Joëlle versus la mère Noël

Quand Joëlle a tenté de m’étrangler avec son chapelet je lui ai avoué que je ne l’avais jamais trompée avec le père Noël, le patron de la fabrique de petits sabots que tous les lutins qui travaillent avec lui rabotent vingt quatre heures sur trente cinq, car raboter c’est travailler chantent en chœur les lutins russes. Les lutins du Proche et Moyen Orient se taisent, économisent pour rentrer un jour au pays et, si Allah est grand dans ses sabots sculptés sur mesure, se payer un aller-retour à La Mecque pour tourner sept fois autour de la Kaaba , comme une langue avant de parler devrait retourner à l’origine du discours qu’elle parcourt.

Joëlle n’a coupé que très tard son cordon ombilical, raison pour laquelle elle s’était entichée de moi, qui n’avais que mes bourses et un bout de ficelle magique, qui pouvait se transformer en corde d’amarrage (bio) selon l’heure, les circonstances et le lieu. Mais cela, c’est le passé. Ce que Joëlle ignorait et ne sait toujours pas, c’est que ma vie intérieure s’est retournée et a bouleversé mon intimité. Certes, j’étais efféminé, peu axé sur le sexe féminin, et Joëlle préférait, quoi qu’elle dise, sucer son cordon plus que la corde indécente accrochée aux bittes du port. Pas de querelles entre Brest et Paris. Jean Genet butinait Notre Dame des Fleurs alors que nous allions, Joëlle et moi, nous marier sans un sourire sous la pâle souffrance d’un Christ en croix susurrant ne vous mariez pas, ne vous clouez pas, envolez vous ! Trop tard, les anneaux avaient asservi nos doigts. Durant trois pleines années je gardais ma langue dans ma poche, soupirant à la moindre remarque, prenant Micromégas mon jeune chat comme interprète de mes souffrances, partageant parfois le bol de lait et la pâtée, lui dressant sa queue vers le ciel, moi cachant la mienne entre mes jambes, et souvent, entre deux avé, comme un curé désabusé je devais, honte suprême, me défroquer pour la contenter.

Pendant ce temps autour de la Kaaba les fidèles tournaient, se purifiaient et pour certains, voire nombre d’entre eux, se faisaient détrousser. Prière de me rendre ce que vous avez volé. Mais Dieu, Allah, Assad, Poutine, Trump, Bolsonaro…aucun ne vous le rendra. Dieu est trop grand pour vos mains basses mais fait main basse sur vos espoirs de vie meilleure. Joëlle était de cette trempe, son chapelet virevoltait au-dessus des bourgs et des villages , sur les autels aux cierges bénis et couchait dans la nuit avec les maires dans ces hôtels de campagne mystiquement électorale, répandant la foi sans ressentir la crise.

Ce fut ce soir-là, le 24 décembre, alors que la nuit tombait, que la mère Noël frappa au carreau de ma porte vitrée double épaisseur garantie par le vendeur (cette pub finance l’encre de cette histoire). Je peux vous confirmer que les lacets de mes pantoufles se mirent à prendre la dimension de spaghetti trop cuits, ou de macaronis ( c’est le même sponsor qui paie mes écrits), bref l’érection fut quasiment immédiate, enfin, ne soyons pas trop fanfarons, il fallut un certain temps pour que le canon se réchauffe, a contrario d’un sketch de Fernand Raynaud (mort à ce naguère de l’esprit français). Je bandais. Un miracle peut-il en cacher un autre ? Elle aussi. Incroyable ! Son clitoris était gros comme un intercité, et je n’eus qu’une peur : l’aimer  à 300 à l’heure, comme un TVG qui roule. Heureusement, il y avait grève. Pas un train ne circulait. Prendre notre temps, enfin!

La mère Noël savait que son mari ne reviendrait qu’à l’aube, qu’elle l’attendrait ici, sur un banc de la gare, au milieu d’une foule qui ne partirait peut-être que dans le sens inverse de leur réveillon, comme une gueule de bois qui tire la gueule sur un manège de chevaux également de bois arrêté par le chapelet de Joëlle qui n’en croit pas ses yeux : Dieu est dans la grand roue il fait sept tours gratos et elle regarde les grains de son chapelet, les manipule et pourtant autour de la Kaaba d’autres roues tournent se bousculent, en font cent fois le tour pour en bénir les absents, mais pas les pédérastes, ce qui met Joëlle en joie : « s’il en est ainsi, j’échange volontiers mon chapelet contre un aller simple à La Mecque.

… A la Mecque elle rencontra un mac qui l’expédia à Melilla, une enclave espagnole qui, pour l’avoir vue de nuit, offre un véritable triste spectacle.

AK

19 12 2019

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