C’est une guerre sans bombes, sans obus qui percent
Les tympans le mur des maisons, une guerre sans avions
Sans armées en tenue de combat, du moins dehors,
Hors des hôpitaux mais nous, potentielles victimes
Entendons parfois les enfants rire, les oiseaux nidifier,
Pouvons dans le silence écouter pousser les feuilles des arbres
C’est une guerre sans bombes, sans famine, sans exode,
Un truc sans religion, un blob qui envahit la cervelle molle
Des pauvres et des nantis, des colériques et des femmes
Enfermées dans de petits logis, de grands palais, seules,
Face aux brutes imbéciles qui prennent l’argent comptant
De la crédulité pour s’inventer plus forts que la peur
Qui tenaille leurs couilles et fait trembler leurs mains…
Que dire des enfants, indomptables brigands, qui sautent
Mais au menu tirent de tristes mines, des pâtes recuites
Et de cette sauce tomate qui coule comme du sang
Dans leur assiette, que savent-ils des guerres, des vraies
Qui duraient quatre ans et de nos jours des décennies
Qu’en savons-nous nous-mêmes, peuples riches et opulents
Sans vertus ni combats pour nos frères affamés seuls
Détruits sous des pluies sèches de missiles, d’éclats
Si loin des rires, si confinés dans le pire des années durant
Qu’ici nous regardons par l’envers des lorgnettes, loin des affres
Comme des magiciens puérils, égoïstes et voraces, affamés
D’images exotiques, nous nourrissant de la misère du monde
C’est une guerre sans bombes, sans armes surnuméraires
Une démonstration mathématique de notre inanité, un spectacle
Qui aujourd’hui nous regarde en souriant : courage, vivons !
Mais quand cette crise cessera et son aspect funèbre pompera
De nouveau les ardeurs de la Bourse, peu à peu, lentement,
Sur ce vieux chemin de l’arbitraire qui pour les uns est plomb
Pour d’autres d’or, l’alchimie des siècles toujours répercutée
l’Humanité reprendra cette place que briguent tous les dieux
Le droit d’être inexistant mais de régner sur toute la planète.
01 04 2020

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