Comme je n’avais aucune envie d’écrire ce soir l’idée a surgi d’écrire pour ceux qui ne me lisent pas. Mes menteries et mes histoires ne troubleront pas leur sommeil et moi je m’endormirai sur les 26 lettres de l’alphabet qui créent dans l’imagination des pages et des mots qu’aucun d’entre eux (ces fainéants) ne savourera. Je conserverai le secret de mes formulations, ne les livrant qu’à ceux qui rêvent encore d’un monde meilleur, ces gens bercés d’illusions qui ne comprennent pas le moindre mot de l’aventure que ma lecture pourtant pourrait faire naître dans leurs yeux fatigués.

Il ne restera plus assez de cailloux pour retrouver mon parcours
Seules les pierres tombales guideront mon chemin vers l’absence
Mais j’aurai vécu ce que peu d’hommes auront conquis
La liberté de vivre, de capter l’air du temps, les saisons amoureuses.
Si toutes sont passées, certaines à l’abandon, c’est vrai,
Je ne regrette ni ma vie ni mon honnêteté à ne jamais trahir
Ni un ami ni un amour ni le moindre des jours. A quoi servirait il
D’abandonner un chien qui connaît le parcours de sa vie ?
24 08 2022
AK

Il me reste pourtant dans les narines l’inconstance du vent
Ce que les vieux incontinents dénomment flatulences
Ils précédent souvent le parfum de leur mort prochaine
En riant de leurs rivières de faux diamants et de leurs rares dents
Ils ont passé les ponts de la misère et les souvenirs d’antan
Ils montent dans des bus qui voyagent au fond des souvenirs
Et leurs cartes postales rédigent dans leurs mains tremblantes
Ce qu’il reste d’un monde qui va vers l’agonie, vers l’agueusie.
Ils ont un chien et de grosses lunettes qui regardent la lune
Puis une fois rentrés chez eux, ils comptent les saisons.
Les vieux sont des clowns, neuf vies et dix huit mains
Rien ne les presse pour cheminer vers le tombeau,
Ni un ami ni un amour ni le moindre nuage ; peut-être leur chien
Si comme eux il se réveille tard ou aboie au fond des bois.
25 08 2022

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