Je suis (très) con.

Je suis con. Ça ne se dit pas,

Mais je le répète ici : je suis con.

A force d’entendre n’importe quoi

Dit par n’importe qui, je finis par croire

Tout ce qui se raconte et me demande

Tu es qui, toi ? Ben, je suis un con.

Je prête mes yeux aux visions des autres

Mais nous n’avons pas le même regard

Mon langage utilise des mots dont j’ignore le sens

Mais qui s’insèrent d’eux-mêmes dans mon discours

A la fois crédible, sincère et puissamment idiot,

Alors j’écoute ce que chacun veut me faire croire

Je mélange les bons aryens et les bons à rien,

Par dépit amoureux il m’est même arrivé

De boire l’eau du bocal de mon poisson rouge

Méthode de charlatan pour obtenir un baiser

Humide, ô je sais désormais que cela est stupide,

Toutes mes ardeurs, mes braises se consument

Mais ce n’est pas moi qui éteindrait le feu,

La fin du monde et la faim des émois, c’est fichu.

Elle avait laissé des mots d’amour éparpillés

Sur le lit, entre les draps un souffle discourait encore

Je rattrapais ses vapeurs, les reconstituant

Pour en faire un reflet élégant, un miroir à lécher

Pour effacer les rides, les trahisons, les complots,

Hélas, tout ça venait trop tard, j’étais devenu

Une vieille ganache, un papillon fourbu d’avoir battu de ses ailes

L’air du temps sans ambition, sans volonté de changer le monde

Non, j’écoutais les spécialistes, les doctorants, les politiques

Les bignoles, les flics et les pires comiques médiatiques

Labellisés cent pour sang sauveurs de la planète, érudits

De la pensée universelle avec une pointe de sel et de jalousie,

Mentors des rings télévisés, mais toujours dans les cordes,

Lieux où les gants de boxe en peau de hérissons sont interdits,

Tout est si désespérant qu’on ne peut plus croire en soi,

Juger sainement de la situation, tout n’est qu’imbroglios

Affaires stratégiques et licenciements abusifs, fermetures,

Fermetures d’usines, fermetures de gueules, fermetures de futur.

Alors, je reste au lit, si vous saviez comme il est douillet

Mais nous, on ne veut pas le savoir comment est ton plumard,

Même qu’à la télé ils disent qu’il est bourré (comme toi) de puces

Et puis t’es con, alors nous, les cons on évite, sauf sur les plateaux

Des grandes chaînes publiques et privées, celles qui font de l’audience

Avec des émissions nullissimes financées par des pubs de bagnoles !

Alors, vieux, reste con, c’est tout ce qu’on peut te souhaiter de mieux !

AK

25 06 2020

 

5 commentaires sur “Je suis (très) con.

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