Taisez-vous ! et ne salissez pas l’écran, surtout !

Depuis presque un mois que ce petit site existe, environ 500 personnes l’ont visité. Un seul commentaire.  Chinette m’a glissé dans l’oreille : « ils n’aiment pas mes babillages », et moi, plongeant mon nez dans son pigeonnier : » ils n’aiment pas mes coloriages ».   Nous nous sommes  regardés dans le bleu des yeux : « on les emmerde ! »

Et puis, nous avons caressé nos chats. Nous avons bu une coupe de champagne pas trop chère, pas excellente, puis nous nous sommes couchés.

Comme on n’avait pas peur de l’Avenir, on a débranché toutes les prises. Puis on a fait l’amour dans la lueur de ces nuits les plus courtes.  Nous étions on. Et pourtant, personne n’a frappé au plafond pour nous signifier que nous étions out. Août est encore plus loin que out.  Mais par les temps qui courent…

Bref, depuis presque un mois que ce petit site explore le quotidien multiple, pas un soutien.

En réaction, en déclaration sans guerre, tous les 1er du mois, avec amplitude, je vous déverserai un bol de « le petit Karouge illustré » dans vos boîtes mail.

Par pure méchanceté, bien entendu.

 

Antoine Karouge

Les cailloux de pluie des îles Aran

Retrouvé ces photos prises par mon grand-père (qui ne l’était pas encore à l’époque) dans ces espaces souverains que sont toutes les îles, les petites, qu’elles habitent au sud ou au nord, elles dégagent ce qui  reste essentiel : la beauté, la rudesse des panoramas, la violence des tempêtes et l’extrême courage et fierté des hommes et des femmes (et des quelques enfants) qui les peuplent encore.

Une île n’est jamais innocente, mais toujours condamnée à vivre seule, parfois reliée en archipels. Comme, par exemple, voyons…cherchons un exemple significatif… l’Angleterre!  Oui, Chinou, c’est l’exemple parfait, mieux que l’Australie ou les nouvelles Hébrides, mieux que l’ilôt Clipperton dont il faudra parler ici un de ces quatre vendredi, jour des Vendredi cannibales. Do you speak english ? No, but my cat , spec.

La musique adoucit-elle les morses ?

Ce soir, exceptionnellement, la musique ne sortira pas d’instruments. Mais du vent, du silence, du vol des martinets qui balaient le ciel, de l’orage qui menace, des oiseaux qui pépient et du chien des voisins qui hurle à la mort car il est malentendant et a cru comprendre la musique adoucit-elle les morts ?

ça va jazzer dans les chaumières, si le bois crépite ! Silence, donc, on tourne derviches; Chinette, marche sur la queue du chat, pour donner le tempo aux animals crackers .

David Mac Neil « le bateau mouche », « Hollywood »,….

Vieux souvenir…enfin, fête de la Musique oblige !

Le bateau mouche

Hollywood

Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch (vu sur Arte, ce soir)

Tout d’abord, un article dans le Monde (de 2010) et, ce soir, la diffusion sur Arte ; Je ne sais si c’est téléchargeable. Il serait dommage que non.  Un doc vraiment éloquent et sensible sur ce que peut être le monde des ados traversé par une immense artiste, qui n’a pour talent que de leur faire vivre leur vie, dans l’art magique de la danse, et le travail immense que représente une telle chorégraphie de coeurs disparates.  Chamboulant !

L’été est là, il est grand temps de parcourir le grand Cami *

« cami », en langage vernaculaire du petit Pays, signifie « chemin ». Chinette et moi rions souvent sur les Cami : les Cami de Bat, les Cami Salié, les Cami Zole, les Cami Camaligues, bref tous les Cami que nous connaissons y passent, et certains ont mis parfois des cailloux dans nos chaussures. C’est de bonne guerre, quand on est bandits de grands Cami.

Celui dont il est question ici est un natif du petit Pays, et a connu son heure de gloire à Paris, ville lumière (donc, dans les années 1900-1930, pour faire large d’épaules et avant que les lumignons s’éteignent), mais ne l’aurait-il pas connue n’aurait en rien enlevé le plaisir de lire ses fariboles et loufoqueries,  ses dessins dans l’Illustration, ses écrits (fables, saynètes, romans inachevés…).

Ce livre est paru en 2008. C’est un petit bonheur. Comme d’apprendre que cette nuit va être si courte que tous les voleurs d’échelles et d’escabeaux seront, pour une fois, aussi honnêtes que le commun des mortels  (sauf, peut-être, les nains de jardin, qui revendent illégalement les lampyres en les faisant passer pour des émeraudes colombiennes).

 

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Quarante ans ont passé, l’image est toujours imprimée…

Lu ce très bel article dans le Monde d’aujourd’hui, écrit par Annick Cojean.

A lire.

Que va-t’il se passer dans la ménagerie ?

Chinette écoutait « Lulu« , l’opéra d’Alban Berg, et une phrase (was passiert in die menagerie ? transcription très approximative!) m’a rapprochée de la saison électorale que nous venons de vivre. Que vont faire les éléphants du PS, les jeunes loups de l’UMP, les baleines bleu-marine du FN, les ours mélenchonnesques, maintenant que nous voici embarqués dans l’arche de François Noé, dit le Hollandais volant…

Comme des moutons bien peignés que nous sommes, Chinette et moi (vous, je ne sais pas), nous allons partir en vacances en Grèce.  J’ai une grosse réserve de drachmes à dépenser sur la tragédie grecque. Des pièces et des billets. A l’époque, comme dans de nombreux pays riverains du bassin méditerranéen, il était possible de changer son argent (dollars, francs, etc) en monnaie locale, mais pas l’inverse.  Pour les pesetas, idem, mais l’an prochain.

Chinette n’est pas trop d’accord pour aller faire un tour dans la Plaka, ou sur la place Omenia, ou sur le port du Pirée, pourtant si chanté et romantique. Elle me propose d’aller plutôt bronzer à Biarritz, c’est à deux pas, et d’en profiter pour dépenser nos roubles à l’hôtel du Palais. L’idée n’est pas mauvaise. Je vais chercher dans le grenier si le grand-père n’aurait pas planqué quelques emprunts russes entre deux photos de famille…

Oublier de grandir dans un monde imaginaire

Photo prise lors d’un spectacle d’école de musique samedi soir, hier, quelque part dans le Sud-Ouest. La magie qui ressort de ces deux gamines, leur attitude, la lampe qui éclaire le visage de l’une (deux minutes avant, elle illuminait l’autre avec béatitude), et le flou (involontaire) de l’image m’ont fait quelques instants retomber en enfance. Moment rare, ici partagé. Aujourd’hui, retour sur Terre, élections oblige.

Les chevalets de la table ronde

Aujourd’hui, il fait beau. Je sors tout mon fourniment d’artistou peintre: crayons, fusains, couteaux, pinceaux, tubes de gouache, huile, acrylique, une toile bien tendue et je dis à Chinette: « je vais faire ton portrait ».

L’idée ne la ravit pas, et je la comprends. Mais aujourd’hui, il fait beau et j’ai un argument en béton : « je vais faire ton portrait avec une technique mixte. Et pour ce faire, je ne peux m’adresser qu’à une femme, toi. Et puis avec un modèle vivant, c’est mieux ». Elle grommèle, réfléchit, fronce les sourcils, et soudain une lueur de joie inonde son visage (elle me fait penser à un tableau de Rubens):

« – D’accord. A condition que moi aussi, en même temps, avec mon propre matériel, je fasse le tien! »

Bien sûr, impossible pour moi de refuser, bien que je sache qu’au final mon portrait sera bien mieux réussi que le sien. Entendez par là que Chinette peint et dessine bien mieux que moi, au point de me portraiturer en chien, en chat, ou en crabe rubicond. Jamais cependant en jeune homme élégant ou en prince charmant, la garce!

Finalement, il ne fait pas si beau que ça, aujourd’hui, et on dirait même que le temps va rapidement tourner à l’orage…

« -Si on rentrait, en ne gardant que nos pinceaux et la mixité, Chinette? »

Elle grommèle, réfléchit, fronce les sourcils, et soudain lâche :

« -D’accord! Mais tu m’aides à faire le lit. J’ai de beaux draps blancs tout propres et fraîchement repassés. »

 

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