les mardis de la poésie : Paul-Jean Toulet ( 1867- 1920 )

Dans le silencieux automne

Dans le silencieux automne
D’un jour mol et soyeux,
Je t’écoute en fermant les yeux,
Voisine monotone.

Ces gammes de tes doigts hardis,
C’était déjà des gammes
Quand n’étaient pas encor des dames
Mes cousines, jadis ;

Et qu’aux toits noirs de la Rafette,
Où grince un fer changeant,
Les abeilles d’or et d’argent
Mettaient l’aurore en fête.

Paul-Jean Toulet, Contrerimes

Chinou

 

L’Alchimiste

Satan, notre meg, a dit
Aux rupins embrassés des rombières :
» Icicaille est le vrai paradis
» Dont les sources nous désaltèrent.

» La vallace couleur du ciel
» Y lèche le long des allées
» Le pavot chimérique et le bel
» Iris, et les fleurs azalées.

» La douleur, et sa soeur l’Amour,
» La luxure aux chemises noires
» Y préparent pour vous, loin du jour,
» Leurs poisons les plus doux à boire.

» Et tandis qu’aux portes de fer
» Se heurte la jeune espérance,
» Une harpe dessine dans l’air
» Le contour secret du silence. «

Ainsi (à voix basse) parla
Le sorcier subtil du Grand Oeuvre,
Et Lilith souriait, dont les bras
Sont plus frais que la peau des couleuvres.

Paul-Jean Toulet, Chansons

poèmes tirés du site : https://www.poetica.fr/categories/paul-jean-toulet/

Wikipédia (extrait) :

« Paul-Jean Toulet perd sa mère à sa naissance. Tandis que son père regagne l’île Maurice, il est confié à un oncle de Bilhères, dans la vallée d’Ossau. Il séjourne trois ans à l’île Maurice (18851888) puis un an à Alger (1888-1889), où il publie ses premiers articles. Il arrive à Paris en 1898.

C’est là qu’il se forme véritablement, sous la tutelle de Willy, dont il est l’un des nombreux nègres, notamment pour Maugis en ménage. Colocataire du futur prince des gastronomes, Curnonsky, il fréquente les salons mondains et les boudoirs demi-mondains qu’il évoque dans Mon amie Nane. Il travaille beaucoup et se livre à divers excès, dont l’alcool et l’opium. Il collabore à de nombreuses revues, dont la Revue critique des idées et des livres de Jean Rivain et Eugène Marsan. De novembre 1902 à mai 1903, il effectue un voyage qui le mène jusqu’en Indochine. » .(…/…)

https://www.sudouest.fr/2020/09/20/le-pantheon-de-toulet-7866479-4160.php

6 commentaires sur “les mardis de la poésie : Paul-Jean Toulet ( 1867- 1920 )

  1. ah oui, celui là fait mouche à chaque vers..
    « Dans un palais d’aventurine
    Où se mourait le jour,
    Avez-vous vu Boudroulboudour,
    Princesse de la Chine,
    Plus blanche en son pantalon noir
    Que nacre sous l’écaille ? »

    Aimé par 1 personne

    • Un peu coquin, le Toulet!
      « Mon amie Nane est un roman à la première personne empreint d’érotisme, d’humour et de mélancolie. Un narrateur y fait le récit de ses relations avec Nane (de nom de guerre Hannaïs Dunois), depuis leur rencontre jusqu’à leur séparation. »(wikipédia)
      Bonne journée Maëstro et attention à ta peau si tu la croises au pied de l’escalier (en bas, Nane)🙄

      Aimé par 1 personne

  2. J’aime mieux le premier poème (mais on s’en fiche de ce que je préfère, je le conçois fort bien d’ailleurs), parce qu’il semble dans son écriture, un peu suranné. Et ça me plaît.
    Il a drôlement bourlingué Jean-Paul !
    Bon mardi Karouge !

    Aimé par 1 personne

    • Je trouve qu’ils voyageaient beaucoup ces gens-là (Loti, Monfreid, Rimbaud, Ségalen, Supervielle, Michaux…). Même sans avion (sauf Saint Ex et quelques uns de l’Aéropostale).

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