Paroles, palabras, palabres sous l’arbre à palabres, là-bas,
En Afrique, au Sénégal, ou alors au pied du Gennargentù,
Fumant une longue pipe en buis près d’un poêle têtu
Sous le regard bienveillant de deux sardes nonagénaires
Moins impatients que ne le serait un rondin de bois se consumant
Qui m’ont pris en otage, par fantaisie ou ennui, souvenir du Passé,
Nous écoutons ensemble les criquets, les cigales le soir
Les griots entament leurs contes en jouant de leurs vocalises
Sur quelques cordes de kora, les sardes nouent les leurs
Arbre à palabres et vieil olivier millénaire aux branches rudes
La sentence ajustée aux maux, les mots autour du cou
Fumant une longue pipe, un komboloï de noyaux aux doigts
Un rosaire qui s’égrène comme une pluie de grains fertiles
Palabras sous les chênes-lièges des plaines de l’Alentejo,
Taureaux sans corridas qu’on veut mener à l’abattoir
Andalousie percluse de soleil sans esclaves africains
Arbres à palabres, paraboles des discours pandémiques,
Les griots remontent ma mémoire, la longue pipe de buis
Sous le chant des cigales, au pied du Gennargentù, fume,
La kora s’égrène et les criquets dévorent les champs de manioc
Alors que, toujours perchés, les oiseaux charognards ,
Cous nus bien rasés portant cravates et rosettes méritoires
Discourent et se moquent, se chamaillent et rigolent
La postérité les clouera sur le tronc de l’arbre des palabres
Quand les vieux sardes et les griots pourront enfin écrire l’Histoire.
05 05 2020
AK
https://www.youtube.com/watch?v=oToZfPGMMBY

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