(un temps de saison) : douche froide… ou l’eau chaude, l’eau frette

J’étais sous la douche quand elle est entrée

Mais, Loupino, tu as encore tes chaussettes aux pieds !

Un homme nu, sous la douche tiède, aurait répondu

J’avais froid, il me faut quelqu’un qui me frotte le dos

Je suis là a répondu Mathilda, je vais te brosser

Le corps et les cheveux, mais enlève ces chaussettes

No puedo, I can’t, je ne peux pas Mathilda

C’est là que je planque mon revolver et mes dollars

Qui décolorent dès qu’un mexicain ou un nègre les touchent

Mathilda frotte moi fort j’ai le gun prêt à régler des comptes

Sans faire d’histoires que les enfants ne comprendraient pas.

Mathilda frotta le savon sur le crin de la lingette. Je frémis.

La mousse était trop abondante pour une simple douche

Impossible de voir le trou d’évacuation du bac en porcelaine

Je me baissais, saisis mon arme et tirais dans le maëlstrom

D’eau gorgée de microbulles en fusion, trop tard hélas !

Un plombier me plomba le premier. Ce satané s’était planqué

Dans la canalisation quand je suis arrivé pour prendre ma douche

Il faut vous dire que le coup du placard est antédiluvien

Pour un amant, et Mathilda le savait bien, cette garce,

Mais de là à se planquer dans les tuyauteries, lui dis-je, agonisant,

Saignant sur le carrelage pendant que l’autre se lavait les mains

Dans l’immatériel lavabo de ses désirs, ôtant les fafiots

De mes chaussettes ensanglantées, t’en fais pas Loupino,

C’est pour ta femme que je fais ça. Para tu esposa, for your wife,

(C’est fou ce que les plombiers sont parfois polyglottes)

Vois-tu Loupino, tu n’as pas connu Mac Carthy, mais ce soir

Ta femme et moi irons au grand meeting de l’éléphant

A casquette rouge et on manquait de colorant, le blanc

C’est bien mais il faut l’assujettir aux circonstances du moment,

Tu devrais le savoir, ce pays est difficile, on y perd son temps

Mais il y a longtemps qu’on y a perdu la raison, les indiens

En savent quelque chose. L’eau coule dans des tuyaux

Les rivières sont à sec dans le Colorado mais Las Vegas brille

De tes billets de banque qui partent en confettis, douche toi

Et va jouer à la roulette russe et autres aimables jeux, Loupino.

Ah, me dis-je, si seulement j’avais pu glisser sur cette savonnette

Le monde n’en serait pas là. Mais, bon sang, où est passée ma serviette ?

26 09 2020

AK

L’eau chaude, l’eau frette, film canadien (enfin, québécois de 1976), extrait :

Un commentaire sur “(un temps de saison) : douche froide… ou l’eau chaude, l’eau frette

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :