Chronique « éditions locales » : la porcherie -usine d’Ossun, Hautes Pyrénées

L’art cochon, ou l’exploitation du lard, du jambon et du tout est bon en prenant les gens pour des cons.

La scène se passe dans les Hautes-Pyrénées, dans la commune d’Ossun, commune dans laquelle est prévue la création d »une porcherie industrielle de plus de 6000 animaux/an, dont les impacts directs (lisiers, odeurs, effluents, pollution nappes phréatiques etc) vont impacter les communes adjacentes, soit une population/impact épandage des déjections et lisiers de :

Ger 1890 hab/10 Ha

Ossun 2356 hab/4 Ha

Pontacq 2917 hab/155 Ha

Lamarque 830 hab/35 Ha

(Barlest 295 ha, pour le côté olfactif, déjà existant sur la porcherie en fonction -890 têtes- jusqu’en 2016).

Le projet a été validé par le Préfet la semaine dernière, à Tarbes. Il est vrai qu’un tel projet ne peut qu’être facilité par le fait que la population touchée s’évalue à environ, toutes communes riveraines confondues, à 8 300 habitants. Cependant, une pétition contre ce projet, sur change.org a recueilli, à ce jour, 5700 signatures. Ce qui signifie que nombre personnes adultes l’ont signée. Quasiment la population entière.

Revient alors à l’esprit ce roman de George Orwell, « la ferme des animaux », dont voici le résumé sur Wikipédia :

«  Résumé synthétique

« Dans la journée, la rumeur s’était répandue que Sage l’Ancien avait été visité, au cours de la nuit précédente, par un rêve étrange dont il désirait entretenir les autres animaux… »

Comme l’indique cet extrait situé en tout début du premier chapitre8, ce roman commence par un rêve dont le contenu évoque la prise en charge de leur destin par les animaux, eux-mêmes ː un jour les animaux, animés par les idéaux d’un vieux cochon dénommé Sage l’Ancien, décident de se révolter contre leur maître, M. Jones, dans l’espoir de mener une vie autonome dans l’égalité, l’entraide et la paix pour tous.

La ferme est passée sous le contrôle des animaux. Elle est, dès lors, gérée dans le respect des sept commandements qui prônent le pacifisme tout en définissant les spécificités des animaux, présentées comme une richesse. L’ennemi est clairement désigné : l’homme doit disparaître du lieu et une cohésion doit se créer entre les bêtes et se renforcer autour de cette menace.

Très rapidement, les cochons forment une élite et sont amenés à prendre le pouvoir, asservissant les autres animaux. Ils utilisent leur intelligence supérieure pour manipuler leurs craintes et modifier le passé à leur avantage. Les idéaux sont très vite dénaturés, les principes généreux insensiblement dévoyés. Un dictateur émerge, chasse son principal rival, puis exécute les « traîtres » pour asseoir son pouvoir de plus en plus hégémonique. Il instaure un culte de la personnalité, maintient ses congénères en état de soumission et les épuise par un travail harassant.

Ce maître, devenu tout puissant, avec l’aide des chiens et des autres cochons, continue à leur faire miroiter le même espoir, mais leur fixe un objectif inaccessible tout en leur promettant sans cesse une vie meilleure afin de les maintenir dans cette utopie. Les années passent et l’ouvrage s’achève sur un constat amer pour les autres animaux asservis ː plus rien ne semble distinguer les cochons de leurs anciens maîtres. « 

 

Or, dans le cas présent, les véritables et ventripotents cochons sont des entreprises satellites (en l’occurrence la SARL Selec’Porc, filiale de la FIPSO, soutenue par de grands groupes céréaliers (Euralis), appuyés par la FNSEA, et certainement d’autres groupes de ce monde agricole qui crédite de tels investissements sur le dos du monde paysan. C’est marrant d’avoir accolé Crédit et Agricole, soit dit en labourant.

Pour celles et ceux qui ont lu les Amis d’Emma de Claudia Schreiber, ce qui suit et n’est qu’un extrait du projet soumis à l’administration, personnellement j’en suis ressorti écœuré, et je regrette que les traditions aient fait long feu (malgré le sacrifice grouinant du porc) entre le pèle-porc et les gorets et verrats qui sautaient les grilles du pesage quand nous attendions le bus pour aller au collège, et les maquignons qui les coursaient, sans doute pour qu’ils ne perdent pas un gramme.

A cette époque, tout était rigolade pour le cochon qui s’en dédiait . Maintenant, tout est meilleur pour l’homme qui ne mange que de l’oseille, et ne croyez pas que ce qui pousse dans les champs, ô paysans, ce sont des billets de banque !

No porcharan !

AK

http://www.hautes-pyrenees.gouv.fr/IMG/pdf/partie_1.pdf

    1. Description de la conduite de l’élevage Les porcelets arrivent toutes les 4 semaines et sont dirigés vers une des 2 salles de 504 places (42 porcelets/case sur 12 cases) équipées de caillebotis plastique intégral : ✈ Poids à l’entrée à 8 kg (26 jours). ✇ Durée du post sevrage : 49 jours, soit 7 semaines. ① Durée du vide sanitaire en post sevrage : 7 jours. ② Age à la sortie du PS : 75 jours. ③ Poids à la sortie du post sevrage : 29 kg. ④ Taux de perte en Post-sevrage : 1.9 %. ⑤ GMQ Post sevrage : 500 g/j. ⑥ I.C Post sevrage : 1.66. La durée d’occupation totale des salles est de 8 semaines (49 jours pour les animaux et vide sanitaire de 7 jours). Chaque case est équipée d’un nourrisseur et de deux abreuvoirs d’eau : ⑦ Surface : 0.4 m² / porcelet. ⑧ Sol : Caillebotis intégral plastique. ⑨ Plafond plat isolant. ⑩ Dispositifs économie d’énergie : ❶ Niche en fond de case. ❷ Ventilation dynamique régulée en fonction des besoins du porcelet : 40 m³/h/porcelet maximum. ❸ Extraction d’air sous caillebotis, régulée par trappes. ❹ Entrées d’air régulées par trappes en plafond ou poteau de type « Suisse » régulés. ❺ Chauffage électrique régulé en fonction des besoins du porcelet (40 Watts/porcelet max). ❻ Alimentation : nourrisseurs. ❼ Abreuvement : abreuvoirs.

La FNSEA a répondu à la manifestation du 18 avril (cf photos) par un communiqué dans la Dépêche. Il faudrait être flou pour voir le méchant loup ! Mais nom de Dieu, quelle hypocrisie ! https://www.ladepeche.fr/2019/03/25/porcherie-industrielle-dossun-la-fdsea-defend-un-modele-dagriculture-raisonne-et-circulaire,8089425.php

Si vous ne dormez pas profitez de nos séances amaigissantes et reposantes : comptez les cochons qui sautent sur votre lit (une publicité de « plus je grossis, moins je plais »)

Un commentaire sur “Chronique « éditions locales » : la porcherie -usine d’Ossun, Hautes Pyrénées

  1. A défaut de ne plus manger de viande, veillons au moins à n’en manger que provenant de petits élevages, et en tous cas pas d’élevages industriels qui s’apparentent à des camps de concentration. Ou de la chasse, qui quand elle est correctement réglementée est un bien moindre mal.

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