Les mardis de la poésie : André de Richaud (1907-1968)

Tiré du site : https://www.wikipoemes.com/poemes/andre-de-richaud/index.php

André de Richaud, est un écrivain et poète français.

(extrait biographie:)

« Il est collégien à Carpentras où il se lie d’amitié à Pierre Seghers, qui sera son éditeur. Etudiant en droit et en philosophie à Aix-en-Provence, il est maître d’internat au lycée Mignet en même temps que Marcel Pagnol. Grâce au conservateur de la bibliothèque Méjeanes qui l’a pris en amitié, il rencontre André Gaillard, poète et fondateur des Cahiers du Sud et Joseph d’Arbaud, écrivain-félibre, directeur de la revue Le Feu. En 1935, il se lie d’amitié à Paris avec Jeanne Lohy et Fernand Léger, chez qui il vivra 14 ans, à Paris et en Normandie.
Il reçoit le Prix Guillaume Apollinaire en 1954 pour Le Droit d’asile. »

La voix du sang

Cet amour dénoué à travers les champs
Ce poignard sanglant dans les rochers
Ce vent mortel traîné par de fausses hirondelles
Voilà ma pauvre vie.
Il faudrait pouvoir traverser le miroir
Pour vous atteindre ô vous qui m’aimez
Mais il y a du sang jusqu’au plus profond de ma jeunesse.

Je suis comme la mer plein de villes flottantes

Je suis comme le ciel peuplé de nuages ennuyés

Ma vie, au fond des ravins

Tremble chaque nuit jusqu’à l’aube

Et moi je rampe tout nu dans un songe de mort.

Bêtes de mon sommeil, regardez-moi qui tombe

Fontaines habitées

Fontaines de mes mains où les dix sources grondent

O collier des forêts !

Colliers d’arbres en fleurs par qui le monde espère

Vous m’étranglez chaque matin

Et chaque soir les bleus de vos ongles mystères

Etouffent l’avenir dont je suis possédé.

Ne pas pouvoir sortir de ce lacis de veines

Et cet étrange piétinement à gauche de ma poitrine

Contre lequel je ne peux rien…

Ô mort regarde fixement cette ligne rouge à mon cou

Chaque nuit des cordes tendues m’entraînent au ciel.

Seules mes mains me guident parmi les planètes

muettes d’étonnement.

Aigles de cristal brûlant sur les cimes

Torches de plumes qui jalonnent ma vie

Sources fumantes dans l’amour qui tombe

Lorsque s’est levé le vent de l’au-delà

Vous êtes ce masque, qui riez quand je saigne

De toutes mes plaies cachées.

Quand je ferme les yeux un monde invisible étincelle

Quand j’ouvre mon cœur une fumée chargée d’oiseaux

Se lève à gauche derrière mon cœur.

O corps aimé qui me cherche sans jamais m’atteindre

et dont le regard d’argent m’étouffe

lacet de songe

et me tirera jusqu’aux abîmes miroitants de la mort.

La neige, la neige, la neige

Tuez-moi de la neige et que ce soit fini.

André de Richaud

A écouter: https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/nuit-michel-piccoli-514-andre-de-richaud-poete-maudit-par-michel-piccoli-1ere-diffusion-01011970

Un livre que je vous recommande vivement (parmi d’autres) : « Le mal de la Terre » (éditions « le temps qu’il fait », mais certainement édité ailleurs)

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