ALPHONSE, PAR LA CONTRE ALLAIS

Suite aux « pings » reçus cet an-ci et que je refuse d’approuver car je ne sais d’où émane la demande, je récidive sur des articles parus dans un site quitté pour désaccords et auxquels je n’ai plus accès. Ainsi soit-il. Ô tempora, ô Maurice!

Construire des villes à la campagne est devenu une réalité. (Henry Monnier serait peut-être l’auteur de cette singulière phrase ), qu’importe, j’aime Alphonse Allais (« j’ai poursuivi mes études sans jamais les rattraper »). Or, nous sommes dans une situation extraordinairement inverse, à croire que les 21 siècles  ne tournent pas dans le même sens que l’horlogerie des écritures romaines qui les définissent (des L, V, M, H ?…). L’heure est venue de réinstaller la campagne dans les villes. Ce à quoi nombre architectes, piverts et autres bobos aux balcons décorés de pots  de terre cuite ( siglés « le chêne vert », Anduze) dans lesquels poussent l’herbe tendre des près lointains se sont fait les mentors, tout en vivant en ville, pour gueuletonner, vernisser la galerie, et trouver au plus court les chemins médiatiques qui les éloigneront de la bouse de vache et de l’arrosage du purin dans les champs .
Un régal. Une sensation de bout du monde dans lequel de multiples éléments se rejoignent : le bruit du vent dans les branches, le claquement d’un volet mal arrimé, parfois une voiture qui passe, des chats qui font tomber un pot, se bagarrent, une pomme qui tombe dans l’herbe, un tapis de feuilles mortes qui se frottent une dernière fois en crissant sous les doigts métalliques du ramasse feuilles, une femme perchée sur l’escabeau, qui cueille des figues, et vous, avec la chanson de Bashung en tête, qui tenez fermement ce présent délicieux qui versera, avec tendresse, vers le délictueux passage des amours d’après-midi.  La campagne, tous les commerces clos, les grands portails ouvragés fermés, le silence, le silence et la rumeur, la rumeur des on-dit, puis les clameurs du stade où se joue un match de rugby, de foot, la campagne dans les tribunes qui hurle à son équipe : nous allons gagner, nous sommes les plus forts !
Une sensation de bout du monde, un sentiment de fin de soi. Puis, avant l’aube, les éboueurs et le bruit d’un tracteur bleu beth ceu. Le champ du merle. Les chatons qu’il faut biberonner (leur mère s’est faite écraser). La campagne…
par AK Pô
15 09 13
Photos s@tie et AK Pô à parcourir ici
http://altpyphot.wordpress.com/2013/09/15/dimanche-a-la-campagne/

3 commentaires sur “ALPHONSE, PAR LA CONTRE ALLAIS

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