Les motards en couleurs (2)

« Nous avons quitté Paris. Notre Tape-cul avait envie d’aller en Islande. D’aller voir ailleurs, comme dans l’expression « si t’es pas content vas te…». C’était une bonne idée.Alors, nous y sommes allés. En 1980. »

Une moto, quelle que soit son cube, c’est l’aventure avec les éléments extérieurs , sans pare-brise ni essuie-glaces, juste la route, parfois glissante, et des pannes que chacun dans le périple apprend à réparer. Contrôle technique et cambouis. De nos jours, l’électronique a rendu inaccessible la moindre intervention manuelle. Mais dans les champs du possible, on pouvait rater un virage et se remettre en selle. Nous sommes remontés du Béarn jusqu’à Roscoff, et avons pris un bateau qui nous a mené à Cork. La mer d’Irlande était un premier test maritime. Ce port du sud de l’Irlande sentait la désindustrialisation à plein nez. Nous avons repris la route le lendemain, oubliant parfois de rouler à gauche sur les routes étroites, où par ailleurs il n’y avait pas plus de véhicules que de charrettes à bras. Un étrange territoire, quelques montagnes, quelques villages, quelques panneaux indiquant le plus haut pub de l’Irlande, ; les irlandais ne manquent pas d’Eire. Les arrêts nombreux dus à nos fesses en miettes nous plongeaient dans des pubs assez déserts, et les églises alors le dimanche semblaient rassembler une nombreuse population, surtout dans le sud de l’Irlande libre. Bon, on parle de ta petite moto et des deux pingouins qui la chevauchent, pas du pilote. OK. Donc remontée , entre Limerick, Galway, Sligo et la frontière avec l’Ulster. Changement d’ambiance : les pubs pleins de monde, fumées de pipes et de cigarettes, échanges bruyants. À l’extérieur, sacs de sable colmatant les fenêtres des commissariats et tapis berlinois en béton sur la chaussée, pas vraiment la joie du voyageur venu se fondre dans l’atmosphère ambiante… Une ligne existait pour rejoindre la grande île (Larne- Cairnryan), que nous prîmes. Une fois rejoint le sud de l’Écosse, nous passâmes entre Glasgow et Édimbourg, la première étant comme Cork d’aspect et grimpâmes tout au nord, suivant ainsi la boussole que le guidon de Tape-Cul nous indiquait et que mes bras dirigeaient comme un aéronef dans les vents écossais (ce qui ne les empêche en rien de porter le kilt et de cornemuser).

Nous atteignîmes enfin Thurso, tout en haut de la carte. Deux années auparavant nous nous amarrions à Saint John O groats, débarquant des îles Shetlands où nous avions coupé du poisson (églefin) et dépiauté les coquilles saint Jacques. Mais ce coup-ci, on prenait le bateau, un grand bateau qui embarquait notre rêve : l’Islande.

(la suite au prochain numéro gagnant de l’ auto-bio de Pépère K)

25 04 2023

AK

3 commentaires sur “Les motards en couleurs (2)

  1. J’aimerais une fois aller là-bas (et aussi en Ecosse), mais le temps devient pressant et j’ai peur de perdre un jour de chaleur dans le sud… Dilemme entre le temps restant et l’envie latente. En attendant j’attends la suite de ton road trip.

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