Rions un peu…

juste pour le plaisir cet extrait de « un filet de fumée » d’Andrea Camilleri (chez Fayard):

« …c’est un poème, expliqua le marquis à l’intention de Lemonnier, qui parle d’un marché que passent un âne et un lion qui ont un bout de chemin à faire ensemble et qui, pour s’épargner de la fatigue, décident de procéder ainsi: le lion fait la première partie du trajet monté sur l’âne, et le contraire pour la deuxième partie. Or la première partie est toute en montée et, pour ne pas glisser en arrière, le lion plonge ses griffes dans la chair de l’âne. L’âne se plaint, il saigne et il a mal, mais rien à faire, un marché est un marché et pour rester sur son dos, le lion n’a pas d’autre moyen, ce n’est pas de la mauvaise volonté de sa part. Puis c’est la deuxième partie du chemin, et c’est l’âne qui monte sur le lion. Mais cette fois-ci, c’est de la descente, et l’âne risque de se casser la figure en glissant en avant. N’ayant pas les griffes du lion, mais seulement des sabots qui ne permettent aucune prise, l’âne n »a qu’une ressource… »
Et là, il s’arrêta, passant d’un coup d’oeil la balle au père Imborbone.
« …sortir ce qu’on appelle le cinquième pied, le troisième chez l’homme, si je ne m’abuse », continua le père Imborbone, content comme Barabas à la passion, « l’enfiler d’un coup d’un seul au bon endroit sans s’occuper des cris du lion, s’y ancrer fermement et tenir tâti. (tenir bon). »

 

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