C’est l’heure fameuse où l’homme ne sait
S’il se fourvoie en d’inutiles rixes,
L’heure du dernier combat
Celui qu’enjoint la poésie
A poursuivre son chemin
C’est l’heure fameuse de la pause
Du café noir au pied des marches
Avant que sur le marbre
Les mots se gravent en feuilles libres
S’envolent et ornent les ruptures
C’est l’heure fameuse de l’homme seul
Face à sa vie, à ses rires d’enfant,
L’heure des mains qui dessinent
Ne tremblent plus, façonnent,
Étrangement vivantes
C’est l’heure des murs que l’homme perce
D’une vision pointue vers l’avenir des autres
Quand la vie ne lui appartient plus
L’homme des bois des chants et des abois
Orignal familier des forêts de lichens
C’est l’heure fameuse que l’homme allonge
De boucane aux senteurs de hétraies
Dans la forêt fument les saumons
Un chant remonte de la terre
L’heure du dernier combat espéré!
C’est l’heure où l’infini chemine au-dessus des étoiles.
Passant maussade l’homme gansé d’habitudes
Le nez rivé sur l’horizon se dessine
Comme un crayon vers la rature
Sans expression.
C’est l’heure où tout arrive, où tous se sont perdus,
Cohortes égarées joignant le même lieu
Que le marbre invite désormais
A poser ses silences en filigranes d’or,
Etrangement vivants.
C’est l’heure où l’abandon regagne
Sa garnison de chairs
L’heure fameuse des ombres dispendieuses
Espoirs des mains sur le corps gracieux
De femmes fermant leurs yeux
C’est l’heure fameuse qui renonce au temps
Le seuil des mots franchis, la frontière des jours
Qui séparent le rêve de la réalité,
Le monstre du sacré, la beauté de l’ordinaire,
La femme de mes bras.
C’est l’heure fameuse de l’homme seul
Qui perd tous les combats.
AK Pô
23 12 2010

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