles bourdonnent d’une pensée saugrenue voilà quelques taches de laisser-aller.

Si tant courir la nouvelle en voici en voulez-vous en voilà. Je pilote une MZ125TS depuis environ trois semaines. Nous revenons du Tréport (environ la mer à 200 km d’ici). Motocyclette neuve roulant sur ses roulettes.

Je suis viré de chez Lanvin, pour un refus de changement de poste (ils voulaient me mettre gardien le matin et coursier l’après-midi). Ayant le droit de refuser, ils me virent pour rupture de contrat de leur part, je pense donc toucher le chomage ainsi que passer à Pau fin juillet environ, mais sauf si je n’ai pas à loger near. Voilà pour les nouvelles. Tchao.

Paris, le 12 septembre 1979 au soir (20h)

Je me décide (enfin!) à écrire quelques mots après cette rude période à la quête de boulot qui m’a carrément foutu par terre.J’espère en avoir un, très intéressant côté sous-sous, faut que j’aille demain voir si ça colle vraiment. Ce fera une autre lettre. Donc, je suis fort à plat mais (un peu) ravivé par ce télégramme en fin de journée. Il y a un mois que je me lève (avec mes 2 ans d’expérience!) tous les matins avec BB à 7h et qu’on descend ensemble, elle pour bosser, moi pour chercher mon exécuteur. Et ça rate, on m’a bien accepté au moins quatre fois pour des salaires minables (entre 2200 et 2500 fr bruts, avec l’essence et et les problèmes mécaniques de ta poche). Il y a tant de chomedûs qu’ils feront toujours leur affaire. C’est vraiment infect. Bref, la haine. En un mois, j’ai eu droit à deux propositions « intéressantes », où l’on n’a pas pris ma candidature en considération (bien que je sois prêt à tout faire). Et puis, chance j’espère, on m’a rappelé à l’une d’ellescar le type embauché s’est désisté. Donc, on verra demain. Pourvou qué ça marché!!(3000 fr bruts+400 ou 500 frais moto+essence+tickets resto et 13 mois et demi!)

Bon, changeons de discours rien n’est encore dans la poche !

/…

(à suivre)

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4 commentaires sur “lettres à Henriette (1973-1980): 1979-1

  1. Le chômage fin des 70’s ; 1979 : le deuxième choc pétrolier…
    Attendons demain et pourvu que ça marche…
    Très bon après-midi. Je me demande si aujourd’hui n’est pas pire qu’hier.

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    • « Je me demande si aujourd’hui n’est pas pire qu’hier. »

      Par beaucoup d’aspects, oui. Mais nos enfants (j’en ai deux de 26 et 30 ans ) naviguent dans une époque qu’ils connaissent et dont ils savent à la fois ce qui les attend et où se situent leurs espérances, quitte à dire leurs immédiats (pépère est vraiment pessimiste!). Internet nous a mené à être « présents » partout, à l’écoute du monde et aux manipulations diverses des infos, des tweets, des fake news via les réseaux sociaux, la politique, les secrets d’Etat… La virtualité détruisant le réel. Nous sommes trop addicts aux actus, ce qui corrompt nos idées fondamentales sur la nature humaine. Mais c’est un long débat que je ne résumerai pas dans mon simple commentaire !
      Bonne journée à vous! (et restez positif!)

      Aimé par 1 personne

      • PS: si, par exemple, les tweets de Trump n’étaient pas répercutés au niveau mondial ils n’auraient certainement pas le même impact. Tiens, je vais tweeter cette pensée profonde illico!

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      • Etre connecté est une bonne chose en termes de communication : où hier il fallait plusieurs jours, aujourd’hui de façon quasi instantanée et à l’autre bout de la planète, on peut recevoir une information ou une nouvelle. En fait, tout dépend de la qualité du message, de la nouvelles et de ce qui est recherché. La virtualité se superpose au réal comme une autre réalité sans le détruire. Il nous reste à mettre en place des limites ou des garde-fous…
        C’est vrai que l’on pourrait en débattre pendant des jours.
        Bonne journée à toi (et j’essaie de rester positif, tu as raison)

        Aimé par 1 personne

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