peur sur la ville

J’ai peur. Ni de la cohue ni des transports en commun

J ‘ai peur que ce silence se réhabitue au bruit, au vacarme

Des rues des avenues et des flux de notre société

Ce soir dans le jardin les merles se tutoyaient

Les pipistrelles balayaient l’air et le vent caressait les branches

Dans ce bruissement qui est un langage entre elles et lui

A la nuit tombée, quand les hommes assoupis devant leurs écrans

Entrent en léthargie, s’approchent les animaux de toute taille

Sortent des taillis les hérissons les renards et ma femme

A qui j’ai promis depuis des mois un festin de roi, mais

J’ai peur. Ni des bruits qui courent, ni de l ‘aspirateur,

Juste que peu à peu le soir dans mes oreilles les merles

Les mésanges et les gentils crapauds finissent taiseux

Et ma femme itou. Enfin, ça, je n’en suis pas si sûr.

 

03 05 2020

AK

 

C’est à cette heure-là que tu rentres!

les petits crobards du dimanche (03/05/2020)

De biens beaux dessins, tous dessinés à la main !

Le portrait dessiné par Chinette a gagné le grand Prix du jour!

 

Un pâtissier à croquer: Luke Vincentini (et un joli Picon mon Amour)

 

 

Ces pâtisseries peuvent s’accompagner d’un Picon mon amour à l’heure du dessert (ou de l’apéro)

1er mai : pas de muguet, alors vive la carotte!

Bon, pour le muguet, c’est râpé! Alors mieux vaut se tourner vers la carotte.

La fin de la campagne de 2019-2020 est marquée par une brusque demande pour la carotte en frais. Cette hausse des demandes a été causée par l’annonce du confinement. La hausse saisonnière des prix a ainsi été amplifiée. (la France Agricole)

 

A la vitesse de l’escargot

Micromégas, mon héros!

En fait, j’en ai un peu/beaucoup marre ! J’ai dit au chat prends un peu ma place, mon imagination est en panne. Il a sauté sur mes genoux, est monté sur la table et a sauté sur le clavier.Voilà le résultat :

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Dans un premier temps, j’ai été surpris, puis quelques minutes plus tard, j’ai compris que mon chat était un véritable génie. Depuis, ses miaulements font date dans les galeries d’art (car il peint également avec ses quatre pattes), dans les salons littéraires dont on extrait maintes de ses palinodies, on le dit savant, découvreur d’un autre espace universel, un mélange de terre et de météorites. Cependant il me coûte une fortune, j’ai du lui acheter un ordinateur rien que pour lui, qui ronronne vingt quatre heures sur vingt quatre, et ses livres sont traduits dans le monde entier, comme celui-ci :

« bbjoauecvbùù_89vbjivfa »

mais seuls ses congénères le lisent, fauchent ses œuvres car ils ignorent ce qu’est une carte bleue, vu qu’ils ne voient la vie qu’en noir et blanc, et en fait lui aussi en a un peu/beaucoup marre, vu que d’habitude je remplis sa gamelle vers neuf heures du matin et qu’avec ce temps difficile que nous traversons je ne me lève qu’à midi…

28 04 2020

(fainéant!)

 

Deux mains loin des doigts

Demain, qui n’en sait pas plus que moi, râle déjà

Une nuit nous sépare et le matin accouche d’un rat

Je ne sais quels couteaux trancheront l’ici le là-bas

J’écoute le muezzin et pasteurise la peste scélérate

Demain peut-être la lèpre sur tes lèvres, le sel gemme brûlant

Des maux disparus qui de nouveau conquièrent le monde

Tes mains, tes baisers qui comme nous ne savons pas

De quelles couleurs laver nos peines et nos miroirs

Je ne sais quels couteaux trancheront nos déveines

Une nuit nous sépare et l’insomnie nous gagne, toi et moi,

Comme de vieux enfants qui jouent dans le grenier

A cache-cache, soulevant les toiles d’araignées des malles

Peut-être les vieux rats dans les livres rongés, les lèvres

De photos et de vies disparues, aux couleurs délavées

Comme des souvenirs remontent, cheminent les mémoires

Demain, qui n’en sait pas plus que moi, râle déjà.

28 04 2020

Un jeu pour le vieux confiné : le détournement de « clandestino » de Manu Chao

détournement de « clandestino » de Manu Chao

Je vais seul avec vos peines
Seule va ma contamination
Courir est mon destin
Pour me moquer de la loi divine
Perdu au cœur des hôpitaux

De la grande Babylone
On me dit le coronavirus
Car je n’ai pas de vaccin

Dans plusieurs villes américaines
J’étais parti terrasser
Des vies je les ai laissées
Entre New York et Frisco
Je suis un trait sur la mer
Fantôme dans la ville
Ma virulence est fulgurante
Disent les autorités

Je vais seul avec vos peines
Seule va ma contamination
Courir est mon destin
Pour me moquer des lois iniques
Perdu au cœur des hommes

De la grande Babylone
On me dit le coronavirus
Car je ne suis pas une arme nucléaire

Covid 19 ? Trump a pris la main
Péruvien virus clandestin
Africain chinois clandestin
Marijuana illégale trop virale

Je vais seul avec vos peines
Seule va ma contamination
Courir est mon destin assassin
Pour me moquer de la loi des humains
Perdus au cœur de la misère
De la grande Babylone
On me dit le coronavirus, le couronné
Car je n’ai pas de pitié, j’avance masqué

Algérien Trump a pris la main sur ton gaz
Nigérian Trump a le KKK pour dégommer les noirs
Bolivien Trump vaporise tes champs de coca
M
ano Negra musique virale, Babylone : alone.

29 04 2020

 

Bien sûr :

MANU CHAO – CLANDESTINO LYRICS & TRADUCTION

La traduction de Clandestino de Manu Chao est disponible en bas de page juste après les paroles originales

Solo voy con mi pena
Sola va mi condena
Correr es mi destino
Para burlar la ley
Perdido en el corazon


De la grande babylon
Me dicen el clandestino
Por no llevar papel

Pa una ciudad del norte
Yo me fui a trabajar
Mi vida la deje
Entre Ceuta y Gibraltar
Soy una raya en el mar
Fantasma en la ciudad
Mi vida va prohibida
Dice la autoridad

Solo voy con mi pena
Sola va mi condena
Correr es mi destino
Para burlar la ley
Perdido en el corazon

De la grande babylon
Me dicen el clandestino
Por no llevar papel

Mano Negra clandestina
Peruano clandestino
Africano clandestino
Marijuana ilegal

Solo voy con mi pena
Sola va mi condena
Correr es mi destino
Para burlar la ley
Perdido en el corazon
De la grande babylon
Me dicen el clandestino
Por no llevar papel


Argelino clandestino
Nigeriano clandestino
Boliviano clandestino
Mano Negra ilegal

 

 

les mardis de la poésie : le temps des cerises (Jean Baptiste Clément)

 

Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur

Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l´on s´en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d´oreilles
Cerises d´amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu´on cueille en rêvant

Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d´amour
Évitez les belles
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des peines d´amour

J´aimerai toujours le temps des cerises

C´est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte
Et Dame Fortune, en m´étant offerte
Ne saura jamais calmer ma douleur
J´aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur

 

https://memoirechante.wordpress.com/2011/04/08/jean-baptiste-clement-le-temps-des-cerises/

Wikipédia :Des années plus tard, en 18822, l’auteur dédia Le Temps des cerises à une infirmière rencontrée lors de la Semaine sanglante : À la vaillante citoyenne Louise, l’ambulancière de la rue Fontaine-au-Roi, le dimanche 28 mai 1871. À la fin des paroles, il explicite cette dédicace :

« Puisque cette chanson a couru les rues, j’ai tenu à la dédier, à titre de souvenir et de sympathie, à une vaillante fille qui, elle aussi, a couru les rues une époque où il fallait un grand dévouement et un fier courage ! Le fait suivant est de ceux qu’on n’oublie jamais : Le dimanche, 28 mai 1871 […] Entre onze heures et midi, nous vîmes venir à nous une jeune fille de vingt à vingt-deux ans qui tenait un panier à la main. […] Malgré notre refus motivé de la garder avec nous, elle insista et ne voulut pas nous quitter. Du reste, cinq minutes plus tard, elle nous était utile. Deux de nos camarades tombaient, frappés, l’un, d’une balle dans l’épaule, l’autre au milieu du front… »

« Nous sûmes seulement qu’elle s’appelait Louise et qu’elle était ouvrière. Naturellement, elle devait être avec les révoltés et les las-de-vivre. Qu’est-elle devenue ? A-t-elle été, avec tant d’autres, fusillée par les Versaillais ? N’était-ce pas à cette héroïne obscure que je devais dédier la chanson la plus populaire de toutes celles que contient ce volume3 ? »

 

 

un écrit sur la nappe

A table

Elle est assise au bout de la table rectangulaire que son mari vient de finir de raboter.

Le bois, un chêne de toute beauté, du moins quand il était sur pied,

Sent encore l’aventure humaine, la sueur de l’homme qui l’a tronçonné. La sève

Pourrait cependant parfumer les mains de la femme qui y pose ses doigts, mais

Par ignorance elle pose ses coudes sur les planches rabotées et jointes

Tenons mortaises rainurages parfaits et tous les arguments du métier quand

Son mari a perdu cinq doigts entre la circulaire, la raboteuse et la scie à ruban

Elle lui dit c’est beau cette table, tu l’as vraiment réussie lui la regarde

On ne pose pas ses coudes sur la table, tu ne le sais donc pas, dit il,

Elle lui répond j’avais oublié que tu étais si tatillon depuis ton accident

Elle se lève et pose sur la table en chêne la plus belle nappe, sa dot de mariage

L’étend et celle-ci prend parfaitement la forme du plateau qui l’ enveloppe

L’homme sourit, à l’autre extrémité de la table, tous les deux assis

Sur la largeur du rectangle, comme s’ils attendaient du monde, des couverts

A rajouter pour des enfants des parents mais ils se tiennent là, face à face

Savent pertinemment que personne viendra s’asseoir à cette belle table

Que durant des journées il a raboté frotté ajusté et ciré quinze fois

Alors il se rend compte que sa femme est belle, que sur les côtés

Viennent s’installer les souvenirs peuplés de gens qui les ont aimés, des rires

Des verres de vin parfois renversés et des chansons entamées au dessert

Elle est assise au bout de la table rectangulaire et elle sait qu’il mentait

Quand il lui répétait je vais travailler dans l’atelier, scier quelques planches,

Elle savait que ce n’était pas une belle table en chêne qu’il entreprenait

Une maîtresse, un fantasme ou un cercueil, voire sa vie désormais sans désir

Juste ce qu’il considérerait, lui, comme la plus belle œuvre de sa vie : sa femme

Assise au bout de la table, vivante, en face de lui, le regardant en souriant.

27 04 2020

AK

un p’tit dernier avant lundi !

Allez, encore un, pour la route:

 

Pasolini d’abord (uccellacci e uccelini), Yün ensuite

Je pense que ce film de Pasolini est assez méconnu, mais on peut le visionner en intégralité sur Youtube. J’ai mis cet extrait qui me marque encore (bien que tout le film soit magique) pour que vous ayez, si vous ne le connaissez pas, un avant goût (à nid d’hirondelle) de l’ensemble. Ce film est génial (1966?).

 

Bien plus récent, mais concernant une prise de conscience « homo ça pionce » sur le monde actuel. Mais les deux mondes décrits risquent fort de n’en devenir qu’un, dès demain.

 

 

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