Les mardis de la poésie : Sabine Sicaud (1913-1928)

Poèmes extraits du site : https://www.poetica.fr/

Extrait de la biographie (poética.fr) :

Elle commence à écrire des poèmes en 1919 sur les agendas publicitaires de son grand-père. A l’âge de onze ans elle remporte le second prix au Jasmin d’argent de 1924 pour son poème « Le petit cèpe ». En 1925, elle remporte quatre autres prix, dont le grand prix des Jeux Floraux de France, pour le poème « Matin d’automne », écrit en 1922 quand elle n’avait que neuf ans.

Château de Biron

Sur les chemins nus, plus personne.
Couleur de sanguine pâlie
Un horizon de bois frissonne.
De quelle âpre mélancolie
Nous enveloppe ici l’automne ?

Un gémissement de poulie
Survit seul en haut du puits rond.
La cour d’honneur et le perron
En vain parleraient d’Italie…
Trop de couloirs sombres relient
Aux salles où nos pas résonnent
Des retraits que nous ignorons.
Trop d’ombre se tasse aux chevrons
Le long de frises abolies.

Feu le duc aux « souliers tout ronds »
A rejoint défunt Bragelonne.
Dans les cuisines, plus personne.
Le soir meurt, plein de moucherons.
Vieux château des Gontaut-Biron
Avec quelle mélancolie
Vous regardez venir l’automne…

Sabine Sicaud, Les poèmes de Sabine Sicaud, 1958 (Recueil posthume)

Chemins de l’Ouest

Sabine Sicaud

Pour qui vous a-t-on faits, grands chemins de l’Ouest ?
chemins de liberté que l’on suppose tels
et qui mentez sans doute…

Espaces où surgit le Popocatepelt,
où le noir séquoïa cerne d’étranges routes,
où la faune et la flore ont de si vastes ciels
que l’homme ne sait plus à quel étage vivre.
Chemins de liberté que nous supposons libres.

À travers les Pampas court mon cheval sans bride,
mais la ville géante a ses réseaux de feu,
et les jeunes mortels faits de toutes les races
ont leurs lassos, leurs murs, leur pères et leurs dieux.
Des  » Trois Puntas  » à la mer des Sargasses,
Amériques du Sud, du Nord,
pays des toisons d’or, des mines d’or, de l’or
qui fait l’homme libre et l’esclave,
le Pampero peut-être ignore les entraves
et l’aigle boréal, les pièges du chasseur…
Mais, ô ma liberté, plus chère qu’une soeur,
c’est en moi que tu vis, sereine et sédentaire,
pendant que les chemins font le tour de la terre.

Biographie sur wikipedia.

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