les mardis de la poésie : Raymond Queneau (1903-1976)

Ville étrangère

Terrassé par les habitudes de maux qui tentent d’aboutir le pauvre dans sa solitude attend le moment de partir

pour des cieux des mers ou des terres où nul ne voudrait asservir l’inquiétude d’un esprit fier à la honte d’un repentir

Plaies des matinées sans travail l’hiver est fait de trahisons le long des rues lorsque l’on bâille adossé contre une maison eomme le pauvre qui travaille

à continuer les pâmoisons

de ces chaussures qui trop bâillent

et des bouches sans oraisons

Seul souvenir des temps passés un jour d’hiver qui agonise irez-vous pauvres trépassés corrompre la mer qui se brise sur les falaises échancrées ou bien glacés par
vents et brises gémir tout le long de l’année sur un malheur qui s’éternise?

L’obscurité des loups qui meurent de misère

les faubourgs sont trop loin pour la clarté des jours

L’année blanche des jours qui se sont écoulés attend avec passion une fin trop commune

le pauvre qui la suit regarde dérailler les désespoirs communs d’une plèbe importune 6 temps déjà passés n’avez-vous point failli dégager les malheurs des
peines trop communes? mais les jours se sont tus tout le long de l’année la neige des hivers termine sa ceinture et le pauvre qui suit regarde s’évanouir les espoirs unissant cette
plèbe importune

Vaisseaux indifférents qui présidez au sort des incertains bandits poursuivant la fortune transportez mes destins et ma vie importune au-delà des baisers du bonheur qui
s’endort

Londres, 1

Raymond Queneau

 

tiré du site : https://www.poemes.co/raymond-queneau.html

5 commentaires sur “les mardis de la poésie : Raymond Queneau (1903-1976)

    • Selon le site (lien en bas du poème), peut-être extrait de « cent mille milliards de poèmes » (1961), mais je n’en suis pas du tout du tout sûr. Si un toutou passe sur la route (c’est le nom que nous donnons aux joggeurs mâlinois mâles) je lui demanderai confirmation. En attendant (et ça risque d’être long) passe une bonne soirée Maëstro!

      Aimé par 1 personne

      • Euh non, les Cent mille milliards de poèmes, je les connais pratiquement par cœur (du moins, les 140 vers qui composent les dix sonnets d’origine).
        Ce n’est pas grave, Karouge, je chercherai (par exemple dans la Pléiade, il doit y avoir l’index de ces poèmes rangés par ordre alphabétique), tu peux donc laisser les toutous tranquilles.
        Bonne soirée à toi, en tout cas.

        Aimé par 1 personne

      • Merci pour cette info! Je vois qu’à fréquenter les petits rats de l’opéra tu t’es aussi transformé en gentil rat de bibliothèque! Bonne soirée Maëstro Libretto ! 👻😉

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