Le musée des Arts et Métiers (petit clin d’oeil), Paris

Musée peu connu, et pourtant plein de charme, que celui des Arts et Métiers ( rue Réaumur, Paris 3ème, métro du même nom).  S’y croisent l’instrumentation scientifique (grande balance de précision de Lavoisier, le chronomètre de marine de Pierre Le Roy, 1766,la machine arithmétique de Pascal,…), les matériaux et leur élaboration (machine pour la fabrication du verre armé, le train de laminoir, le métier à tisser Falcon, 1728…,la construction et les travaux publics (machine à élever les fardeaux, pont suspendu,1793…),  la communication (lanterne magique, phonographes, téléphone système Ader, 1880, téléviseur Grammont, 1936…), les transports  (fardier de Cugnot 1771,locomotive de Marc Séguin 1827, tricycle à vapeur de Serpollet 1888, avion de Clément Ader 1897, lénergie (moulin universel de Lorenzo 1794, chaudière solaire de Mouchot et Pifre 1880, pile de Volta 1800, la mécanique (moissonneuse à disque de Smith 1811, machine à tailler les limes, à faire les chaînes),  sans oublier le pendule de Foucault (dans la chapelle) et la maquette de la machine de Marly.

En résumé, un lieu à visiter plusieurs fois, tant la découverte est renouvelée à chaque visite. Gosses bienvenus mais tenus en laisse.

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La cucaracha (Le Cafard en espagnol) hispanique

cet article du jour : http://www.sudouest.fr/2013/03/14/l-espagne-s-engage-a-modifier-la-loi-sur-les-expulsions-994696-4803.php

sur le malaise espagnol retoqué par l’UE (comme l’ont été les limitations d’import de cigarettes  pour la France)

les fleuves jaunes, la terre noire et l’agonie des peuples

Comme il faut bien s’y faire, au moins les occidentaux (sans les américains du Nord, bien entendu), pourront toujours clamer : « c’est pas nous, c’est eux ! »

Où va le monde ? disait un lecteur du Monde.

A lire et à sentir : http://ecologie.blog.lemonde.fr/2013/03/12/le-fleau-de-la-pollution-des-rivieres-chinoises/

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les mardis de la poésie : Antonio Machado

Un poème au hasard :

Tout passe
et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer
Voyageur, le chemin
C’est les traces
de tes pas
C’est tout ; voyageur,
il n’y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier
Que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n’y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer

Antonio Machado

A lire : « Champs de Castille », collection poésie/ nrf gallimard (9 euros dans toutes les bonnes librairies)…

Autres poèmes en espagnol :  Campos de Soria

Pour une biographie de Machado : http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Machado

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Déversoir pour un lundi soir, l’eau du miroir raconte toujours la même histoire

Tout ce qui coule de source transgresse la retenue des digues, et passe par les trop-pleins de l’imaginaire pour rejoindre la mer…

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Lois et arrêtés municipaux ringards

A lire : http://www.sudouest.fr/2013/03/09/et-dire-qu-il-etait-interdit-d-interdire-989420-2733.php#xtor=EPR-260-[Newsletter]-20130309-[zone_info]

Ceci n’est pas sans rappeler quelques lois américaines (venues pour certaines d’Angleterre).

Exemples :

Dans le Michigan, il est interdit par la loi d’attacher un crocodile à une prise d’eau.

A Meridan, Mississipi, une loi interdit aux hommes d’affaires de jouer du tambour en se promenant à l’heure du lunch. Toujours dans le Mississipi, à Star, toute moquerie de l’architecture publique est punissable par la loi.

A Brainerd, Minnesota, une vieille loi prescrivait à tout homme de porter la barbe. En Californie, il est interdit d’arracher des plumes d’une oie vivante.

Dans le Maine il est formellement interdit de marcher dans la rue avec les lacets des chaussures défaits, et dans la Caroline du Nord il est illégal de chanter faux. ( …/…)

Tous ces exemples sont tirés du livre : « le livre des Bizarres » (Robert Laffont 1981) de Guy Bechtel et Jean Claude Carrière (cf illustration de cet article).

Donc, rien d’affolant !

Bon temps, belle vie, Mam’selle Paris !

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Victor Hugo -pas l’autre Hugo (Chavez)-, de temps en temps

Très beau poème !

Noces et festins.

La salle est magnifique et la table est immense.
Toujours par quelque bout le banquet recommence,
Un magique banquet, sans cesse amoncelé
Dans l’or et le cristal et l’argent ciselé.
A cette table auguste, où siègent peu de sages,
Tous les sexes ont place ainsi que tous les âges.
Guerrier de quarante ans au profil sérieux,
Jeune homme au blond duvet, jeune fille aux doux yeux,
Enfant qui balbutie et vieillard qui bégaye,
Tous mangent, tous ont faim, et leur faim les égaye,
Et les plus acharnés sont, autour des plats d’or,
Ceux qui n’ont plus de dents ou n’en ont pas encor !
Casques, cimiers, fleurons, bannières triomphales
Les lions couronnés, les vautours bicéphales,
Les étoiles d’argent sur le sinople obscur,
L’abeille dans la pourpre et le lys dans l’azur,
Les chaînes, les chevrons, les lambels, les losanges,
Tout ce que le blason a de formes étranges,
De léopards ailés, d’aigles et de griffons,
Tourbillonne autour d’eux, se cramponne aux plafonds,
Se tord dans l’arabesque entre leurs pieds jetée,
Plonge un bec familier dans leur coupe sculptée,
Et suspend aux lambris main drapeau rayonnant,
Qui, des poutres du toit jusqu’à leurs fronts traînant,
Les effleure du bout de sa frange superbe,
Comme un oiseau dont l’aile en passant touche l’herbe.

Et comme à ce banquet tout résonne ou reluit,
On y croit voir jouter la lumière et le bruit.

La salle envoie au ciel une rumeur de fête.
Les convives ont tous une couronne en tête,
Tous un trône sous eux où leur orgueil s’assied,
Tous un sceptre à la main, tous une chaîne au pied ;
Car il en est plus d’un qui voudrait fuir peut-être,
Et l’esclave le mieux attaché c’est le maître.

Le pouvoir enivrant qui change l’homme en dieu ;
L’amour, miel et poison, l’amour, philtre de feu
Fait du souffle mêlé de l’homme et de la femme,
Des frissons de la chair et des rêves de l’âme ;
Le plaisir, fils des nuits, dont l’œil brûlant d’espoir
Languit vers le matin et sa rallume au soir ;
Les meutes, les piqueurs, les chasses effrénées
Tout le jour par les champs au son du cor menées ;
La soie et l’or ; les lits de cèdre et de vermeil,
Faits pour la volupté plus que pour le sommeil,
Où, quand votre maîtresse en vos bras est venue,
Sur une peau de tigre on peut la coucher nue ;
Les palais effrontés, les palais imprudents
Qui, du pauvre enviées, lui font grincer des dents ;
Les parcs majestueux, pleins d’horizons bleuâtres,
Où l’œil sous le feuillage entrevoit des albâtres,
Où le grand peuplier tremble auprès du bouleau,
Où l’on entend la nuit des musiques sur l’eau ;
La pudeur des beautés facilement vaincue ;
La justice du juge à prix d’or convaincue ;
La terreur des petits, le respect des passants,
Cet assaisonnement du bonheur des puissants ;
La guerre ; le canon tout gorgé de mitrailles
Qui passe son long cou par-dessus les murailles ;
Le régiment marcheur, polype aux mille pieds ;
La grande capitale aux bruits multipliés ;
Tout ce qui jette au ciel, soit ville, soit armée,
Des vagues de poussière et des flots de fumée ;
Le budget, monstre énorme, admirable poisson
A qui de toutes parts on jette l’hameçon,
Et qui, laissant à flots l’or couler de ses plaies,
Traîne un ventre splendide, écaillé de monnaies ;
Tels sont les mets divins que sur des plats dorés
Leur servent à la fois cent valets affairés,
Et que dans son fourneau, laboratoire sombre,
Souterrain qui flamboie au-dessous d’eux dans l’ombre,
Prépare nuit et jour pour le royal festin
Ce morose alchimiste, appelé le Destin !

Le sombre amphitryon ne veut pas de plats vides,
Et la profusion lasse les plus avides ;
Et, pour choisir parmi tant de mets savoureux,
Pour les bien conseiller, sans cesse, derrière eux,
Ils ont leur conscience ou ce qu’ainsi l’on nomme,
Compagnon clairvoyant, guide sûr de tout homme,
A qui, par imprudence et dès les premiers jeux,
Les nourrices des rois crèvent toujours les yeux.

Oh ! ce sont là les grands et les heureux du monde !
Ô vie intarissable où le bonheur abonde !
Ô magnifique orgie ! ô superbe appareil !
Comme on s’enivre bien dans un festin pareil !
Comme il doit, à travers ces splendeurs éclatantes,
Vous passer dans l’esprit mille images flottantes !
Que les rires, les voix, les lampes et le vin
Vous doivent faire en l’âme un tourbillon divin !
Et que l’œil ébloui doit errer avec joie
De tout ce qui ruisselle à tout ce qui flamboie !

Mais tout à coup, tandis que l’échanson rieur
Leur verse à tous l’oubli du monde extérieur ;
A l’heure où table, et salle, et valets, et convives,
Et flambeaux couronnés d’auréoles plus vives,
Et l’orchestre caché qui chante jour et nuit,
Epanchent plus de joie, et de flamme, et de bruit,
Hélas ! à cet instant d’ivresse et de délire,
Où le banquet hautain semble éclater de rire,
Narguant le peuple assis à la porte en haillons,
Quelqu’un frappe soudain l’escalier des talons,
Quelqu’un survient, quelqu’un en bas se fait entendre,
Quelqu’un d’inattendu qu’on devrait bien attendre.

Ne fermez pas la porte. Il faut ouvrir d’abord.
Il faut qu’on laisse entrer. – Et tantôt c’est la mort,
Tantôt l’exil qui vient, la bouche haletante,
L’une avec un tombeau, l’autre avec une tente,
La mort au pied pesant, l’exil au pas léger,
Spectre toujours vêtu d’un habit étranger.

Le spectre est effrayant. Il entre dans la salle,
Jette sur tous les fronts son ombre colossale,
Courbe chaque convive ainsi qu’un arbre au vent,
Puis il en choisit un, le plus ivre souvent,
L’arrache du milieu de la table effrayée,
Et l’emporte, la bouche encor mal essuyée !

Le 20 août 1832.

Victor Hugo.

lien du site : http://www.poesie-francaise.fr/victor-hugo/poeme-noces-et-festins.php

 

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