Sur Nougaro, ô ô !
Regarde la ma ville.
Elle s’appelle Marioupol,
Plombée, plombée, c’est une nécropole.
Vivre là-dedans, c’est coton.
Les filles qui ont la peau douce
Se battent pour leur liberté.
Dans les abris, la peur tousse.
Pour y dormir, faut se pousser.
Les gosses jouent, mais le ballon,
C’est un missile pas très rond.
Donne-moi ta main, camarade,
Toi qui viens d’un pays
Où les hommes sont beaux.
Donne-moi ta main, camarade.
J’ai cinq doigts, moi aussi.
On peut le croire, nous sommes égaux.
Regarde là, ma ville.
Elle s’appelle Odessa,
C’était un port, un port loin des combats.
Me tailler d’ici, à quoi bon ?
Pourquoi veux-tu que je me perde
Dans tes cités staliniennes ? A quoi ça sert la guerre?
Je verrais toujours de la merde,
Même dans le bleu de la mer d’Azov
Je dormirais sur des millions de morts
Je reverrais toujours, toujours l’Ukraine.
Donne-moi ta main, camarade,
Toi qui viens d’un pays
Où les hommes sont beaux.
Donne-moi ta main, camarade.
J’ai cinq doigts, moi aussi.
On se doit d’être égaux.
Serre-moi la main, camarade.
Je te dis : « Au revoir ».
Je te dis : « A bientôt ».
Bientôt, bientôt,
On pourra se parler, camarade.
Bientôt, bientôt,
On pourra s’embrasser, camarade.
Bientôt, bientôt,
Les oiseaux, les jardins, les cascades.
Bientôt, bientôt,
Le soleil dansera, camarade.
Bientôt, bientôt,
Je t’attends, je t’attends, camarade.
Quatrième semaine de guerre en Ukraine...
Article « La Presse » (avec l’AFP):
(Washington) Moscou n’utilisera l’arme nucléaire en Ukraine qu’en cas de « menace existentielle » contre la Russie, a déclaré mardi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov sur la chaîne CNN International. (cf article)
Le pays de Gandhi n’en sortira pas grandi !
Je ne sais pas qui au final tirera la queue du chat. Le chat n’en saura rien, il dort sur mes genoux. Tant que ma peau est chaude, tiède, ensuite, coincé dans le deux pièces, une ou deux semaines passeront. Sa faim alors entamera ma chair. Je sais qu’il m’aimait bien de mon vivant, alors, que pourrais-je lui reprocher si j’étais encore vivant, plutôt qu’étendu là , baignant dans le sang sec qu’une semaine entière tache sur le canapé ? Pour tant, je n ‘ai pas l’impression d’être mort depuis que le miroir ne pose plus le reflet de mon visage sur ma gueule. J’ai vieilli, c’est tout. Tous mes amis ont marchandé le temps qu’il leur restait à vivre et certains s’en sont sorti, mais à quel prix ?
J’ai laissé la fenêtre entrouverte. Elle donne sur les toits. Avant, j’y piégeais mon nez pour regarder la ville. J’aimais compter les grues. Celles qui érigent de nouvelles murailles. J’aimais aussi regarder les moineaux friquets picorant les miettes que je balançais dans la gouttière, mais que souvent le chat chassait. Voir la vie devant mes yeux sans tirer la queue du chat, c’était vivre tranquillement sans se préoccuper du reste. Le monde était loin, avec ces plaies ouvertes, de notre quotidien , ici. Pourtant, ce n’est pas mon chat qui aujourd’hui griffe la porte de mon logis. Ce sont les éclats d’obus qui s’impriment dans ma mémoire.
23 03 2022
AK


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