Un week-end frenchie dans les Angliscismes
N’exagérons rien, nous les bouseux vivant loin de la capitale, des médias, radios télévisions magazines livrés avec le journal local dans les contrées les plus reculées du pays, mais avouons que parfois ça fait chauffer nos oreilles que ce langage de plus en plus répandu instille jusqu’à Molière(s), commune paisible du Périgord.
Ainsi, il faut ne pas confondre bouse et buzz, éviter de spolier une histoire comme on spoile une story, de même qu’un joueur appuie sur le poussoir au lieu d’un gameur qui écrase le buzzer le premier (first fucker) , et qui, tout content (Ô happiness) lance une punchline au public en hurlant je suis un winner, pas un loser comme les autres concurrents sur ce dance floor offert en prime time devant vos yeux éberlués. Vous pouvez toujours zapper, pour mieux scroller l’émission qui vous plaît. Éventuellement lire un best-seller qui vous coachera vers un autre space, open ou pas dans votre canapé.
Si vous n’avez pas le moral, que vous êtes borderline, on vous trouvera un coach (« cocher », au pas de la Case en Andorre), canne anglaise customisée fournie pour vous booster avant un casting pour C8.
Pas de panique ! Les rues des îles anglo-normandes portent (souvenir perso) des noms français, et nombre villes du « Nouveau Continent » d’autres qui fleurent bon la France bouseuse d’antan (Lourdes, Bayonne, Nice, Marseille(s), Abbeville, Bethune, Orléans, Versailles, Paris…).
Cette novlangue (Langage convenu et rigide destiné à dénaturer la réalité) tarit peu à peu mes sources cognitives, comme les acronymes qui jouent aux devinettes sur nos rapports de compréhension sociale, mais que reste-il au final, sinon d’oublier les mots qui nous ont construits et les symboles simples qui nous désunissent par le vide et l’exclusion.
21 01 2024
AK

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