Caché derrière l’église, dans un bosquet j’attendais l’aube
Lorsqu’ apparut Aurore vêtue de sa belle robe à fleurs
Nous devions prêter serment à une religion simpliste
A laquelle nous ne comprenions rien, le Jésus, la Vierge
Et par-dessus tout un soi-disant bon Dieu- Allah-Yahweh qui ordonnait
L’ombre la lumière et l’arche de Noélie, ma grand-mère
Qui vacillait toute courbée sur la gazinière, des fourmis
Dans les jambes et dans ses poêles à frire, sa cire catholique
Qu ‘elle allait fondre chaque dimanche dans une grotte sanctifiée.
Aurore, Aurore, viens, je suis là, viens croquer mes baisers
La douceur de mes doigts, laisse moi cueillir dans les fourrés
Les jolies fleurs de ta robe, refusons le diktat des curés-imams
Et embrassons nos jeunes vies qui se moquent des dieux.
Aurore s’approcha, elle m’avait longtemps cherché dit-elle
Elle caressa mes doigts, déboutonna ma chemise de flanelle
Nous jouâmes à saute-cabri et à pilou-pilou, à la bête à deux dos
Jusqu’à ce que du clocher-minaret psalmodient les anges élus,
Que le soleil s’éteigne au sang guerrier du crépuscule, que tinte l’angélus.
On vit alors dans le ciel s’élever deux aubes diaphanes
Légères, fluides, sans hostie ni pain béni, juste deux âmes
Libres montant au firmament, deux fleurs chatoyantes sur la poitrine
Brillantes comme des cœurs coloraient notre juvénile amour.
26 09 2020
AK
Tiens, voilà un vrai attentat festif d’Higelin ! (éloignez les enfants)
Photo d’illustration : Berlin, église du Souvenir.

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