irresponsabilité

Bon, au départ, je voulais écrire une histoire un peu marrante sur un problème qui ne l’est pas. Mais je me suis trouvé dans l’incapacité de la mener à terme. J’avais mis quelques arguments de mon côté, face à l’emploi décérébré du mot LIBERTÉ  qui fleurit chaque samedi sur le trottoir des récalcitrants et des média qui les suivent en continu:

-Facebook, Google et consorts, pistés de A à Z dans votre intimité

-Contrôle de police routier : papiers du véhicule (carte grise, assurance) et de la personne (carte d’identité, permis de conduire).

-vente de tabac, d’alcool (carte d’identité)

-smartphones (dépistage tous azimuts)

-cartes d’abonnement des supermarchés, des boutiques (publicités et réductions)

-présentation de carte pour entrer dans un bus (seniors) ou un musée etc pour un tarif réduit

-carte vitale chez le médecin

-code confidentiel de votre ordinateur (la bonne blague)

Présentation du QRCode ?

Bref, la LIBERTÉ que cette troupe majestueuse de 250 000 individus( 07/08/2021) revendique (dont une grande partie est certainement politisée anti Macron, avec sa volonté pointue de piquer l’opinion en la faisant douter de tout), qu’on l’emmène, à la queue leu leu, visiter les hôpitaux, pour vérifier s’il s’agit de simples grippettes ou d’un mal ardent, que ces gens aillent juger par eux-mêmes dans les couloirs des pays qui manquent de tout (à commencer par l’outre-mer, territoires français, ou la Tunisie), que ceux-là nous parlent de charlatanisme, de complotisme, d’atteinte à la Liberté, j’en ris déjà : « ils nous ont amenés dans des salles où l’on soignait des cardiaques, des embolies pulmonaires, des AVC, des pathologies qui n’avaient rien à voir ».diront-ils.(interprétation perso))

Alors, quelle liberté ? Qui l’acquiert et vis-à-vis de qui ?

Ne serait-il pas plus conséquent de lutter contre le changement climatique, la famine qui sévit dans des pays magiques comme Madagascar, Haïti, le Yémen et tant d’autres plutôt que de porter le drapeau d’une liberté qui n’obère en rien nos démocraties et dont, quand en viendra le terme, nous saurons effacer les obligations. Tout pour ma gueule devraient scander ces impatients. On comprendrait mieux le message. Enfin, bis repetita etc. Liberté !

Liberté d’expression, mon vieux Karouge, non ?

08 08 2021

AK

Poupinet

« Poupinet, Poupinet, dépêche-toi, on va être en retard chez le dentiste ! »

La centaine de collégiens qui assistaient à la scène se mirent à rire de ce jeune débarqué en sixième, haut comme trois pommes, un an d’avance scolaire, dont nous ne savions pas grand chose, vu qu’il vivait dans une bulle de bourgeois du Nord venus s’installer dans le bourg aux portes souvent closes, au printemps, soit six mois auparavant, et dont nous avions constaté la présence lorsque la fête patronale mélangeait une grande partie de la population locale.

Cela faisait trois jours qu’en ce mois de septembre humide et chaud nous avions rejoint l’établissement censé faire de nous tous et toutes des adultes éduqués. Si tous les bouseux des environs avaient suivi le même cursus (maternelle, primaire), il n’en était pas de même pour Poupinet, né Jean-Yves Gambinade, d’un père revenu des colonies (on ne savait lesquelles) et d’une mère très élégante, à la silhouette svelte, sans graisse contrairement à nos paysannes nourries au lard de cochon, que la boulangère et le boucher appelaient « madame », car elle fréquentait les édiles du coin, pour ne pas dire qu’elle les avait à l’œil, ainsi que le pensaient les commères en quête de scandales.

Ainsi Jean-Yves sous les appels de sa mère devînt-il le Poupinet de tout le collège.Certaines langues bien pendues disaient qu’il avait fait son école primaire dans les Caraïbes, quand un certain Nino Ferrer était devenu planteur de canne à sucre, d’autres racontaient qu’il était dans une école du Québec où il dormait sous la tente en étudiant le langage des indiens chassés des Appalaches, bref, que du boniment. Il fallait faire courir la légende pour ce gamin petit par la taille mais robuste quand par surprise un autre sixième cherchait à lui tomber dessus (ceux qui mesuraient un mètre soixante dix, en retard scolaire depuis que la vaccination obligatoire pour aller à l’école avait été refusée par leurs parents). Pour entretenir la rumeur quant à sa force morale et physique, certains émirent l’idée que, dans la belle maison aux volets mi-clos, Lou-Mary, la jolie femme de Gustave Gambinade, se permettait d’avril à novembre de rajouter du beurre dans les épinards, plat favori de Poupinet , qu’elle parsemait souvent de petits croûtons de pain aillé et d’un œuf dur tranché en deux. Ils en avaient les moyens, susurraient les vieilles jalouses.

Tous les gamins du coin détestaient les épinards. Plutôt nous faire vacciner que de manger cette herbe-là ! Criaient-ils. Certains menacèrent leurs parents d’aller ratiboiser leur potager, de raser tout ce qui était multicolore (créant dans l’ombre la société secrète des Dalton-niants), sauf la peur (bleue) qu’ils avaient au ventre pour passer à l’acte. Pourtant, Poupinet se retrouva premier dans toutes des matières de sa classe. Les parents des autres élèves commencèrent à croire à des arrangements entre la famille Gambinade et la directrice du collège. L’intégrité de celle-ci ne faisait pour autant aucun doute. Il fallut chercher ailleurs. Et c’est dans un courrier de Education Nationale annonçant que, pour cause de pandémie, tous les enfants et ados du collège (soit 300 élèves) devaient être vaccinés que se leva l’agressive distanciation sociale. Seuls Poupinet et une dizaine d’autres, l’étaient déjà. La rumeur passa donc des arrangements de la famille Gambinade avec la directrice à l’addiction de Poupinet aux épinards, pour enfin trouver la faille : le vaccin. Cette quinzaine de collégiens rétifs trouvèrent dans leur foyer l’argumentaire fantasque qui appuyait leurs doutes. La société secrète des Dalton-niants s’étoffa de quelques nouveaux venus, instrumentalisés par le dégoût des épinards. Dans ce cercle fermé on parlait beaucoup de Poupinet, vacciné au jus d’épinard et pas du tout, selon ce qu’on entendait sur les médias, au messager de l’ARN, qui n’était à leurs yeux qu’un supplétif de Bill Gates et ses nano-injections de puces électroniques visant à détruire le monde et qui laissait deux ans de vie à ceux qui étaient piqués avant de mourir.

AK

4 commentaires sur “irresponsabilité

    • Qu’ils crèvent dans d’atroces souffrances, les membres de la société des Daltons-niants, et qu’ils laissent les honnêtes gens en paix !
      (oups, je me suis laissé aller, là !)
      Merci pour ton joli conte, totalement déconnecté d’une quelconque réalité, et bonne journée, illustre Karouge.

      Aimé par 1 personne

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