Chinou, ils s’en foutent ! (sinon ils le diraient aussi)

La nuit, j’ignore pourquoi, les mots sont plus longs à circonvenir aux idées qu’en pleine clarté. Est-ce l’ombre grise des chats qui batifolent, le frottement des fantômes contre le dos de l’homme qui écrit, ou la mort qui s’approche d’un lit dans lequel on a peur soudain de se coucher, je ne sais.

Alors, les mots viennent et s’assoient à ma table, dans la cuisine, et les chats retrouvent des couleurs, sous la lumière artificielle que les fantômes contribuent à créer, autour de nous. La nuit est tombée à nos pieds, et nous foulons l’épais tapis persan de rêves qui jamais plus ne voleront mille et une nuits, aucuns soleils d’Orient. J’ignore pourquoi les mots ne nous font plus voyager, pourquoi les hommes mentent sans sentir la menthe dans le thé, l’amante dans l’amour, pourquoi le jour est un vague souvenir et pourtant j’écris, à l’ombre des chats qui jouent dans la cuisine, comme des enfants.

Il paraît qu’un chien, enfermé dans une pièce avec son maître décédé, meurt de faim à ses pieds, alors qu’un, ou plusieurs chats affamés, dévorent le cadavre. Aimeront-ils les cheveux et la barbe de celui qui les a enfermés dans son cercueil, plongé dans une nuit dont, j’ignore pourquoi, je me réjouis d’en devenir fantôme ? Une nuit d’écriture, le dos tourné aux étoiles d’un ciel abasourdi par tant de misère humaine, longeant les rues de feuilletons répétitifs, de lettres capitales et de misères nationales, comment résister à ce besoin d’écrire comme un criminel qui, avec sa plume, gourmande le sang et pique dans les veines des lecteurs amorphes ce produit proscrit par les sociétés nouvelles : la sensibilité.

Quelle ironie distille-t-il dans ses propos qui n’ont ni queue ni tête, et inversement, à le lire on se demande pourquoi les chats se grisent la nuit en buvant le sang des souris Bloody Mary, on se demande pourquoi les fantômes sont plus explicites et nombreux que les femmes en burkini, et puis aussi, il faut le dire, pourquoi tout le monde se fout du monde, et de la Planète désormais pleine de bleus.

« -mais comment réagit votre compagne à de tels propos ? » (BFM radio)

« -elle boit du thé avec son amante et fume mes poils et cheveux dans de petits calumets. Pour le reste, je l’ignore. »

« Merci d’avoir répondu à nos questions, qui n’en sont pas mais on est payé pour ça, tagada tsoin tsoin »

Bon, Chinou, tu vas pas nous en faire trois pages !

Non, mais je pourrais en faire un bon chapitre, ou quelques chats pîtres (ah ah!)

17 09 2016

AK Pô

Un commentaire sur “Chinou, ils s’en foutent ! (sinon ils le diraient aussi)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :