Archive by Author | karouge

Carver Raymond, et un gentil petit train

commençons par un petit interlude :

https://www.youtube.com/watch?v=VRwr8jdMwiQ

Raymond Carver : le « monde réel », ou « les ours dansent-ils dans les faubourgs de Vancouver? Not yet, sir »

IMGP4920Un homme sans cheval, s’il a encore quelques batailles à livrer sur les champs de l’imaginaire, quelque galop de fantassin, plume au poing , hurlera à tout vent : la poésie est un combat, ce n’est un art que par la plus grande des victoires hasardeuses : rester vivant.

Alors :

Ce soir je pense à Raymond Carver, sans doute n’attends-je rien de la vitesse foudroyante du passé. Je n’attends rien, ni personne. Sur le perron de la petite maison, assis, chevauchant les trois marches, je fume en regardant les étoiles. Elles brillent dans la nuit. Les champs qu’elles illuminent sont noirs. Et ce sont eux, ces champs, qui me raccordent aux scintillements des étoiles, comme une Méditerranée de naufragés l’écume des jours. L’ombre est l’identité des hommes. Je me dis. Monte dans l’air une bouffée de cigarette, nuage gris. Ce soir je pense à Raymond Carver. Je vais même m’offrir un verre, pour oublier que je ne pense plus à rien. Parce que la nuit est tombée. Sans même le bruit d’un coup de fusil sur un tableau de Goya. La vie devient terrible quand plus rien ne se passe, que le terrible passe et qu’ainsi trépasse la vie. Les chats s’acclimatent à la nuit, les chauves sourient et les nyctalopes festoient. Pendant que sur la véranda, ou plus précisément la galerie extérieure de la maison en bois le fauteuil à bascule grince au gré du vent. Entre deux miaulements je ferme les paupières. Où est passé ce vieux con de Carver ? Je le sais maintenant: il roupille au cimetière Océan View à Port Angeles ( état de Washington),et sa femme, Tess Gallagher, pleure sur sa tombe (1989).

« Alors as-tu trouvé
Ce que tu voulais dans cette vie, malgré tout ?
Oui.
Et que voulais-tu ?
Pouvoir me dire bien-aimé, me sentir
bien-aimé sur la terre. »
(fragment tardif)

Le vieux cheval qu’il est a poussé la poussière fulgurante des vitamines du bonheur, faire pousser la poussière comme on fait pouffer les rombières, couler les flots de bière dans les bastringues, et puis les étoiles dans le nuage. Ne rien laisser croire, ne pas changer les choses, juste foudroyer le passé à la vitesse de l’attente, du désespoir. Comme un renard rôderait autour d’un poulailler, une femme croisée dans la nuit, une nuit d’ivresse, la rencontre tardive et dramatique, criminelle, de deux corps qui se livrent soudain dans une impasse à une lutte banale et mortifère. Monte dans l’air une bouffée de cigarette, une blanche bulle de poudre. Du sang perle au sol, du vieux cheval qu’est la bête humaine le hennissement ultime, la jouissance désespérée. Poussière d’orgueil, animal impulsif, assassin tranquille : meurtrier. Sans même le bruit d’un coup de fusil. Les champs noirs de l’illumination. La vie devient terrible quand la mort vêt son charme. Entre deux mouvements du vent le fauteuil bascule. Raymond Carver se verse un autre verre. Je pourrais en faire autant. Je pourrais , sur le perron de la petite maison, assis sur les trois marches, allumer une autre cigarette dont le goût serait différent, qui initierait une autre histoire, parce que ce soir les étoiles brillent de façon insensée dans le ciel, parce que la jeune femme violée dans l’impasse a eu droit à trois lignes dans le journal local tant ce genre de nouvelles se compte par dizaines, et que Raymond Carver a poussé la poussière de l’écriture jusqu’à l’incurie des poètes, ces vertueux nombrilistes salonnards.

« Supposons que je dise « été »
que j’écrive le mot « colibri »
le glisse dans une enveloppe,
le porte en bas de la colline
dans la boîte. Quand tu ouvriras
ma lettre tu te rappelleras
ces jours-là et combien,
oui combien je t’aime. »

(Colibri) -pour Tess

Parce que rien ne se passe sans qu’un soir, un seul, je ne pense à Raymond Carver.
PS : à lire : John Gardner « la symphonie des spectres »
(auteur qui marqua la carrière de Raymond Carver après leur rencontre)

 

Bon, on s’arrête là, mister K ?
Why not ?

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Ce texte a paru dans Alternatives Pyrénées en 2015

Grisette perd la tête (et l’automne arrive vers Astugue, Hautes Pyrénées)

Chinette me glisse à l’oreille : « commence par l’automne, aujourd’hui les sommets et les pentes de la montagne sont blancs de neige, et quand tu auras fini tes bêtises allume un bon feu dans le poêle, je n’ai pas envie de me geler ni de mettre le nez dehors (7° dehors) »

De fait, nous avons pris une petite route qui nous a mené, par Astugue (Hautes Pyrénées) jusqu’à Bagnères de Bigorre, petite ville thermale vivante et très agréable (je ne le dirai jamais assez!).

 

Pendant ce temps les minous font leur casting:

Terres des Hommes…

Péché dans 28′, sur Arte, ce jour, cet acte revendicatif des paysans hindous menacés par l’urbanisation, province du Rajasthan:

 

La Terre et les hommes, une histoire d’amour nécessaire, non ?

du mildiou à la chipocalypse

Dans les années 1845 l’Irlande a connu »la grande famine », qui fit périr plus d’un million de personnes, un autre million émigrant vers l’Amérique du Nord, dans ce pays qui comptait 8,5 M d’âmes. La cause principale? Le mildiou:

« C’est le mildiou, maladie due à un champignon parasitaire, qui est à l’origine de la « famine de la pomme de terre ». En effet, le Phytophthora infestans, vraisemblablement transporté par des navires venant d’Amérique du Nord, atteint l’Europe du Nord-Ouest à l’été 1845. Les conditions météorologiques de cet été-là (pluie et vent) contribuent à la propagation de la maladie. A l’automne, un tiers de la récolte habituelle irlandaise est perdu. Les petits paysans irlandais sont particulièrement affectés car, depuis le début du XIXe siècle, l’essentiel de leur régime alimentaire repose sur la consommation de cette denrée. On pouvait à l’époque limiter les dégâts sociaux d’une récolte désastreuse – l’Irlande avait déjà connu des épisodes de famine dans les années 1720, 1730 et 1810 par exemple -, mais les récoltes des années 1846, 1848 et 1849 sont également décimées »  (source : http://www.lhistoire.fr/la-famine-en-irlande)

Et qu’apprend-t-on, au XXIème siècle ? que la pénurie, cette sœur de la famine, guetterait, de l’autre côté de la planète, précisément en Nouvelle Zélande, ce peuple sympathique que sont les Kiwis (ainsi se nomment les Néo Zélandais entre eux). Les mauvaises récoltes font craindre une chipocalypse , dramatique pour ces croqueurs de chips et autres frites.

« Sur ce territoire situé dans l’océan Pacifique, l’affaire est prise très au sérieux. Et pour cause: les chips sont de loin le snack préféré des Néo-Zélandais. Tout comme les frites, qui accompagnent les fishs and chips. Le pays produit chaque année 525.000 tonnes de pommes de terre, en deux cents variétés différentes, cultivées sur 10.000 hectares, principalement dans les régions de Pukekohe, au sud d’Auckland, d’Hawkes Bay, sur la côte est de l’île du Nord et de Canterbury, sur l’île du Sud. Les deux tiers de cette production sont transformés en frites, pour 250.000 tonnes, et en chips, pour 75.000 tonnes. » Voir l’article ici.

Si nous souffrons ici d’une pénurie de beurre qui doit bien faire rigoler les Kiwis, souhaitons pour notre santé morale que le mildiou ne sévisse pas aux Pays Bas ni en Belgique, pays producteurs de Bintje, la vraie patate à frites !(accompagnée de mayonnaise).

Lily Ebstein, morte à Auschwitz

Bien que Charlotte Delbo soit pour moi une personne essentielle ancrée dans ma mémoire, je découvre sur France Culture une autre jeune femme, Lily Ebstein, qui est aussi éblouissante (bien qu’elles soient des centaines tout aussi lumineuses, il suffit de regarder le ciel pour les voir sourire quand vous êtes, vous, encore vivants ici-bas).

Voici le lien, et je recommande à celles et ceux qui me lisent, les feuilletons (en podcast) de France Culture (perso, je me couche, éteins les lumières -Chinette regarde la télé dans la pièce à-côté-) et je me laisse bercer par les épisodes, environ 25 minutes chacun. Comme une berceuse, j’écoute Neal Cassidy, madame Bovary, et je m’endors comme un ange, les deux oreilles satisfaites sur mon oreiller de plume…

https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/vies-de-jeunes-filles-24-les-fleurs-retrouvees-de-lily-ebstein#xtor=EPR-2-%5BLaLettre24102017%5D

solidarité, j’écris ton nombre (non mais, réfutons l’injustice !)

N’hésitez pas à signer cette(ces) pétition(s) !

http://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/mort-de-jean-rochefort/une-petition-reclame-le-retrait-immediat-de-la-mort-de-jean-rochefort_2422757.html

 

Plus sérieusement, une autre tombée ce soir dans le petit ordi de Chinou :

La lettre politique
de Laurent Joffrin

Appel: le gouvernement doit rendre public l’impact de ses mesures fiscales en faveur des Français les plus riches

La réforme de la fiscalité du capital portée dans le projet de loi de finances pour 2018 en discussion à l’Assemblée nationale ne passe pas. Elle est rejetée par une large majorité de l’opinion. Elle a réveillée l’opposition de gauche et fait tiquer, y compris certains alliés du gouvernement. La question posée est toujours la même : mais à quoi peut bien servir de signer un chèque aux Français les plus aisés de 4,5 milliards d’euros (c’est à dire le coût de la réforme de l’ISF et de l’introduction d’une «flat tax» de 30% sur les revenus du capital)? Comme l’avait noté l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), «effectuer un chiffrage précis du coût de cette réforme et de son impact redistributif est rendu complexe du fait du manque criant de données relatives aux ménages les plus aisés». Pour y voir plus clair, Libération a donc lancé un appel ouvert à tous les parlementaires et citoyens pour que le gouvernement ouvre enfin son livre de compte et fasse la lumière sur ce secret bien gardé.

«Parce que c’est un enjeu de transparence démocratique

Parce qu’avant de voter, le Parlement doit être en mesure d’évaluer les conséquences d’un budget sur le niveau de vie de tous les citoyens.

Parce que c’est la condition de l’acceptation des Français vis à vis de l’impôt

Nous, députés et sénateurs, demandons au gouvernement de rendre public l’impact de ses mesures fiscales et budgétaires sur les contribuables les plus aisés (1) et sur les 100 Français les plus riches.»

(1) Notamment les 1% et les 0,1% des Français qui concentrent le patrimoine financier le plus important.

Signez la pétition sur change.org

LAURENT JOFFRIN

28° à la campagne, ou comment revient l’envie de peindre à l’ombre des feuilles mortes…

Nous sommes comme déconnectés d’un climat qui, mi octobre, commence à nous glisser dans l’oreille : « un petit feu, ce soir? ». Eh bien non, c’est beau temps , sécheresse (remplir les gamelles d’eau pour les 15 minous, et ce plaisir inouï de profiter d’une clarté, d’une chaleur qui font renaître des petits plaisirs (hors sieste) que le mauvais temps n’inviterait pas à suivre. Alors, dans le jardin, on peint, on dessine, bref on fainéante au soleil automnal !

Résultats :

De Perros Guirec à Trebeurden…Granite rose aux formes étranges

Quelques photos prises en septembre lors de notre virée en Bretagne, avec ses rochers aux formes bizarroïdes qui font tout le charme de la côte de granite rose (enfin, rose quand il fait beau!)

les murs avaient la parole en 68, ils ont désormais l’animation depuis 2008 : grâce à BLU !

Certes, ça date de 2008, mais c’est tellement bien fait que ça ne vieillit pas (comme Chinette) !

Un gros boulot, énorme même, de prises de vues, de dessins de couleurs qui s’effacent au fur et à mesure pour faire place à la continuité d’une histoire qui court amuse et régale les spectateurs  de ce petit film d’animation (7 minutes et des milliers de photos et graffs pour le réaliser):

BLU

Plus : http://www.telerama.fr/scenes/le-street-artiste-blu-efface-toutes-ses-oeuvres-a-bologne-en-signe-de-protestation,139813.php

La Bretagne et les paquebots vers l’Irlande…

Chinou : « Voici plus de quarante ans j »embarquais avec la (future) mère de mes enfants,  un matin, à Roscoff, ayant quitté Paris (où nous avions épargné quelques sous, notamment par la loi de 1948, qui nous avait remboursé l’équivalent de quelques loyers), à cheval sur notre MZ 125, nous sommes partis en Islande (1980).

By Jove, ce n’était pas simple, avec notre petite cylindrée, débarquant à Cork, cité encore sous le joug de la désindustrialisation… (très dur à écrire !)

, de rouler à gauche, prendre les ronds-points (très très rares) à l’envers. Les routes étroites du sud  et les nids de poules.

Restons en Bretagne…La baie de Roscoff,

Quelques images (mais oui, vous aimerez la Bretagne!) : cliquez pour développer le diaporama (ou passez quelques jours sur place!):

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