Edmond (ô Mam!)

EDMOND

Comme j’étais toute seule toute nue et toute émerveillée de ne pas trouver la nuit au fond de mes chaussettes, je me suis dit : tiens, si j’allais voir Edmond ?

Le Ramadan démarrait et je sais qu’Edmond adore raccommoder ses sept doigts de pieds (3+4 et pouce). La jeunesse ne court plus sur ceux de ma main disait la concierge et en le disant même ensemble c’était pareil, ô Mam.

Tout nus tout seuls et quatre pouces sous le soleil, monsieur et madame Carlotta sur leur terrasse face au sommeil transatlantique en tissu rayé, bronzaient. Lui, nu, blanc et la carotte pointue couleur tutu, elle exhibant sa poitrine ( deux œufs au plat sur l’Univers).

Edmond, je ne te crois pas, et puis tu m’ennuies. Ce que j’aime, ce sont les lumières la nuit, les femmes qui passent et te regardent, te contemplent : blond, miel et safran ; j’aime en toi le ton tranquille de tes hanches et ce dissimulé nordestin , ton mât de cocagne et puis, sais-tu, surtout ce parapluie tout seul debout tout nu et tellement percé (ô Mam), qu’à chaque averse il faut raccommoder, et quand madame Carlotta s’oblige à cuisiner tes deux grelots grêlés, tout fraîchement tombés du septième ciel opaque je suis vraiment jalouse.

Edmond, je ne te crois plus, tout ça c’est du bruit de la rue, ta deff et ta ziquette (3+4 et pouce) ressemblent à ta prime de panier (deux œufs au plat au dîner).

Ah comme j’étais seule, nue et mièvre quand madame Carlotta est venue chez toi. Pour me venger j’ai acheté un grand chien au poil roux qui aboie en plusieurs polyphonies dignes de l’hydre de Lerne, mon Edmond, et qui mordra tes fesses quand je lui sourirai.

Ô Mam, pourquoi loup pas avoir toi mangé ?

Ô Mam, pourquoi loup avoir bistouquette carotte ?

20 01 1996

Poèmes à deux balles (marque Pan pan)

Le pain est plus loin que la misère

Et quand au sacerdoce on milite la mie

L’amour est gageure et la faim légendaire

On roule on roule on roule

On se cabosse et roule ta bille

On s’abîme on s’entre-tue

Le pain a toujours un goût de plomb.

Ange assis sans hostie.

Personne ne me ressemble.

Assis seul sur la place publique

Le soleil me sourit :

Je suis un ange assis

Mes lèvres goûtent les silences

Je n’ai rien qui parle aux autres

Le soleil me nourrit.

Les jours de pluie le vent balaie

Ma peau , je disparaîs à l’horizon.

AK

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