J’ai laissé aux chiens les os de ma mémoire
Tant ils avaient faim de connaître l’histoire
De l’un d’eux, d’en garder appétit et espoir
Quand, à la nuit tombée, viendraient les chats noirs
Les corbeaux en soutane, tenant leurs encensoirs
Psalmodiant leurs chants et offrant leurs grimoires
Aux imbéciles heureux oubliés des écritoires
Où les renégats et les poètes inscrivent en lettres noires
Le monde, le temps, les filles qui hantent les trottoirs
Avec cette chienne de vie qu’on leur verse en pourboire
Pour cet amour sans cœur qui les rend bonnes poires
J’ai laissé aux chiens les os de ma mémoire
Pour les récompenser, pour qu’ils s’offrent un costard
Quelques verres de vin et un cercueil pour mieux se coucher tard.
23 05 2022
AK

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