Les chevalets de la table ronde

Aujourd’hui, il fait beau. Je sors tout mon fourniment d’artistou peintre: crayons, fusains, couteaux, pinceaux, tubes de gouache, huile, acrylique, une toile bien tendue et je dis à Chinette: « je vais faire ton portrait ».

L’idée ne la ravit pas, et je la comprends. Mais aujourd’hui, il fait beau et j’ai un argument en béton : « je vais faire ton portrait avec une technique mixte. Et pour ce faire, je ne peux m’adresser qu’à une femme, toi. Et puis avec un modèle vivant, c’est mieux ». Elle grommèle, réfléchit, fronce les sourcils, et soudain une lueur de joie inonde son visage (elle me fait penser à un tableau de Rubens):

« – D’accord. A condition que moi aussi, en même temps, avec mon propre matériel, je fasse le tien! »

Bien sûr, impossible pour moi de refuser, bien que je sache qu’au final mon portrait sera bien mieux réussi que le sien. Entendez par là que Chinette peint et dessine bien mieux que moi, au point de me portraiturer en chien, en chat, ou en crabe rubicond. Jamais cependant en jeune homme élégant ou en prince charmant, la garce!

Finalement, il ne fait pas si beau que ça, aujourd’hui, et on dirait même que le temps va rapidement tourner à l’orage…

« -Si on rentrait, en ne gardant que nos pinceaux et la mixité, Chinette? »

Elle grommèle, réfléchit, fronce les sourcils, et soudain lâche :

« -D’accord! Mais tu m’aides à faire le lit. J’ai de beaux draps blancs tout propres et fraîchement repassés. »

 

Parfois la réalité dépasse la fiction

Après avoir regardé cette photo, Chinette m’a fait les gros yeux :

-« tu es encore allé jouer à Sim city sur ton ordi, vieux crabe ! je t’avais pourtant prévenu que l’addiction aux jeux vidéos était un fléau! »

C’est vrai qu’elle (la photo, et parfois aussi Chinette) semble sortie d’un écran, et porte une certaine part d’irréalité. Et quand le chien est arrivé et a crotté au pied de l’arbre, j’étais déjà reparti. Est-ce que les chiens crottent contre les arbres, à Sim city ? Voilà ce que j’aurais dû répondre à Chinette, quitte à me faire interdire durant une semaine entière toute incursion de mes pinces dans son joli panier, ce à quoi, en tant que vieux crabe, je ne pourrais survivre…

C’est la Crise et j’ai faim !

Les temps sont durs, me dit Chinette. Hier j’étais invitée au resto par une copine, et nous avons décidé de nous payer un bon gueuleton dans un resto avec vue sur la mer. L’ardoise (c’est la mode, d’écrire le nom des plats à la craie blanche sur une fausse ardoise) semblait alléchante. Mais en garant notre longboard sur la plage, nous nous sommes aperçues qu’il s’agissait du conteneur à déchets, géant (car il y a beaucoup de touristes salingues et je m’en foustistes ici, l’été,) que des petits rigolos avaient tagué .

Du coup, nous nous sommes contentées d’un jambon beurre et d’une bronzette les pieds dans l’eau salée, ce qui est plus gratifiant que de mettre les pieds dans un mauvais plat et d’avoir à payer une note salée. Pour stationnement interdit, par exemple.

 

la Hulotte a quarante ans !

Voici donc quarante ans que le gai écolo de Boult-aux-bois (08240) entretient son fanzine, et nous fait parcourir la vie des animaux ( et autres); toujours renseigné, plein de détails, de fantaisies et de petits dessins compréhensibles par les enfants et les lutins.  La parution est d’un numéro environ tous les six mois (le dernier est le n°96), mais il est possible d’acheter les collections (35 euros pour 9 numéros) au coup par coup, en envoyant le chasseur de votre hôtel à la poste, voire à Boult-aux-bois, ce qui laisse du temps libre pour faire le ménage et le lit, ainsi que nettoyer la salle de bain, si vous avez laissé vos cheveux angéliques au fond de la baignoire sans la rincer.

Un cadeau peinard pour la fête des pères (qui le méritent, les autres auront droit à la gueule des enfants, d’habitude si gais).

Bon anniversaire, petite Hulotte !

Comme Beaubourg est loin, regardons Gerhard Richter avec des jumelles

Grande rétrospective de l’oeuvre de G. Richter au centre Pompidou de juin à septembre 2012. Pour en savoir plus sur ce peintre aujourd’hui âgé de 80 saisons (x4), il suffit de cliquer sur le lien. C’est un peintre contemporain que je découvre avec plaisir ici,donc inutile de gâcher le vôtre en racontant des salades idiotes sur son compte.

Cependant, cette phrase : « Je n’ai rien à dire et je le dis » est une phrase de John Cage que Richter a faite sienne. me ravit (elle me va comme un gant, mais elle va à tant d’autres personnes qu’il me faudra organiser de petits duels matinaux pour n’en conserver qu’un Maître Auteur (Bibi), respecté de tous, au même titre que le Mètre Etalon, qui ne trouve hélas sa vraie mesure que par l’art  des tricoteurs de kilomètres, style Léo Ferré.

Enfin, pour vous détendre un brin, une petite histoire, si le plaisir vous dit.

Faire sauter les sauterelles à la poêle avant les bouchons de champagne

Entendu parler ce jour sur France culture ( « continent sciences ») d’un petit bouquin réjouissant (du moins par la critique qu’en faisait Rafaële Brillaud) pour les papilles des « enthomophages ».  A écouter en taillant une bavette avec votre sauterelle favorite (si vous êtes charpentier, la sauterelle étant une règle dont un côté se débloque autour de son axe, pour mesurer les angles -ndlr-).

Pour le champagne, évitez de bouchonner vos oreilles, la concentration de bulles peut se révèler explosive. Soit dit en passant.

Elections : nuages roses ou fumées bleues sur la France ?

Aujourd’hui, on se tient coi dans son coin, ou l’on regarde mûrir les coings dans le fond du jardin. Eventuellement, les enfants peuvent jouer aux quatre coins, mais sans déranger les parents, qui augmentent le son de la télé pour mieux s’engueuler sans se faire entendre des voisins, qui eux, reviennent de la pêche, bredouilles.

Les vérités premières (réécoute d’une ancienne chanson de Dominique A), pour le plaisir du jour

Cette chanson est, de mémoire, tirée de l’ album « La Fossette » de Dominique A., quand il enregistrait (musique, paroles et instruments), tout seul dans sa baignoire, avec son magnéto à bandes, début 1990. Un précurseur, comme on dit.Dominique A.

 

La photo en couverture est un reflet de la qualité des oeuvres photographiques livrées aux spectacteurs (gratuitement sauf les bus  à prendre si vous avez la grosse flemme) qui aiment la photo, Valéry Paul, Brassens Georges, et la galerie Docks Sud, et aussi les traversées trans-méditerranéennes  vers  le Maghreb, et le silence des oiseaux, magnifique chanson du même Dominique A.

suite à la question « comment fais-tu l’amour, Cerise ? »…

… Chinette et Chinou ont  reçu un énorme paquet de réponses (goûteuses pour une grande partie) qu’il leur est, pour l’instant, impossible de dépiauter ici, tant que ne seront pas enfouis les épouvantails dans le fond des urnes électorales. Le temps des cerises fera toujours siffler les merles moqueurs, dans toutes les communes de l’Hexagone. Même en cas de déconfiture, ce qui sera le cas pour pas mal d’entre eux (les épouvantails), qui risquent fort de se retrouver sur la paille.

« Allo, t’es où? »

-« Ben, à force de me dire de reculer pour être prise de plain pied ( avec la tête et les pieds non sabrés par tes cadrages approximatifs, faut-il le dire), je suis tombée dans l’eau ! Toi et tes histoires de photographe à la coquille de noix, ça commence à bien faire! »

– » Chinette, je trouve une bouée et j’arrive. Ne dérive pas trop, en m’attendant. »

« – … »

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