PENTECOTE
Le progrès a enfin dépassé la religion. Si hier on pouvait lire dans les journaux ceci :
« Comme les juifs, les chrétiens célèbrent la Pentecôte cinquante jours après Pâques. C’est un jour marqué par l’acte de naissance des deux religions : les juifs commémorent le jour où Moïse reçoit les dix commandements, les chrétiens celui où les disciples de Jésus reçoivent l’Esprit saint, qui les pousse à annoncer que le Christ est vivant. »,
nul ne peut ignorer désormais qu’Elon (Elohim) Musk a pris la place de tous les dieux qui soumettaient les peuples à leur propres volontés.
En effet, tel Pygmalion volant le feu à Zeus, il a su allumer par de modernes flammes les fusées qui seront nos champs d’Ialou du Paradis martien, voire d’ étoiles plus lointaines où l’on cultivera les jardins d’Eden comme le furent ceux de Babylone,(avant qu’elle déconne).
On peut donc admettre que pour ce faire, la présence des dieux était une pure illusion des hommes, soumis à l’esclavage de ces Tout-Puissants aux rhétoriques commerciales : « gagnez le Paradis en érigeant des pyramides », « Enchantez les champs de coton en chantant le Blues et le Gospel, et les portes du divin Maëstro s’ouvriront à vous, sans masque ni gel hydro-alcoolique ». Ainsi chacun, du plus pauvre, du plus crédule au plus généreux mécène regardait les saintes flammes se déposer sur la tronche cramoisie des apôtres, ivres morts d’avoir liquidé les saintes fioles de sang du Christ et du kérosène issu des entrailles de la terre et des gaz de schiste qui feraient naître quelques siècles plus tard un enfant mentalement décérébré et physiquement amorphe que l’on nommerait Climat.
Pendant ce temps le petit Mahomet attendait son pote Allah en rêvant de devenir pro-fête (ainsi avait-il compris phonétiquement ce mot). Il écrivait de belles sourates et griffonnait de drôles de signes qui, un peu plus d’un siècle plus tard, seraient repris par Al-Khwârizmî (780-850), le « père de l’algèbre », un savant de Bagdad, originaire du Khwârizm (comme son nom l’indique), une région d’Asie Centrale. Entre temps, un peu partout, les plus filous comprirent que pour asseoir leur confort, puis leur puissance vis-à-vis des autres petits malins du même acabit, il existait une méthode simple pour assurer leur règne : la guerre. Or, si un peuple est heureux, tous les peuples s’harmonisent entre eux et vivent en paix. Donc il fallut trouver comment séparer la paix d’entre les hommes d’avec celle d’entre les rois. De fins stratèges trouvèrent la solution : inoculez au peuple la religion. Pour elle, une fois que chaque population sera persuadée que le Paradis n’est plus sur terre mais dans l’au-delà, elle se battra pour vous, pour agrandir votre royaume enchanté, oubliant le leur qui deviendra si ridicule à leurs propres yeux que vos guerriers partiront fleur à la cuirasse tuer ceux dont le dieu est en apparence, sous sa carapace, différent, ou ceux que l’on nomme les mécréants, ces êtres qui se contentent de vivre les pieds dans leurs sabots.
L’Humanité passa plusieurs siècles à s’entre-tuer, entre Croisades, Inquisition, Sunnites, Chiites, Ashkénazes, Moabites, Chrétiens d’Orient, Catholiques, Protestants (…), massacres dans toutes les régions du monde Occidental et Moyen Oriental ; où étaient passées les langues babéliennes qui unissaient malgré leurs dialectes différents les peuples dans leur construction d’une tour universelle, leurs échanges de savoirs et de cohabitations pacifiques ? Qu’en reste-il ? des ruines! De la pauvreté ici de la misère là et de la famine un peu plus loin. Des galettes d’argile que mâchent les enfants haïtiens après les ouragans, la faim, les pillages, le racisme, la violence et la corruption étatique. Voilà peut-être ce que croire en un dieu suppose. Mais c’est aussi un support aux grandes détresses, quand les milliardaires convoitent plus l’espace que la vie terrestre. Alors, que fument les fusées, l’enfer brûle le globe terrestre et les larmes des humains ne suffiront pas à éteindre cet incendie : Pentecôte…
23 05 2021
AK


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