J’ai connu des cailloux
Qui chantaient sous mes pas
Des marbres de tombeaux
Qui racontaient la joie de vivre
Le flux des rivières libres
Les doigts glacés et l’orgueil amoureux
Des jouisseurs désespérés
Les hanches musicales de femmes
Pendues aux cordes lacrimales
Les larmes et les bains morts d’Orient
Le sable chaud des plages mercenaires
Mais à présent tout nous échappe
L’hiver est chaud qui nous écharpe
Les cailloux se sont tus
Écrasés sous les tanks, les giving,
Des tombeaux où jadis les feux de saint Elme
Réjouissaient les sorcières les bombes de plastic
Le plastique et l’atome menacent
Nos pieds gelés nos doigts glacés et toi,
Toi que je sais assoupie dans un lit douillet
Je pense aux flux des rivières libres
Aux rires promis de tes enfants heureux
A cette fleur sereine de l’orgueil amoureux
A tes hanches musicales toujours vibrantes
Un jour viendra où, comme les cailloux
Sur le chemin ma vie parmi tant d’autres se taira
Mais je sais que l’oiseau que je n’ai jamais su être
Chantera dans les branches du vieux marronnier
Pépiera dans celles du noyer, du figuier, des pommiers
Foule immense attendant l’aube pour clore mon destin
Cailloux heureux de n’être plus lapidaires.
10 01 2020
AK

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