Dieu dans de beaux draps?

Dieu

Que cette peau tendre

Est devenue dure à étendre,

Et tous ces draps de lits

Qui flottent au vent

Troués de balles, troués de culs,

Lavez l’affront baissez la tête

Horizon : ronds, mitraille, fric

Dieu

Que cette terre est plate

Une balle entre deux omoplates

Et tous ces draps de lits

Qui écrivent la nuit

Et ces vies qui respirent

Trouées d’étoiles saoules

Dieu

Je te présente ma mort

Elle est belle, n’est-ce pas ?

(Tu es un fin connaisseur d’âme

Le Jean Vilar des portes de la nuit)

Ce soir nous allons aux balles masquées

Ohé ohé, tirer sur les draps percés

Dans le bruit mat des oreillers

Dieu

Si tu passes par chez nous,

oublies de chatouiller tes anges

Même si ça te démange

Le vent ravive au Levant les braises

Durcit nos corps moulés de glaise

Nos peaux tendres devenues pierres

Le vent balaie nos âmes mortes

Et les dernières et belles poussières

Trouées de balles trouées de culs.

(10/2004 remasterisé le 16 05 2021)

AK

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La faim des haricots

La vaisselle alourdissait le déjà pesant évier. De vieilles traites impayées traînaient sur le buffet. Marianne, ce matin-là, se décida au rangement total, quand on frappa à la porte. L’huissier entra, inspecta tout : chambre, séjour, cuisine etc, puis le mobilier, ne cessant de remplir son procès verbal sur un grand carnet relié en peau de crocodile du Mississipi. Une heure plus tard, il quitta le petit appartement…

La serpillière à la main, Marianne se précipita dans l’escalier que l’huissier descendait. Tendant vers l’homme le bras qui tenait le coton épais, elle hurla : « hey, vous l’avez oubliée ! »

11 10 1980

AK

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Rien à voir, mais actuel et pour mémoire. Une analyse de la situation au Proche Orient. Un point de vue que j’ai trouvé intéressant, mais c’est un point de vue

Comment bassiner les lavandières avec un petit arrosoir

Petit sous l’arrosoir de six litres

Assis pleine mer dans la bassine

Quéquette à l’air, notre mère nous lavait.

Depuis mon arrosoir est tout rouillé

Et ce soir je n’ose m’approcher

Du lavoir où discutent les femmes.

Ce n’est pas tant, ce n’est pas temps que ce soir

Je doive abattre le dernier bœuf du village

Car c’est mon lot, c’est la règle ancestrale.

C’est en frôlant de mes oreilles

La discussion de ces toutes belles

Que j’apprends que Martha me veut

Je lui conviens :

« Quand on le frappe il ne dit rien,

Quand on le baise pour sûr il se dresse ! »

Qu’en sait-elle ?

L’arrosoir de six litres d’eau titille l’érection

Désormais lessive liquide au doux parfum de miel

Saurait-elle butiner la fine fleur de mon sexe ?

Assis pleine mer dans la bassine

Le zinc perpétue ses galéjades saponines

Quéquette à l’air ! Lance un poivrot

Tenant fermement son broc de bière en main

On rêve, quand on vit, surtout quand le vit durci

Repasse en mémoire les belles lavandières

Qui battent et rebattent en chantant

Les draps humides sur la pierre froide

Les caleçons les torchons et les amants

Qui les regardent en passant, l’air indifférent,

« Quand on les frappe ils ne disent rien,

Mieux on les baise plus on les dresse »

Et elles riaient ! autour d’elles les papillons

Les lézards et l’eau du ruisseau sur le schiste

Épais coulaient des jours heureux.

Mais il en va des hommes comme des lessives

Noyés dans mille verres d’eau ou las d’être rincés

Par ces chants de sirènes et le son des battoirs

Finissent par, à leur tour, pousser la chansonnette

Dont le refrain s’entend au bar des Amis

Et commence ainsi :

Ma voisine me bassine un peu

N’en faisons pas mystère

Grenouilles de bénitiers

Au fond des baptistères

Lavez nos âmes impies

Nous ferons notre lit

Dans les bras roucoulants

Des lavandières sans maris

AK

10 10 2004 (repris le 13 05 2021)

Bonus :une chronique de Daniel Morin très amusante (et décalée) de ce jour :

https://www.franceinter.fr/emissions/daniel-morin-l-humeur-originale

Les mardis de la poésie : Amable Tastu (1798-1885)

Poème tiré du site : https://www.poesie-francaise.fr/

Biographie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Amable_Tastu

Image dans Infobox.

La mansarde

Le temps ce soir est gros d’orage ;
Déjà, sous cet épais nuage,
Il gronde là-bas faible et sourd :
L’éclair est pâle, le ciel lourd,
Et l’air muet, qu’en vain j’implore,
Au front du prochain monument
Laisse retomber pesamment
Les plis du drapeau tricolore.
Du soir, le vent accoutumé,
Manque à ma poitrine oppressée,
Et cet horizon embrumé
Étouffe jusqu’à ma pensée.
Mais la pluie, à flots épaissis,
Des flancs du nuage qui tonne,
Bondit, sonore et monotone,
Sur le penchant des toits noircis.
Encore un de ces jours sans nombre,
Qui, toujours trop lents à finir,
Flétrissent de leur teinte sombre
Et le présent et l’avenir !
Jours où la pensée inquiète
Tremble d’interroger le sort,
Où, selon les mots du prophète,
L’âme est triste jusqu’à la mort !
Aujourd’hui qui donc se hasarde
A porter les yeux devant soi ?
Peut-être, jeune enfant, c’est toi,
Toi que je vois dans la mansarde
Qui s’ouvre là-bas devant moi ?
Elle est là, riante et proprette ;
Pourtant, du matin jusqu’au soir,
Elle est seule dans sa chambrette ;
Seule ? Non, elle a son miroir ;
Son œil malicieux et noir
S’y porte et reporte sans cesse,
Rit, minaude, boude ou caresse ;
Et pourtant que peut-elle y voir ?
Ses treize ans, au corps mince et frêle,
Aux longs bras chétifs, au col grêle ;
Age sans charme et sans secrets,
Entr’acte vide et sans attraits,
Entre l’enfance et la jeunesse !
Court sommeil du temps qui nous presse,
Moment d’attente ou de regrets,
Qui, semblable à l’heure incertaine,
Où flottent le jour et la nuit,
Fait rêver la grâce lointaine,
De l’âge qui naît ou qui fuit !
Mais la voilà qui se prépare :
Elle ajuste, selon ses vœux,
Les plis du fichu qui la pare,
Et sous ses doigts, lustre et sépare
Les noirs bandeaux de ses cheveux.
Bientôt on dirait qu’elle écoute
Avec un timide embarras,
Ce que dit le miroir sans doute,
Et sa bouche y répond tout bas.
Mais tout-à-coup la scène change ;
Au gré d’un mobile cerveau,
Sous ses mains actives s’arrange
Le thème d’un drame nouveau.
Un lambeau de gaze fanée,
Quelques festons de papier blanc,
Singent, sur sa tête inclinée,
Le voile et l’oranger tremblant ;
Puis, agenouillée elle prie
Avec un maintien solennel :
Plus de doute, elle se marie,
Et le miroir tient lieu d’autel.
Un moment… le jeu dure encore :
De danse une noce a besoin ;
Au bal le roman doit se clore :
Pourvu qu’il n’aille pas plus loin !

Si jeune, et déjà si coquette,
Rêver, lorsque tout le défend,
Amour, mariage , toilette,
Dans la mansarde ?… Pauvre enfant…

Amable Tastu.

Un poème d’Amable Testu mis en musique par Camille Saint Saëns :

Et par ailleurs, un site et un bouquin récent à parcourir : https://leversarepasser.wordpress.com/

Les poèmes de Jacques Hoflack, à suivre !

mon grand-père Lachaise

Le texte qui suit a été écrit pour faire suite à l’initiative de Mil et Une (http://miletune.over-blog.com/-611?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail), dans le cadre d’une participation interactive à son atelier d’écriture. Qu’elle en soit ici remerciée.

Mon grand-père s’appelait Lachaise, comme beaucoup de gens natifs du Morvan. Il avait passé sa jeunesse à Nevers, puis était descendu à Hagetmau, un bled des Landes où il avait fini par se marier au retour de la guerre, petite ville où il connut une légitime prospérité en fabricant des échasses ; puis, avec l’industrialisation de l’après guerre, il se mit à confectionner des chaises, assemblées manuellement par tenons et mortaises. Il en acquit une certaine réputation, qui se répandit dans toute la région. Tous les bourgeois et les baronnets voulurent des chaises Lachaise, y compris les banquiers qui obligèrent leurs convoyeurs à ne se déplacer qu’en Lachaise à porteur lorsque ceux-ci se rendaient apporter les lettres de commandes acceptées et les traites à payer signées chez leurs patrons.

Mais peu à peu, les Lachaise à bras furent remplacés par les chevaux vapeur et, très vite, les affaires de Roland Lachaise périclitèrent. Le progrès grignota toutes ses ambitions, et il eut beau tenter de lancer une mode de chaise percée en forme de fauteuil Chippendale, il était déjà trop tard, on avait inventé l’eau chaude, la porcelaine et la tirette, bref, les toilettes. Et puis, dans ce petit pays, les bergers n’utilisaient plus d’échasses pour garder les troupeaux, et les gemmeurs n’avaient nul besoin de grimper aux arbres pour récolter la résine des pins. Un malheur n’arrivant jamais seul (il est toujours accompagné par un corbeau en soutane), son épouse décéda. Ils n’avaient pas d’enfant, ce qui à cette époque, faisait dire aux gens du cru que les gosses il avait préféré les faire ailleurs, notamment dans les caravanes des ferrailleurs, des presque gitans qui ne savaient même pas jouer de la guitare ni danser le flamenco. C’est pourtant chez eux, selon des témoins, qu’il apportait des bouts de bois pour allumer le feu et raviver les braises quand l’alcool avait rempli son estomac et sa cervelle. Il racontait alors comment fabriquer les chaises Gainsborough, ou Gainsbourg, il ne se souvenait plus du nom exact.

Comme dans ce milieu personne ne connaissait le tempo, l’art de fabriquer le bâton qui devient jambe de bois, ou faire danser à une chaise la valse à quatre pieds, il créa la chaise musicale comme le buon Diou, du côté de la Haute Lande, invite à la lecture de l’enterrement à Sabres, de Bernard Manciet. Ce qui est plaisant, dans le jeu de la chaise musicale, c’est ce côté érotique qui rappelle une esthétique sulfureuse, loin de l’idée de la chaise percée, dont chacun reconnaîtra ici l’obsolescence, sauf les mamies et papis des EHPAD, qui ne peuvent payer leur déliquescent loyer de survie et la facture d’eau courante. Cependant, Roland Lachaise avait apporté un peu de bonheur chez les vieillards, en dotant ses chaises de roues. Et ce fut une révolution. Qui ne dura pas. Les escaliers des maisons de retraite sont durs pour les roues de bicyclette. Ainsi, plusieurs accidents ayant eu lieu, les Lachaise roulantes furent interdites de circulation. On leur permit, mais pas toujours, de simplement circuler dans les allées du parc, mais uniquement les jours de pluie.

En 1958, la concurrence d’après guerre était féroce. L’avènement du tabouret pointait, les canapés et l’osier des fauteuils qui, plus tard, rendrait une actrice célèbre, commençaient à fleurir dans les boutiques d’ameublement. Le père Lachaise allait mourir de sa belle mort, parmi les gitans ferrailleurs qui faisaient comme d’habitude feux de tout bois, sachant que plus le bois est sec mieux il brûle. Le chef de la tribu proposa un soir à Roland de lui construire une petite fusée, propulsée par des mortiers de feux d’artifice, denrée qui ne manquait pas de panache et que l’on trouvait aisément dans toutes les banlieues françaises. Le vieux fit semblant de réfléchir, puis accepta. Cependant, le décollage ne pouvait se passer dans les Landes, car on aurait de suite découvert qui en avait pris l’initiative. On mit donc dans un fourgon la matériel et le père Lachaise, que l’on conduisit durant des heures dans un bled nommé la Chaise-Dieu, en Haute Loire.

Georges Cziffra y avait créé un festival de musique sacrée en 1966. La flûte de Pan s’avérait donc idéale pour le lancement.

Comme on dit sans renâcler, ce qui est dit est fait. Deux gaillards installent Roland Lachaise sur un siège rembourré mais non remboursé par la sécu, le coincent dans une petite fusée qui sent la résine des Landes et le pet de mouton et hop ! On allume les mortiers d’artifice. La fusée s’envole, haut dans le ciel, on ne la voit presque plus. Soudain, le vent se lève (Roland pète-t-il?), tout le monde applaudit : le siège éjectable a super bien fonctionné, mais le parachute ne descend pas, il semble remonter le Rhône, puis la Saône, le tocsin sonne à Macon, puis le vent change de direction, file vers Meaux, vers Paris, et le vieux gigote et a même l’air de s’amuser comme un petit fou. La pollution tiédit le parachute, l’oxygène des hauteurs commence à manquer, et l’homme descend lentement des hautes sphères se dirige sans pouvoir manœuvrer vers un lieu qui l’aimante, un endroit paisible où enfin son nom restera pour l’éternité. Ainsi se termina l’Histoire du Père Lachaise, en plein cœur de Paris. Mais une chaise immense trône comme un hommage bien mérité à Hagetmau…

09 05 2021

AK

Un dimanche entre Afrique, Caraïbes et océan indien!

Avec Manu Dibango

Et Toto Bissainthe

Bon, et pourquoi pas un petit tour dans l’océan indien, avec Danyel Waro (pour la météo de ce dimanche)

Pirouette vous souhaite un bon dimanche !

Un petit biscornu dominical...

Tiens, le soir descend, j’irais bien me baigner dans la Loire. Ah oui, mais c’est un peu loin, et puis à cent kilomètres d’ici il y a l’océan, t’es pas content ?

Mamie, tu sais bien que Papi est un éternel insatisfait. Tais-toi, Juliette, sinon il va s’évader de sa cage mentale. Et la mer noire, c’est loin ? Interroge Papi. Ma mère était noire et je suis toujours resté près d’elle. Elle bossait fort, maman, à Istanbul elle avait son nom sur la façade de son restaurant qui donnait sur la plage. Juliette, fais taire cet oiseau ou je balance la cargaison par la fenêtre. Du sérieux, ma fille, du sérieux. La frontière n’est pas loin, nous avons à portée de main une vie meilleure. Oui maman, d’ailleurs je surveille la caisse noire collée sous les plumes du vieux. Enfin, Juliette, ne dis pas ça, c’est ton grand-père, quand même !

Poème animalier

Peigner la girafe

Tondre la gazelle

Femelle du gazon

Brosser les deux dents

De l’âne de Buridan

Donner sa langue au chat

Et revenir quand elle sera repassée

Par les sept merveilles du monde

Laisser voleter le cousin Moustique

Sa vie est éphémère

Autour des reins de ma belle sœur

Tromper un éléphant

Sur la peau blanche

De ton corps porcelaine

Compter les moutons nacrés

Sur ton corset

Le dimanche

Quand l’araignée au plafond

Recompte ses mailles

Pour attraper les étoiles

Hurler avec les loups

Chienne de vie

Quand les fusils explosent

Dans les banlieues en rage

Et mentir aux mouflons

Devenus chairs à canons

Puis raconter aux bourricots

Que le bât c’est le haut

Que l’air y est plus frais

Plus sain bien qu’effrayant

Et l’âme ensablée du couteau

Un paradis tranchant

Manger du pain béni

C’est bénir la faim

De la vache enragée

Mais ce n’est pas nourrissant

Plutôt lézarder au soleil

En attendant que la Terre tremble

Et que les murs se fendent

Mais cette mouche qui bourdonne

A l’heure de ma sieste

Qu’elle aille en enfer !

05 05 2021

AK

Comment tromper sa femme en toute discrétion

Comment tromper sa femme en toute discrétion ? C’est très simple, à condition d’avoir un jardin, sinon utilisez un paillasson. Voilà : Quand le soir descend et que votre femme se démaquille, attirez un hérisson avec des limaces ou des croquettes pour le chat. Soyez patient. Le hérisson est dur de la feuille et n’écoute que les radios commerciales, raison pour laquelle il ne va jamais rôder près de l’église à l’heure de l’angélus. Mais il est lui-même bruyant, renverse la gamelle du chat, remplit sa panse de croquettes (la sécheresse ne lui offre pas de limaces ni de laitues, ni de douche, mais pour ça le hérisson s’en moque : il pue naturellement et se contente de boire l’eau de pluie qui s’harmonise bien avec les croquettes.

La nuit est maintenant tombée. Votre femme a revêtu sa robe de chambre et regarde la télé. C’est le moment idéal, surtout ne rien rater : le hérisson est sourd comme un pot, et la feuille de salade que vous avez placée dans un piège (en fait, une caisse pour apporter le chat chez le véto), et hop, le goinfre s’y engouffre et clac vous refermez la souricière (il ne connaît pas la différence entre ces outils fabriqués par l’homme que vous êtes : piège, prison, ergastule, fillette, cachot…) Bref, la bête est prise. Mais le plus difficile est de l’endormir pour suivre le dessein que bien égoïstement vous envisagez.

L’animal est désormais encagé, il est en colère et se met en boule (sinon, c’est que vous lui faites peur, ou les deux). Ses arguments ne manquent pas de piquants mais baste ! Trop tard, l’affaire est faite : un Lexomil réduit en poudre sur une limace (une chemise-en argot- maculée de ketchup), et le voici qu’il dévore en grognant ce délicieux mets. Votre épouse grignote de son côté des chips parfum barbecue en zappant sur ces chaînes qui enchaînent la nullité et font s’engouffrer dans l’œsophage des gogos les chips en les invitant à boire des sodas pourris. Bon. De ce point de vue, on vous comprend, mais d’un autre côté on boit du cognac en regardant Arte, pour ne pas perdre notre humanité de vue, celle des voisins d’en-face, qui mangent des chips en regardant des séries sur des plate-formes payantes. Le cul dans le canapé, le replay dans le cannabis, et la pizza aux anchois (American way of life).

Maintenant, un peu de patience. La troisième pause publicitaire arrive. Votre épouse en profite pour aller aux toilettes. Vous en profitez aussi. Hop ! La cage en main vous allez la glisser sous le lit, sous votre place de fainéant. Vers minuit, votre épouse se couche, après le sixième épisode de la série dont on ignore encore et pour longtemps (saison 6?) qui est le coupable. (c’est vous). Vous êtes déjà allongé dans le lit, le réveil est remonté, la sonnerie enclenchée à 11 heures. Il est minuit douze, dehors la lune est ronde comme une paire de fesses : ce sont les fesses de Claire, qui vous attend à l’orée du bois. Sous le lit, le hérisson commence à ronfler. Il ronfle comme l’homme que vous êtes dès que vous vous endormez. Ne dites pas le contraire, de nombreux médecins (qui ont plus passé de temps entre mes deux seins disait Julia) l’ont exprimé sur leurs blogs aux milliers de followers, ces fleurs qui n’ont d’autres parfums que les paradoxes artificiels.

Alors, doucement, en silence, vous vous levez. C’est pleine lune, et vous êtes à l’autre, jusqu’à l’aurore.

Bon, Aurore ou Claire, le tout c’est de savoir quel choix fait le hérisson , salopiot !

Et puis, à onze heures, votre épouse demandera le divorce. Pourquoi ? Eh bien, parce que le hérisson prendra votre place dans le lit, car votre épouse ne supportait plus depuis des années vos poils de barbe hirsute. Tiens, prends-ça, vieux Schnock !

04 05 2021

AK

On n’arrête pas le progrès (sauf au feu rouge), ça fait dix ans que je le dis !

Les lecteurs qui suivent un peu mes chroniques savent que je n’y raconte que des bobards, et ils ont tort. Car ce que je viens d’apprendre (de source indirecte mais tout à fait vérifiable dès lundi prochain), va les stupéfier.

La ville de Pau a été choisie pour tester une nouvelle révolution culturelle. Après l’Internet et le numérique, payables en numéraires, voici la plaque d’immatriculation de voiture communicante, payable en carte SIM somptuaire. Qu’est-ce à dire? Eh bien, voilà:

Tout acheteur d’un véhicule neuf, et ce, quelle que soit la marque, se verra doté (sans option, au départ) d’un interface (style wi-fi) de télécommunication lui permettant de dialoguer avec tout autre conducteur muni d’un semblable appareillage. Il suffira, pour entrer en communication, de regarder puis de taper le numéro de la plaque d’immatriculation du véhicule avec lequel on désire entrer en contact. Je crains qu’ici il ne faille vous donner un exemple, car certains sont un peu longs à la comprenette, ce qui est logique, vu qu’ils ne suivent ni leur époque ni mes chroniques et votent de ce fait à l’extrême ouest du Texas.

Exemple: votre Fiat Panda à 159 euros par mois(*) est immatriculée BA365BA. Devant vous, c’est à dire au feu de l’avenue De Gaulle – Richelieu (vous savez, celui qui est si long et si bien coordonné que forcément les bagnoles stationnent en plein carrefour quand l’autre feu passe au vert), une Lexus noire hybride à 560 euros par mois(*) vous devance, immatriculée AA001AA. Malgré ses vitres fumées, vous distinguez un profil féminin séduisant (vous vous êtes abonné à Meetic, avec option, chez le concessionnaire de voitures, lors de l’achat du véhicule) dans le rétroviseur du concept car qui vous devance (et dénonce votre petitesse sociale). Vous tapez sur le clavier le numéro de la plaque d’immatriculation (ici AA001AA). Un appel avec sonnerie (offerte) se déclenche, directement envoyé vers votre interlocuteur(trice) qui, subjugué(e) par ce nouveau gadget, décroche. Là,vous pouvez au choix:

– draguer

– insulter

-vous défouler

-exprimer votre indignation

– lire à voix haute the Holly Bible (ou ce que vous avez sous la main)

– parler foot, rugby, garden party

-vous faire envoyer paître

– demander un euro pour payer votre demi-litre d’essence, etc.

Les possibilités sont si multiples de créer de nouveaux liens sociaux par le biais de ce nouvel outil que je vous conseille vivement de l’adopter, dès que vous achèterez votre nouvelle voiture. Une nouvelle révolution est en marche. Mieux que Facebook. Vivez en temps réél la circulation de votre sang bouillonnant dans les artères bouchées de la ville en draguant les filles et vous, les filles, fantasmez sur les olibrius qui se pavanent dans des bagnoles à 675 euros par mois(*), n’en sortent que pour pisser, jettent leur mégot sur la tronche des cyclistes et ont tous l’air de VIP derrière leurs lunettes sombres.

De plus, vous pourrez ainsi aisément vous passer de votre Tom tom, qui sera devenu complètement désuet.

Néanmoins, ce nouvel outil est à déconseiller si vous êtes parisien, sauf si vous y exercez le métier de chauffeur de taxi. Raison pour laquelle la ville de Pau a été choisie, m’a dit la source indirecte, car à Pau les taxis n’ont que des plaques tournantes.

-par AK Pô

25 03 11

(*) pour la durée du remboursement, s’adresser au revendeur

un vrai plaisir de 1er mai : baigner la girafe.

A voir (et boire) sans modération !

La banquise et les glaciers fondent, la mer monte, vite!..

Remontons-nous le moral afin de ne pas sombrer !

La fonte des glaces est la principale cause de la montée des eaux. Depuis 1901, le niveau de la mer a augmenté d’environ 20 cm et le rythme s’accélère.La mer augmente désormais de 3,4 mm chaque année6. Alors que la fonte des glaciers de hautes montagnes, d’Antarctique et du Groenland est responsable de la hausse du niveau de la mer, ce n’est pas le cas de la banquise arctique. Sa fonte n’a aucun effet sur la montée des eaux. Le mécanisme est simple à comprendre : ajoutez de l’eau dans un récipient, et le niveau monte. Placez maintenant un glaçon dans un verre d’eau, puis marquez le niveau de l’eau d’un coup de feutre. Cinq minutes plus tard, vous constaterez qu’en vertu du principe d’Archimède, ni la fonte du glaçon, ni celle de l’Arctique n’augmente le niveau de l’eau.

Réf : https://www.lemonde.fr/blog/oceanclimat/2019/04/26/la-fonte-des-glaces-ou-comment-et-pourquoi/

Il nous reste quand même les gelatti al limone de Paolo Conté et les glaces vanille et framboise de Boby Lapointe (quand les terrasses seront accessibles). En attendant, Nino Ferrer remplit l’arche de Noé (ici interprété par Hervé Suhubiette, dont on distingue bien les paroles, ce qui n’est pas le cas des enregistrements d’époque de Nino)

Enfin, pour un 1er mai pluvieux, un fait divers assez insolite :

Des centaines d’oiseaux prennent possession d’une maison en Californie en passant par la cheminée

Oh, et puis je ne m’en lasse pas :

Bon week-end !

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