Prenons un arbre au hasard. Cet arbre se trouve être un arbre à horloges. Les gens diront « un arbre à horloges ça n’existe pas ! » Vous aurez beau rétorquer « puisqu’il existe des arbres à pains et des corbeaux à fromages, pourquoi n’y aurait-il pas des arbres à horloges ? », rien ne changera leur jugement. Pourtant, le monde est suffisamment vaste pour que, quelque part,poussent des arbres à horloges, ne serait-ce que dans l’imagination de quelques farfelus. L’important n’est donc pas de prouver leur existence, (même si les médisants qui en voyaient parleraient de clichés truqués), pas plus que de rapporter à la civilisation un arbre d’où pendent des horloges, de peur qu’il n’en meure. L’important est de vivre avec son temps, à l’ombre de son arbre à horloges, et d’harmonieusement vérifier sous le soleil la précision avec laquelle tournoient les aiguilles. Aller de temps en temps à la ville vendre une ou deux horloges, histoire de se mieux nourrir que de caissons de bois et de roues dentées.
Un jour viendra alors où certains, étonnés par la perfection de vos horloges (qui n’est pourtant que naturelle) viendront vous rendre visite et vérifieront de visu l’existence réelle des arbres à horloges. Ceux-là repartiront, après mille excuses, et de retour dans leur civilité respective, tenteront de remettre les pendules à l’heure, celle fournie par les arbres à horloges.Un mouvement se créera, gonflera, explosera aux quatre coins de la planète. Vous serez mort depuis des lustres, mais vous aurez vécu les balbutiements d’une révolution sans équivoque, celle de votre rayonnement.
10 01 1982
AK


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