Armistice, game over ou play it again?

On marche n’importe où pour aller nulle part, et quand au sommet du gâteau pointe la rouge cerise, le nez des hommes est confit et le sourire des femmes confus. Fallait-il donc tant courir après le bonheur de l’Humanité pour en arriver là ?

Loin des estives à l’approche de l’hiver, les moutons en troupeaux broutent les chrysanthèmes de novembre. Et cette fleur joyeuse aux couleurs chatoyantes ne connaît pour fusils que l’âme des canons. Les morts sont des saints et la guerre leur tombeau, les bleuets poussent dans les tranchées, seuls condamnés à vivre sous le manteau guerrier leur épanouissement végétal, sous les mêmes auspices; dans chaque village la liste, les noms  gravés en lettres d’or sur le monument à sculpture de bronze : ceux qui sont partis combattre. Ceux qui ont refusé d’y aller, ont déserté, se sont rebellés contre la guerre tueuse d’hommes, briseuse de familles, génératrice d’orphelins, les pacifistes, et tous ces autres vivants aussi, qui nourrissent la Nation par leur travail comme les autres enfants de tous les pays, eux n’y figurent pas, on les a oubliés, la haine portée par la noble vengeance des puissants d’un autre ordre social les a déjà tués, broyés. Morts pour la paix. Enterrés on ne sait où, désormais, oubliés des commémorations, ils marchent dans la nuit froide des villages, avec les animaux sauvages, maintenant que la nuit éteint ses réverbères par souci d’économie. Adieu lumières, bonsoir étoiles, nuit éternelle.

Pour partir au combat, il faut de nobles causes. La guerre n’en n’est pas une, la misère des peuples pourrait y mener, face à l’injustice, aux crimes odieux portés par des fanatiques sans foi ni loi, aux ignorants décisionnaires qui s’enrichissent sans vergogne. Pour ressusciter quelque part les fantômes de la Liberté endormis dans des cimetières où peu de maréchaux trouvèrent refuge, de quelque guerre que ce soit ; c’est aux hommes, aux femmes de se lever, de l’aube native et courageuse au crépuscule apocalyptique : combattre ces faux dieux !

Cesse de craindre et tu vivras !

3 commentaires sur “Armistice, game over ou play it again?

    • merci. Mais il y a encore beaucoup à dire, entre ceux qui ont refusé de partir faire la guerre -coloniale- sous le régime de Salazar dans les années 70 (Angola, Mozambique…), des italiens sous Mussolini, des républicains espagnols qui ont lutté et perdu, franchi les cols pyrénéens en hiver, tous ont construit depuis le Pays que j’habite, que ce soient nos maisons, nos cultures partagées, ont travaillé dans les mines de charbon, dans l’industrie française, et tous ces jeunes qui refusaient en France de faire leur service militaire, désertaient (l’objection de conscience obligeait quand même à faire un service « non militaire » parallèle de deux ans à l’ONF) dans les années 70 encore. Les morts sous le régime stalinien, l’histoire est longue et tous ces individus oubliés des monuments aux morts…

      Quand, ces 10 et 11 novembre, on voit sur les écrans le mépris porté par Donald Trump (multirécidiviste en la matière) pour unir les peuples contre toute cette barbarie que constituent les guerres, qu’un président (Macron) évoque la crainte d’un conflit mondial -et je pense que ce n’est pas du tout pour la gloriole-, la montée de l’extrême droite partout en Europe et dans le Monde, je ne sais pas où l’on va, mais ça sent la poudre. Et quand on a des gosses qui sont en âge d’être appelés, qui mènent actuellement des parcours de vie intéressants et productifs, je me fais du souci.

      Aimé par 1 personne

      • Se faire du souci pour nos jeunes, oh ! ça oui ! Mais ils ne seront probablement pas appelés. La guerre – si guerre il devait y avoir – se ferait autrement, bien loin de tous les conflits majeurs passés et même des conflits « régionaux » actuels.
        La cyber-guerre et les missiles seraient bien plus faciles à employer qu’une mobilisation. Cela ne doit pas nous rassurer, n’est-ce pas ? peut-être même au contraire…

        De toute manière, certains experts – qualifiés d’être les plus alarmistes, je n’en sais rien, je ne connais pas assez – nous prédisent une telle catastrophe climatique dès 2100 qu’une guerre ne serait même pas nécessaire pour mettre nos petits-enfants sur les chemins d’un exode lointain, lointain.
        Faut-il même souhaiter ou encourager à en avoir d’autres ?

        J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :