petits poèmes du cru qui puent des pieds

Chez Bashung

La nuit je dors, je mens aux morts,

La nuit je viens, je me retiens,

Charmant garçon un peu gascon

J’aime les cons, la nuit m’adore,

Je mords ta peau, tes mains d’or,

La mort n’est rien entre tes reins,

La nuit tu râles, le jour tu pleures,

Que mentent les morts sous tes baisers

Je reviendrai, te retiendrai,

Charmant garçon un peu gascon,

Mais toi qui tant me connais sais

Nul souvenir nulle empreinte retors

Cette nuit sur ton corps glissera.

La nuit je dors, je mens aux morts.

AK Pô

09 05 2017

Ptcq

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Chez Carmen

J’irai dormir dans l’auberge espagnole,

Baiser les putes, boire la gnôle,

J’ épuiserai mes jambes mortes

Dans le bois de mon sexe tendu

A l’aube m’attendront les huissiers

Créances impayées de ma liberté

Et sur l’oreiller sale ton sourire

Tes soupirs, tes balivernes et ton corps cru

Témoigneront de ma culpabilité.

J’avoue avoir menti et ce toute ma vie

En toutes saisons, en plaines déraisons

A hauteur d’horizons, jambes flageolantes

Pince Monseigneur brisant le verre fragile

Liberté surveillée j’épuiserai dans le bois

Mon sexe plein de sève, tes soupirs, tes vents

Mes roupètes et cette roseraie qui sent les yeux fermés.

Mais au poste frontière, au douanier

Qui veut tant t’épouser, tu diras : non,

La place est prise par un contrebandier

Qui a déjà mis ses deux doigts dans l’apprise.

AK Pô

09 05 2017

Ptcq

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Chez les poilus

Tu ne me trouveras pas sur une page blanche l’encre est dans mes pas

Et je marche la nuit pour n’affronter que l’horizon des aubes

Je ne sais d’où je viens où je vais mais j’avance sans le savoir

Sur le même chemin que toi et tu ne me trouveras pas

Dans l’encre sympathique des écrits distanciés, tu sauras

Que la plume et l’envol font les destinées de l’oiseau, que le merle

Dans l’immense privilège que j’ai d’un jardin au pied des Pyrénées,

Pépie en permanence jusqu’à nous casser les oreilles, ok, j’ai voté Macron,

Mais les enfants qui liront ça dans cinquante ans diront quel vieux con,

Il a caressé les promesses de jeunes fessiers arrondis de paresses

Lui qui n’y connaissait rien voilà qu’il comprend tout : signez, ici !

C’est l’aventure de l’homme mort, celui qui croit qu’un meilleur monde

L ‘attend au bout de son fusil. Qui revient de la guerre la feuille blanche

Teintée de sang, oh non, pas du sien, mais celui de son ennemi.

Oeil pour œil dent pour dent. Ils se regardaient depuis des mois,

ils se faisaient des signes d’une tranchée à l’autre et puis un soir

Il a fallu tirer. Il a fallu que les hommes éteignent l’humanité

Pour qu’un concert de feu et d’explosions, d’artifices meurtriers

Voient s’ouvrir une page blanche dans l’encre de leurs pas

Et ce soir, c’est moi qui écris, sans un mot, sans plume, oiseau

D’un meilleur monde qui ne sait d’où il vient, où il va : sinon lui.

(et Jimmy Oihid!)

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