PALESTINE
Israël se prépare à annexer la Cisjordanie, au grand dam de l’Europe
Ce sont des paroles que le vent emporte
Ce sont des baisers que le sang oublie
Les rues se vident de leurs feuilles mortes
A coups de balai, parfois la mitraille tue les klaxons
Ici le touriste est un affamé qui ne visite rien
Décombres sans catacombes, ruines et catafalques,
Les hommes violent les femmes
Et prient le soir d’étranges dieux
Ici il n’y a que l’ombre qui reste vivante
Quand ton corps perforé baigne dans le sang.
Elle a levé les bras, écarté les doigts de ses mains
Et le vent, d’une extrême douceur, s’est mis à chanter
Entre ces phalanges qui sentaient la poésie du silence
C’était un baiser dressé qui ravivait son sang, ses veines
Se bleutaient, son corps reprenait vie, artères des villes
A nouveau sans le bruit des mitrailles, silences du couvre-feu
Dans le sous-sol affamé sans fumée ni feu ni nourriture
Les mères racontent aux enfants qu’au-dessus d’eux
Un soleil, un ciel bleu et beaucoup d’hommes valeureux
Luttent . Ce sont des paroles que les enfants écoutent
Et que le vent emporte, des baisers que le sang charrie
Dans les rues vides balayées de mitraille, de sirènes
Qui n’ont jamais chanté la mer et pourtant elles racontent,
Ces mères englouties dans de profonds marasmes
A leurs enfants blottis contre leurs seins fertiles
La couleur des blés, de la nature, des moissons inventées
Et les enfants s’endorment dans le giron des femmes
Nid douillet dans l’ombre qui s’offre en dernier foyer.
Elle a levé les bras, écarté les doigts de ses mains
Et le vent, d’une extrême douceur, s’est mis à chanter
Entre ces phalanges qui sentaient la poésie du silence
C’était un baiser dressé qui ravivait son sang, ses veines
Et l’enfant si chétif qu’elle tenait dans ses bras se mit à rire
Il suçait les nuages, le ciel bleu et avalait les champs de blé
Les moissons illusoires des ventres affamés des sirènes
Qui ne verront jamais la mer mais sentiront battre
Contre leur cœur le sein fertile des mères qui combattent.
14 05 2020




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