Les apertintailles des Gilles de Binche

Reconnu comme chef d’oeuvre du patrimoine oral et  immatériel de l’Humanité par l’UNESCO en 2003, le carnaval de Binche  (en Wallonie, vers Charleroi) est atypique, voire inca par ses origines bizarroïdes, qui restent cependant tout-à-fait logiques dans l’esprit belge du Hainaut, tout comme la devise de la ville : « PLVS OVLTRE », devise qui était celle de Charles Quint.

Extrait de Wikipédia :

mardi gras

C’est l’apogée du carnaval. Pour de nombreux Binchois, cette journée est la meilleure de l’année. Tout commence dès l’aube (vers 4 heures du matin) avec le ramassage ou prise de gilles. Au son de l’Aubade matinale (air de pipeau), les Gilles se rendent les uns chez les autres pour se rassembler. Ils s’accueillent mutuellement avec une coupe de champagne. Les Gilles continuent leur route, chaque groupe de gilles se dirige vers leur local où ils se réunissent pour prendre leur petit déjeuner, composé d’huîtres et de champagne là aussi, comme le veut la tradition.

En fin de matinée, Gilles, Paysans, Pierrots et Arlequins se dirigent vers la Grand-Place pour accomplir le rondeau matinal après avoir revêtu un masque de cire unique, que seul le Gille et le Paysan de Binche portent et qui symbolise l’égalité de tous.

Prochain rendez-vous en 2013, sur la place de l’hôtel de ville, pour faire grelotter les arpertintailles !

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Biondinetta

Chinette : « -tu la connais ? »

Chinou : -« qui ça ? »

« – la blondinette, là !

« – pas plus que ça.

« – si tu as fait son portrait, c’est que tu la connais.

« – tu crois ?

« – j’en suis sûre ! sûre aussi que tu me caches quelque chose!

« – ben non, je ne te cache rien, qu’est-ce que tu vas chercher, là ?

« – tu t’es toujours moquée des blondes et je te surprends à en peindre une.

« – c’est le hasard, Chinette.

« – tu parles !

« – il faut me croire. J’avais trop versé de jaune sur ma palette, alors je l’ai peinte en blonde . Mais finalement, ce n’est pas très ressemblant, je l’admets.

« – tu admets surtout que tu la connais, vieux grigou !

« – si tu veux. Sauf qu’ elle est sortie toute droite de mon imagination, et c’est là que j’ai fait sa connaissance.

« – et tu crois que je vais croire un tel bobard ?

« – non.

« – ben si, ça t’épate, hein ?

« – alors déshabille-toi, j’ai envie de peindre un nu. Et tant pis s’il n’est pas ressemblant.

« – je m’allonge sur le canapé ? style maja desnuda ?

« – c’est une bonne idée, Chinette. Je sens que le canapé va être vraiment réussi ! … »

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Fourmis volantes et cigales atterrées

Nous manquons d’origines ;  d’originalités. Nous  manquons d’égalité, de fraternité, et d’une once de liberté.  Parce que nous ne  manquons de rien, ici, et de tout, ailleurs. Dans le désert, les touaregs trouvent du bois, des souches, tout ce qu’il faut pour alimenter un feu nourricier, quand le dernier arbre, à la frontière du Niger, fut embouti par un camion fou, au milieu des années 80. Mythe ou légende, quelle importance ? Dans les contrées polaires, la graisse des phoques, les os, la peau des ours et la télégraphie des morses permet à une population de survivre sous des climats  dont la marque Frigidaire, en son temps, construisit sa fortune. Comme ces norvégiens, ces finnois, ces chercheurs des Kerguelen salmonidés, et ces canadiens de Terre Neuve qui ont, entre deux baleinières, enfumé des millions de harengs et boucané en sirotant un petit alcool à brûler six mois sur quinze, à la lueur des bougies.

En fin d’après-midi, sur un banc en béton de l’entreprise, j’ai regardé une dizaine de fourmis volantes se poser, battre des ailes. Il me semblait que j’avais lu quelque part que cela signifiait quelque chose, un peu comme les éléphants qui fuient, les chiens qui hurlent à la mort, l’indication d’un terremoto. J’ai mis les fourmis volantes dans le même panier que mon enfance oubliée : le souvenir de ces fourmis volantes remontait à mes sept ou huit ans. Quand ce genre d’images traverse votre cervelle après cinquante ans d’absence, vous faites un constat simple : la mort est proche. Nous manquons d’origines, mais sommes sur notre fin permanente, notre chevauchée liberticide. Le fil du rasoir de l’homme invisible. Ne tourne jamais l’ombre du côté de ton dos. Regarde la grandir devant toi, toujours, même la nuit, même quand tu oublies ta transparence : ne jette pas l’essence de ta vie, allume plutôt les feux  de saint Elme, qui brûlent les cimetières pour élever les âmes. N’oublie jamais que tes origines font ton originalité.

Ici, nous ne manquons de rien, car il ne reste plus rien de ce qui nous liait au monde, aux découvertes du monde. Il nous devient insupportable de vivre sans Iphone, sans portable, sans gloriole anonyme lancée sur un forum, sur you tube, sur le vent qui enflamme l’esprit plus qu’il ne l’emporte vers d’autres horizons plus palpables, plus désireux de chair et de frissons amoureux. On se défoule d’autant que l’on refoule amèrement le bruit des vagues, loin du vieil homme et de la mère Michel, on chatte.  Mais quand le rêve a descendu la pente, qu’en faisant grincer le lit en se couchant, alors qu’à côté le drame, cette vocation féminine, sur le sommier, ronfle tendrement, locomotive d’or tchikikoum tchikikoum, que Nougaro aiguise la sagaie dans le courant du fleuve Niger, Oubangui, Areski et Fontaine, comme un enfant s’endort, nous ne manquons de rien, ici, de tout, là-bas, sauf de kalachs pour pourrir d’un feu nourri un continent entier. La China, Léoncia, la China, une once de liberté dans les rizières maliennes, tu y crois ?

« – oh, moi, puisque tu m’aimes, le reste, tu sais, c’est l’image du monde originale. Comme si on était des cartes postales faites de chairs et d’os.  Je t’écris de Los Angelès et quand la carte arrivera, nous seront devant chez vous.

oRIGINALIT2S (disaient-ils)

AK

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le monde à l’envers…

Une petite maison d’édition sympa pour ceux qui n’aiment les gros bouquins : « l’arbre vengeur ». et, pour ceux et celles qui aiment les arbres, le blogueur arte, très intéressant. On peut notamment y voir Francis Hallé,  spécialiste hors pair de la lignité dans tous ses états.

En attendant, la terre tourne…

Entre quatre murs mais le ciel en plafond

Coupure de réseau internautique ce matin, mais Chinette et Chinou sont les rois de la débrouille et, pour rien au monde, ils n’oublieraient leurs gentils lecteurs dans un hall de gare sans connexion wi-fi. En ce dimanche, calme plat sur la ville, les briques repoussent à Dublin, est-ce le renouveau de l’économie ilienne ? N’y pensons pas. Le fond de l’Eire est frais, c’est l’été.

On y est presque !

Le gang des déménageuses a encore frappé ! Encore quelques allers-retours et Chinette pourra dire à Chinou : « je crois que ce coup-ci, c’est bon, elles ne reviendront plus ! »

Chinou baissera la tête vers son assiette remplie de bonne soupe et répondra : « l’essentiel, c’est que toi, tu sois là. »  Et tous deux tricoteront des jours et des nuits pleins de malices et de fantaisies (dès que l’électricité et la liaison internautique seront rétablies).

En attendant, le show is going on.

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Petite projection dans le futur

Sur les façades blanches  de ces architectures flamboyantes ne s’écrivent pas encore le déclin d’un monde de plus en plus noir. Le spectacle qu’offrent ces bâtiments sont une des dernières espérances de l’homme vis-à-vis de lui-même : cette capacité à construire son propre devenir en y intégrant toutes les vertus de l’imaginaire et les techniques les plus en pointe de son époque.

Et l’on se prend à songer quelques heures, en parcourant ces espaces (ici Valence, Espagne) qu’il existe autre chose sur terre que des guerres, des conflits, de la misère, qu’il existe de la beauté, de l’élégance, du génie. Et ce, pas uniquement en architecture, mais en tous les domaines, visibles, invisibles, palpables ou non, partout, tout simplement.

 

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Si vous l’ignoriez encore…

Petit article paru dans Courrier International de cette semaine, concernant le pistage des internautes. Vive la globalisation des globules blancs, rouges et des vendeurs de toiles cirées avec fleurs imprimées virtuelles. La liberté sur le Net, tu parles !

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Passer le friseur au peigne fin (expression)

Si vous n’avez pas l’occasion de partir en vacances au bord de la mer, d’en profiter pour pratiquer la pêche à la ligne au bord d’une rivière en sirotant un petit verre de blanc bien frais (pour cela, laisser la bouteille dans le courant, entre deux cailloux), il vous reste la possibilité de vous délasser chez le merlan, bien installé dans un fauteuil confortable, le col enfermé dans une mousseline de coton, voire un corset de caoutchouc, et de vous plonger dans l’énigme que peut bien signifier cette expression : « passer le friseur au peigne fin ».

Mais attention ! n’en parlez surtout pas à votre coiffeur, qui la connaît déjà. Il risquerait (avec raison) de vous couper les cheveux en quatre, ou de vous tailler les oreilles en pointe…

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Les tomates marines

Chaque année, en cette saison, de drôles d’individus plantent des bâtons dans le sable de nos côtes, sans raison apparente. Ce sont en réalité des poteaux servant à la culture des tomates marines, qui seront récoltées en septembre, quand tous les vacanciers auront fui les plages. Ces poteaux arborent sur leur faîte de petits drapeaux (verts, bleus, rouges) faisant office d’épouvantail à touristes. On déguste ces fruits avec un cocktail, en mangeant des crevettes flambées arrosées de crème solaire. Un délice.

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