La vie c’est de la pluie qui grise les parapluies.
Des escaliers elle a gravi les marches
Qui la menaient au Paradis, elle riait
Comme les plumes aident l’amour
A s’affranchir des mains courantes
Des sacs à dos et du poids des ans
Elle avait une dernière fois regardé
Sa vie : des autos grises, des routes grises
Des nuages gris et des chats dans la nuit
Coursant des souris grises et l’horizon
De ces nuits si proximes que les marches
Pour elle semaient l’ultime stratégie
Le blanc immaculé d’un linceul encore vierge
La lueur éternelle d’un cierge coruscant
Dont un amant fiévreux entretiendrait le feu
Là-haut, au septième palier, dans la chambre
De bonne, résolue à aimer son prochain
Fleur ingénue elle a gravi les marches
Où seul Dieu l’attendait ; elle n’avait pourtant
Que la beauté du Diable, et Dieu s’en satisfît
Qui lui fît un enfant en trompant son ennui.
02 11 2019

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