Tout au bout du monde s’érigeait un grand phare.
Dans l’escalier en colimaçon qui menait aux lentilles de Fresnel
Une femme nue accoucha d’un enfant. Qui était-elle ?
Alors que le vent et les vagues s’acharnaient sur le roc de granite
Nul ne le savait mais Personne lui-même en témoignerait
S’il eut été quelqu’Un, un gardien ou un marin échoué là,
Alors que la tempête battait son plein, l’orage son tonnerre
Et l’enfant nouveau né pourtant ne braillait pas, sans doute
Émerveillé, déjà, par la folle lumière des lampes et des éclairs.
Les vagues claquaient sur les murs ancestraux, rebondissaient
En larges éventails, en fleurs terriblement sauvages, en portes
Que les hommes referment violemment souvent par désespoir
Quand ils comprennent enfin qu’ils ont raté la vie, donc la leur,
Mais il faut qu’un jour cesse pour eux la solitude des pleurs
Ainsi se calmèrent les vagues au lendemain des ouragans, et la mer
A son tour retrouva un calme plus tranquille qu’un lac de montagne
La femme se revêtit d’une chasuble de lin léger, l’enfant d’un lange
Qui sentirait bientôt l’infirmité du monde, et dans cet étroit refuge,
Ce lieu que la tendresse abandonnait comme échouaient les bateaux
La femme nue appela son conjoint, perché là-haut, les yeux bleus éblouis
Les doigts pleins de cambouis, dis-moi, homme de mer, comment
Pourrais-t-on appeler ce petit ? L’homme regarda l’enfant, l’océan,
Calmement, comme un kamikaze ivre de saké survole Pearl Harbour :
Ton prénom sera :
Nénuphar.
AK
26 05 2020
https://www.youtube.com/watch?v=lk-UN3zS_NY

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