Conneries œdipiennes

Le fils aimait sa mère, qui avait épousé son père car elle en attendait un fils. Le père aimait son fils, bien qu’il lui eût préféré une fille (pour, plus tard soulever sa robe, quand elle serait avocate, disait le père -ce que personne ne croyait-).

Le père étant entrepreneur, ils partirent en bulldozer sur la Côte d’Azur. Comme le bulldozer roulait lentement, chacun d’eux descendait en marche, pour cueillir des fleurs ou faire pipi, ou acheter le pain (…). Mais c’était sans compter sur la fatalité !

Ce fut au terme de la troisième semaine de transit que le père, particulièrement constipé jusqu’alors (sans doute par le manque de rapidité du transit, dû à son véhicule), laissa le volant à son fils, puis courut fort avant sur le bitume avec l’intention de récupérer, affaire faite, l’engin au vol, le reprendre en main, dès que son besoin naturel eût été satisfait, ce qui ne tarda guère.

Hélas ! Le fils, aimant sa mère, n’avait d’yeux que pour elle, jetant son œil et son dévolu sur le giron maternel ; ainsi il écrasa involontairement le père sorti des fourrés. Ah, fatalité, tout n’est que fatalité !

Sans percevoir le désastre en cours, le fils culbuta la mère (c’était un adolescent fougueux!). Malgré l’éjaculation précoce dont il souffrait, le jeune homme forniqua la tendre quinquagénaire, mûre émule de Vénus. Hélas ! Hélas ! (3 fois, ça suffit) Étant elle-même atteinte de ménopause printanière, elle succomba au charme fou de cet enfant désobéissant, et mourut sur la banquette siglée « réservé  PMR» du bulldozer.

Lui, remonta sa culotte sur ses fesses, sans se douter le moins du monde de la peine éternelle encourue après de tels méfaits. La machine, quant à elle, avançait toujours, et comme le caractère de l’ado l’incitait à plus de rapidité (c’était vraiment le fils de son père, en y ajoutant sans doute son problème d’éjaculation précoce), il décida de laisser choir ce moyen de transport, et fit de l’auto-stop pour continuer sa route vers la Côte d’Azur.

Une fort belle femme s’arrêta sur le bas-côté, appétissante dans son cabriolet. Il pensa que cabriolet devait, ou devrait être un nom donné à une pâtisserie. Ils s’acheminèrent assez rapidement vers une de ces géographies qui mélangent Grand Canyon et Grand Gosier, vers une de ces notions que réprouve la morale, en deux mots ils s’assimilèrent à la sexualité de quinze pour cent des citoyens de ce pays (jours ouvrés uniquement -stat 1980- NDLR).

Mais quelle ne fut pas sa stupeur en fouillant le sac-à-main de la femme d’y découvrir une photo de lui, gamin !

Il sortit en hâte du cabriolet en hurlant : « je ne peux pas voir ça, je ne veux plus voir ça ! ». Il retourna vers la bagnole, arracha les deux essuie-glace, et se creva les yeux avec.

Enfin, il comprenait à présent la dure fatalité des bulldozers : son père avait une maîtresse dont il était le fils, et il avait forniqué sa mère, qu’il avait pris pour la maîtresse de son père !

God damned !

AK Pô

23/12/1980

tes conneries, AK…

Un commentaire sur “Conneries œdipiennes

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