(petit poème évadé d’un EHPAD)
Je regardais mon père, son nez dans la télé,
Et le présentateur soutirait l’ennui de ses vieux poils
Avec de grands sourires et des blagues stupides
Mon père avalait tout comme on aspire le vide
Où était donc passé ce scarabée doré
Recourbé sur sa bêche au milieu du jardin,
Elle et lui mordillant la terre de dents affables
Et ce sourire d’enfant quand les semis prenaient
Je ne vois désormais qu’un vieillard affalé
Je me vois assis à ses côtés, nous asticotant
Comme remue la fange où nous sommes plongés
Lui et moi, eux et nous, bercés par d’inutiles faims
Le regard perdu dans d’étranges miroirs
Reflétant le charbon et ses charmes illusoires
Car il faut bien l’admettre, nous avons mis la table
Pour nourrir d’impatiences notre mort si vulgaire.
AK
21 04 2019

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