JR éventre la façade du palazzo Strozzi à Florence !

https://www.sudouest.fr/international/europe/italie/a-florence-l-artiste-de-rue-jr-ouvre-un-musee-a-sa-maniere-1743599.php

Extrait de l’article de Sud-Ouest (source AFP) :

« Alors que les musées italiens sont à nouveau fermés pour cause de pandémie, l’artiste de rue français JR a offert vendredi au public en mal d’œuvres d’art une ouverture de musée à Florence, façon « Street Art ».

« La Ferita » (la blessure), dernière œuvre de l’artiste français JR, est un trompe-l’œil mural monumental en noir et blanc représentant un trou béant creusé dans la façade du Palazzo Strozzi, palais des XVe et XVIe siècles, connu pour ses expositions d’art contemporain.

Au-delà de cette brèche fictive, le spectateur peut apercevoir certaines des œuvres les plus connues de la cité toscane que sont La « Naissance de Vénus » de Botticelli et les corps de marbre tordus du « Viol des Sabines » de Giambologna.

« C’est un message qui arrive à un moment où nous avons besoin d’une ouverture des musées » a déclaré JR vendredi lors du dévoilement de l’œuvre, ajoutant que l’art de rue pouvait apporter un certain soulagement avant « la vraie réouverture des musées ». »

(photo Alberto Pizzoli, AFP)

À Florence, l’artiste de rue JR ouvre un musée, à sa manière

Ça fait du bien !

Main basse sur la pub

J’y suis pour rien !

C’est mercredi , ici, dans le petit pays : le facteur passe généralement vers midi. Alors, par précaution, on fait une première tentative vers 12h15, puis une autre vers 12h45. Des fois les lettres s’envolent mais jamais les publicités que ce pauvre diable sympathique déverse dans notre boîte. A vrai dire, c’est le régal de Josépha, qui les épluche tout en pelant les légumes. Il se trouve dans ces packages de papier des pacages de rêveries alléchantes, des promotions et réductions qui brillent sur les images que d’humbles photographes, pour gagner leur vie, flashent et refourguent pour un bout de pain ou un slip de bain, qui le sait, à des industriels qui les font cataloguer par d’obscurs imprimeurs et les distribuent ensuite, grâce à de petites gens mal payées, dans les boîtes aux lettres ou par la Poste, ex-service public déliquescent.

Aujourd’hui, c’est mercredi. Je tends la clé du Sésame à Josépha. Joël, ce n’est pas le moment, j’épluche les nouvelles du monde sur internet, vas-y, toi !

Je suis assez rétif. Une fois, j’ai trouvé une grosse araignée dans le caisson métallique. Puis les factures, Eau, EDF, assurances multiples, bref moult calamités qui rendent cette caisse maléfique. Cependant, en héros du XXIème siècle, tenant la petite clé à bout de bras, je suis allé tel le preux chevalier Don Quichotte percer l’outrance de cet ennemi : la Pub (et non le Pub, que je fréquente plus que de raison). J’ai tourné la petite clef (sachant que l’ennemi pouvait faire la même chose depuis le trottoir, et sans surprise une cataracte de prospectus m’inonda. J’hésitai à plonger ma main dans cette marée de papiers recyclés, mais, par amour pour Josépha, je fis ce qu’aurait fait le preux chevalier, je moulinais mon bras pour vaincre les fantômes.

Alors que le petit conteneur était presque vide, une main apparut dans l’interstice, cette étrange ouverture où l’on plonge les courriers stéréotypés, les tracts publicitaires, les lettres anonymes et, parfois, les menaces de mort. C’était la main droite du facteur. Celle avec laquelle il nous tend ses recommandés ou ses petits paquets à signer sur une mini tablette. Je connais bien cette main, elle porte une fausse alliance à l’annulaire et une bague à tête de mort au majeur. Notre préposé est un motard. Nous en avons souvent parlé. Mais pour son travail, c’est tricycle électrique. Frustrant, mais comme il le dit faut bien gagner sa vie, même à trente à l’heure !

Sur le trottoir, des traces de sang encore fraîches. La main est coincée, encore tiède. Je file dans le garage chercher une petite meuleuse et découpe l’opercule pour sortir le membre, puis je l’enveloppe dans le pack de publications, noue un torchon (un mouchoir en fait) et crie à Josépha : vite ! Appelle les pompiers, le SAMU, les gendarmes, le facteur a laissé sa main dans la boîte à lettres !

Elle s’exécute, et vient à moi en courant : « le toubib du SAMU dit que c’est une plaisanterie ! «  Je lui prends le téléphone des mains et clic clac j’expédie une photo au médecin incrédule. Réponse : « ce n’est pas une main de facteur, monsieur, elles sont beaucoup plus larges que les orifices des boîtes à lettres standardisées ! Arrêtez votre cinéma, nous n’avons pas que ça à faire ! » et il raccroche. Pendant ce temps la main soubresaute dans la mienne. Elle semble s’impatienter. « Va chercher le calendrier dans le tiroir de la cuisine, Josépha, pas celui des pompiers, celui de la Poste, ne te trompes pas, cela risquerait d’être fatal pour elle. »

Elle revient trente secondes plus tard. La main saisit le carton avec vigueur, le caresse, reprend vie. Ses doigts sont caressants mais la force lui manque et le calendrier tombe à terre. Pour la première fois je vois sa paume. Y est inscrit un message tatoué à l’encre d’imprimerie : « monsieur, vous n’avez pas été généreux l’an dernier, alors rendez à César (c’est le prénom du facteur NDLR) cette main que charitablement je vous tends, en y plaçant un beau billet de banque. »

Tout à coup, la main se replie et se transforme en poing. Je prends peur face à la menace qu’elle paraît augurer. « Josépha, vite, retourne dans la cuisine et allume le four thermostat 7 ! »

Au même instant, sur le côté impair de la rue, je vois César sur son tricycle électrique enfourner courrier, publicités et petits colis comme si de rien n’était. Il me fait la gueule, c’est certain, et pourquoi ? Devinez, l’an dernier je n’ai pas été assez généreux pour ses étrennes, mais bon sang, je ne suis pas Crésus, juste un peu Don Quichotte dans mes élancements. Ah ah, mon gaillard, eh bien ta main elle va finir dans le four et nous dévorerons jusqu’aux os : pouce, phalanges, paume, tarses, métatarses et sa sœur elle battra le beurre, les ongles aux claires lunules nous serviront de cure-dents, non mais !

Josépha a mis la main dans le four, après en avoir ôté la fausse alliance et la bague à tête de mort. A présent elle feuillette les pubs en attendant que le repas soit prêt. Parmi toute cette paperasse étalée sur la table, elle trouve et me tend une lettre qui m’est personnellement adressée. C’est un courrier à en-tête officielle de la gendarmerie. Il m’informe que, suite à de nombreuses incivilités à son encontre, le facteur a déposé une plainte, qui a été enregistrée  sous la forme d’ une main courante.

A table, mon chéri !

C’est délicieux, mon amour !

19 03 2021

AK

« 

Sur la terre, face au ciel, tête en l’air, amoureux,

Y’a des allumettes au fond de tes yeux,

Des pianos à queue dans la boîte aux lettres,

Des pots de yaourt dans la vinaigrette

Et des oubliettes au fond de la cour… 

Comme un vol d’hirondelles échappées de la poubelle des cieux…

petit détournement musical… L’ami Zénéca (sur Boby Lapointe)

Moi je connais un pote il s’appelle Sénèque
C »est son nom Sénèque
Il est vraiment extra, on l’appelle Astra et aussi Zénéca

C’est notre Astra à nous
Bonjour l’ami Astra, et Zénéca, ça va ?
Quand il est à St Trop il vit comme un russe blanc
Il sort de son bateau qui s’appelle Spoutnik
Mais quand il est à Sète il vit comme à St Trop
Toute la nuit il sort c’est comme ça la vie russe
Il fait le tour des boîtes où l’on boit et l’on dose
Y’en a plusieurs à Sète
Il cherche Moderna sa doudou fiancée

A vu Moderna? pas là
A la fin il la trouve il lui dit ce qu’il pense

L’est pas content tu sais

Qu’on parle de lui à la télé tout le temps

Il dit fuyons ces boites de laids qu’ont tchaché

Ah! parce que c’est son mot ça
Parce que lui il dit que ceux
Qui tchatchent dans ces télés ils sont affreux
Et quand ils s’arrêtent de parler
Il dit c’est des cons tout nus qu’on a entendu
Et voilà! ça fait rigoler
Ah la la! Oh bon pas trop
Mais lui il est en colère
Et il dit en grinçant des molières

Non je ne puis souffrir cette lâche méthode

Ah il aime pas
Qu’affectent la plupart de ces vies russes à la mode

II aime pas la mode même piquée des hannetons
Et je ne hais rien tant que les contorsions

Il aime pas les ré-animations ni les élections
De tous ces grands diseurs d’hospitalisation

ll aime pas du tout d’être piqué au vif
Viens viens ma Moderna! Ah viens viens je t’amène

Allez viens on va tester Pfizer
Laisses ces sapajous faire ensemble joujou

lls sentent la seringue, je préfère les meringues,
Toutes leurs flatulences et leurs chants de pythies

Avec leur couvre-feu ils nous feraient mandingues
C’est rien que chicaïas et crottes de biquettes

Ah ça c’est son mot encore
Parce que lui il pense que pour l’amour
Pas besoin d’être vacciné ni de faire des manières

Sur un lit d’hôpital je te tuyauterai, il dit,
Lui tout de suite allez : « Boum Boum »

Car Astra Zénéca te piquera deux fois il répète
Et voilà c’est pas compliqué, juste un petit baiser
Mais Moderna c’est pas ça du tout, elle préfère Pfizer
Alors elle veut pas tout de suite « Boum Boum »

Parce que elle c’est une grande coquette
Et puis d’ailleurs tu vas voir

Mais notre Moderna dit et puis d’abord amène Johnson Dou
Oh non pas lui ni son frère
Au contraire bien souvent elle dit Ah mais non
C’est vrai ça
« Moi j’aime conversation de vie russe plus amène
Amène donc Poutine que je le baise tout doux
Et me traite pas d’ Emile Lyon je rentre pas à Paris
Si tu crois que pour l’ amour y suffit de se confiner
Vas donc chercher l’infirmière qui peut faire ton
bonheur
Pour gagner une guerre il faut faire des manœuvres
Mets du Macron sur ton piège pour attraper mon
cœur »

Eh bien voilà! Tout ça c’est de la diatribe,

Du Biden tout craché…
Elle est comme ça Moderna…
Elle aime avoir beaucoup d’amoureux vaccinés
Qui font « Nanana » des barrières sanitaires
Oh oui mais tout ça c’est bien triste
Et ça donne envie de partir là-bas

Sous les tropiques où seuls les moustiques piquent
« Et chercher sur la terre un endroit écarté
Où d’être homme d’honneur on ait la liberté »
Comme il a dit Astra Zénéca
Seulement voilà y en a pas
Tout le stock est épuisé jusqu’à Pâques
Alors qu’est-ce que tu veux faire?

18 03 2021

AK

Quand le Diable nous emporte, saint pierre se les roule

Album « beggar’s banquet ». Comme je suis un gros plouc qui a oublié les cours d’anglais de sa jeunesse lycéenne, mais rattrapé par les anglicismes qui nous inondent à tout-va, ( la dernière entendue : tu ne vas pas nous en faire une story) , j’ai découvert sur le tard les paroles de ce morceau des Rolling Stones ( dont le nom est à double sens, comme dans le titre des Temptations, papa was a rolling stone, mais c’est une autre story !

Extrait bilingue :

Sympathy For The Devil
(Compassion Pour Le Diable)

Please allow me to introduce myself
S’il vous plait permettez-moi de me présenter
I’m a man of wealth and taste
Je suis un homme de goût et fortuné
I’ve been around for a long long year
Je suis là depuis de longues longues années
Stolen many man’s soul and faith
Et j’ai volé à beaucoup d’hommes leur âme et leur foi
I was around when Jesus Christ
J’étais là quand Jésus Christ
Had His moment of doubt and pain
Eut son moment de doute et de douleur
Made damn sure that Pilate
J’ai sacrément assuré que Ponce Pilate
Washed his hands and sealed His fate
S’en lave les mains et scelle son sort

Pleased to meet you hope you guess my name
Enchanté de vous connaître j’espère que vous devinez mon nom
But what’s puzzling you is the nature of my game
Mais ce qui vous intrigue c’est de comprendre en quoi consiste mon jeu (…/…)

la suite sur le site ci-dessous (il suffit de cliquer dessus)

https://www.lacoccinelle.net/243844-the-rolling-stones-sympathy-for-the-devil.html

Bon, rien à voir, mais ça me tombe dessus, 27 minutes de Chuck Berry à la télé en Belgique (1965)

Les mardis de la poésie : Félix Arvers (1806-1850)

Poème tiré du site : https://www.poesie-francaise.fr/felix-arvers/

La vie

Amis, accueillez-moi, j’arrive dans la vie.
Dépensons l’existence au gré de notre envie :
Vivre, c’est être libre, et pouvoir à loisir
Abandonner son âme à l’attrait du plaisir ;
C’est chanter, s’enivrer des cieux, des bois, de l’onde,
Ou, parmi les tilleuls, suivre une vierge blonde !
— C’est bien là le discours d’un enfant. Écoutez :
Vous avez de l’esprit. — Trop bon. — Et méritez
Qu’un ami plus mûr vienne, en cette circonstance,
D’un utile conseil vous prêter l’assistance.
Il ne faut pas se faire illusion ici ;
Avant d’être poète, et de livrer ainsi
Votre âme à tout le feu de l’ardeur qui l’emporte.
Avez-vous de l’argent ? — Que sais-je ?et que m’importe ?
— Il importe beaucoup ; et c’est précisément
Ce qu’il faut, avant tout, considérer. — Vraiment ?
— S’il fut des jours heureux, où la voix des poètes
Enchaînait à son gré les nations muettes,
Ces jours-là ne sont plus, et depuis bien longtemps :
Est-ce un bien, est-ce un mal, je l’ignore, et n’entends
Que vous prouver un fait, et vous faire comprendre
Que si le monde est tel, tel il faut bien le prendre.
Le poète n’est plus l’enfant des immortels,
A qui l’homme à genoux élevait des autels ;
Ce culte d’un autre âge est perdu dans le nôtre,
Et c’est tout simplement un homme comme un autre.
Si donc vous n’avez rien, travaillez pour avoir ;
Embrassez un état : le tout est de savoir
Choisir, et sans jamais regarder en arrière,
D’un pas ferme et hardi poursuivre sa carrière.
— Et ce monde idéal que je me figurais !
Et ces accents lointains du cor dans les forêts !
Et ce bel avenir, et ces chants d’innocence !
Et ces rêves dorés de mon adolescence !
Et ces lacs, et ces mers, et ces champs émaillés,
Et ces grands peupliers, et ces fleurs ! — Travaillez.
Apprenez donc un peu, jeune homme, à vous connaître :
Vous croyez que l’on n’a que la peine de naître,
Et qu’on est ici-bas pour dormir, se lever,
Passer, les bras croisés, tout le jour à rêver ;
C’est ainsi qu’on se perd, c’est ainsi qu’on végète :
Pauvre, inutile à tous, le monde vous rejette :
Contre la faim, le froid, on lutte, on se débat
Quelque temps, et l’on va mourir sur un grabat.
Ce tableau n’est pas gai, ce discours n’est pas tendre.
C’est vrai ; mais j’ai voulu vous faire bien entendre,
Par amitié pour vous, et dans votre intérêt,
Où votre poésie un jour vous conduirait.

Cet homme avait raison, au fait : j’ai dû me taire.
Je me croyais poète, et me voici notaire.
J’ai suivi ses conseils, et j’ai, sans m’effrayer,
Subi le lourd fardeau d’une charge à payer.
Je dois être content : c’est un très bel office ;
C’est magnifique, à part même le bénéfice.
On a bonne maison, on reçoit les jeudis ;
On a des clercs, qu’on loge en haut, dans un taudis.
Il est vrai que l’état n’est pas fort poétique.
Et rien n’est positif comme l’acte authentique.
Mais il faut pourtant bien se faire une raison,
Et tous ces contes bleus ne sont plus de saison :
Il faut que le notaire, homme d’exactitude,
D’un travail assidu se fasse l’habitude ;
Va, malheureux ! et si quelquefois il advient
Qu’un riant souvenir d’enfance vous revient,
Si vous vous rappelez que la voix des génies
Vous berçait, tout petit, de vagues harmonies ;
Si, poursuivant encor un bonheur qu’il rêva.
L’esprit vers d’autres temps veut se retourner : Va !
Est-ce avec tout cela qu’on mène son affaire ?
N’as-tu pas ce matin un testament à faire ?
Le client est fort mal, et serait en état,
Si tu tardais encor, de mourir intestat.

Mais j’ai trente-deux ans accomplis ; à mon âge
Il faut songer pourtant à se mettre en ménage ;
Il faut faire une fin, tôt ou tard. Dans le temps.
J’y songeais bien aussi, quand j’avais dix-huit ans.
Je voyais chaque nuit, de la voûte étoilée,
Descendre sur ma couche une vierge voilée ;
Je la sentais, craintive, et cédant à mes vœux.
D’un souffle caressant effleurer mes cheveux ;
Et cette vision que j’avais tant rêvée.
Sur la terre, une fois, je l’avais retrouvée.
Oh ! qui me les rendra ces rapides instants,
Et ces illusions d’un amour de vingt ans !
L’automne à la campagne, et ses longues soirées,
Les mères, dans un coin du salon retirées,
Ces regards pleins de feu, ces gestes si connus,
Et ces airs si touchants que j’ai tous retenus ?
Tout à coup une voix d’en haut l’a rappelée :
Cette vie est si triste ! elle s’en est allée ;
Elle a fermé les yeux, sans crainte, sans remords ;
Mais pensent-ils encore à nous ceux qui sont morts ?

Il s’agit bien ici d’un amour platonique !
Me voici marié : ma femme est fille unique ;
Son père est épicier-droguiste retiré,
Et riche, qui plus est : je le trouve à mon gré.
Il n’est correspondant d’aucune académie.
C’est vrai ; mais il est rond, et plein de bonhomie :
Et puis j’aime ma femme, et je crois en effet,
En demandant sa main, avoir sagement fait.
Est-il un sort plus doux, et plus digne d’envie ?
On passe, au coin du feu, tranquillement sa vie :
On boit, on mange, on dort, et l’on voit arriver
Des enfants qu’il faut mettre en nourrice, élever,
Puis établir enfin : puis viennent les années,
Les rides au visage et les couleurs fanées,
Puis les maux, puis la goutte. On vit comme cela
Cinquante ou soixante ans, et puis on meurt. Voilà.

Félix Arvers.

Biographie in Wikipédia (extrait) :

« Il était le fils d’un marchand de vins de la ville de Cézy dans l’Yonne, où résidait sa famille. Étudiant en droit avant de devenir clerc de notaire, il poursuivait pourtant déjà ardemment le désir de se faire écrivain. Cédant un jour radicalement à ce qu’il croyait être sa vocation, il parvint à faire jouer une douzaine de comédies légères, le genre de comédies dont raffolait le public petit-bourgeois de Paris (cf. Octave Feuillet). Ces larges succès lui permirent de mener une existence « de dandy », familier des boulevards et des coulisses des petits théâtres, et il se mit à fréquenter le Cénacle de l’Arsenal, fréquentant notamment Alfred Tattet et Alfred de Musset, dont il semble avoir été très proche. À quarante-quatre ans, il décéda d’une maladie de la moelle épinière[Laquelle ?], pauvre et oublié[réf. nécessaire]. »

États Unis : Elles sont partout, dans nos villes et nos campagnes (pas électorales), les cigales !

Copie de l’article de l’ AFP (lu dans La république des Pyrénées de ce jour)

Bientôt vingt ans qu’elles sont tapies sous terre, à attendre le bon moment pour émerger. Ce n’est pas un film d’horreur ou une légende antique: des milliards de cigales vont bientôt envahir une partie des Etats-Unis, dont la capitale Washington.

Le phénomène est rare et spectaculaire. Tous les 17 ans, ces cigales « périodiques » sortent en masse au grand air pour s’accoupler, pondre… puis mourir.

« On aurait dit de la science-fiction », raconte Melanie Asher, qui habite aujourd’hui à Bethesda, dans la banlieue de Washington, et garde un souvenir très vif de l’invasion de 1987 – elle était alors enfant.

« Le sol était couvert de cigales qui tombaient, raides mortes. C’était vraiment étrange, comme si ça venait d’un autre monde », ajoute-t-elle.

Cette année, les cigales sont attendues en mai, ou peut-être à partir d’avril selon les régions, dans certaines parties d’un vaste territoire s’étendant de Washington à l’est de l’Etat de l’Illinois, en passant par la Géorgie.

Melody Merin a assisté au dernier grand déferlement, en 2004. « Elles volaient tout simplement partout », explique cette résidente de Washington de 46 ans qui travaille dans la communication. En voiture, « elles venaient frapper le pare-brise, on ne pouvait pas conduire les fenêtres ouvertes », poursuit-elle.

A quoi d’autre s’attendre au quotidien, pendant les quelques semaines que durera l’évènement? A des cigales qui viendront par exemple s’emmêler dans vos cheveux, racontent des habitants. Ou à vous habituer – ou pas – au crissement produit par vos chaussures quand elles écraseront les cadavres de « cicadas ».

Peter Peart, lui, évoque surtout leur chant. « Une cacophonie », dit ce retraité de presque 67 ans qui habite le quartier de Columbia Heights, dans la capitale fédérale, et a vécu leur arrivée en 1987— »c’était intense »—et 2004.

« C’est fort, ça n’arrête pas, c’est incessant », affirme-t-il. « Mais on s’y habitue, ça devient un bruit de fond », tempère-t-il, en se disant plutôt « amusé » par tout ce phénomène « incroyable » dont il a hâte, taquin, de voir l’effet sur les personnes ne l’ayant jamais expérimenté.

– Submerger les prédateurs –

« C’est vraiment assez unique », explique John Cooley, qui enseigne au département d’écologie et biologie évolutionnaire à l’université du Connecticut à Hartford. Ces cigales, qui sont inoffensives, « ont tout simplement un cycle de vie de 17 ans ».

Et voici comment se déroule leur existence, à la fois longue quand elles sont sous nos pieds, et éphémère une fois visibles.

« Dès que le sol atteint une certaine température, environ 62 degrés Fahrenheit (presque 17 degrés Celsius, ndlr) par une soirée qui pourrait être un peu humide, mais pas trop pluvieuse, les nymphes vont commencer à sortir de terre puis muer », dit le Dr Cooley.

Ensuite, « elles vont traîner dans la végétation sans faire grand-chose pendant une semaine. Et puis elles vont adopter un comportement adulte ». A savoir se lancer dans une orgie géante.

Car « c’est de cela qu’il s’agit », affirme le Dr Cooley: se reproduire. « Le bruit que vous allez entendre, c’est le mâle qui appelle pour attirer une réponse de la femelle. Une fois que mâle et femelle sont réunis, ils s’accouplent, la femelle pond » et peu après, « ils meurent ».

« Les oeufs vont éclore six à huit semaines plus tard, et le cycle tout entier va se répéter », poursuit-il. Les nymphes vont donc aller s’enterrer et passer les 17 années suivantes à se nourrir de sève prélevée sur des racines.

Il devrait bien y avoir « des milliards, voire des milliers de milliards » de cigales ce printemps, selon le Dr Cooley. Submerger ses prédateurs par le nombre, c’est même la stratégie de survie de cette espèce, explique-t-il.

Car si écureuils, oiseaux, ratons laveurs et chiens vont s’en repaître pendant des jours, ils arriveront à satiété sans que cela ne menace les innombrables cigales restantes.

En attendant, des habitants de la capitale américaine tentent de prendre avec philosophie le fait que l’invasion des « cicadas » se produira avec l’arrivée des beaux jours, qu’ils attendaient encore plus impatiemment que d’habitude après un an d’épidémie et de restrictions sanitaires.

Randonner ou pique-niquer au milieu des insectes pourrait en effet ne pas être très ragoûtant.

« C’est un peu cruel », dit Melody Merin en riant. « Un peu comme si quelqu’un avait un sens de l’humour très tordu, et jouait avec nos émotions! »

Source : AFP

Diables rouges et noirs, charrieurs de mémoire

Aujourd’hui, gamin, cela fait quarante sept ans que je me suis endormi pour ne plus me réveiller. La veille, une de tes sœurs, (tu avais 17 ans et ne vivais plus à la maison) t’a retrouvé et demandé instamment d’être présent à l’anniversaire du père : soixante ans pile poil, né un vendredi treize, comme aujourd’hui. Et je suis mort dans la nuit. Je n’ai pas connu l’élection de Giscard d’Estaing, qui m’aurait certainement fait râler. J’ai râlé avant, comme bon nombre des socialistes d’alors.

Tu sais, j’aurais pu mourir ailleurs, entre les tirailleurs sénégalais et les zouaves, les guerres multiples, coloniales, où j’avais le grade de lieutenant. Les viets et la guerre d’Algérie. Tout a commencé quand je me suis engagé comme enfant de troupe, à seize ans. Puis est venue très vite la bataille des Vosges. La rumeur familiale racontait que je m’étais engagé par dépit amoureux, mais aucun des cinq enfants, dont tu es le plus jeune, jamais ne surent et ne saurons la vraie raison de mon engagement. Il est des choses que l’on garde pour soi et ne se confient pas, même au creux des oreillers. Ainsi, mon fils, je laisse ton imagination ouvrir toutes ces portes, la vie l’amour la mort : ce sont des chemins de traverse où mes pas ont laissé d’indélébiles traces. Le sable, la boue, les rizières, les combats, je n’ai plus envie de te les évoquer, et pourtant dieu sait que le monde n’a pas changé depuis mon décès. Tu me dirais que les militaires de carrière ne sont bons qu’à creuser les tombes de l’Histoire pour y plonger des millions d’innocents. Mais sache qu’au-dessus une autre vision des choses règne, installée dans de confortables fauteuils. Mais cela, tu l’as deviné depuis longtemps. Alors, plutôt que de t ‘ennuyer avec mes histoires tristes, je vais t’en raconter une, bien plus effroyable, que mon père, ton grand-père, nous narrait.

L’hiver, à Paris, était souvent rude, glacial et le vent sans être violent, balayait les rues de son frimas. C’était la nuit de Noël. Mes parents revenaient, cape et manteau sur le dos, de rendre visite à des amis qui avait perduré plus tard que prévu (le divin rejeton était né). La neige tombait à gros flocons. Au loin les cloches de Notre Dame tapaient les douze coups de minuit, et, pour dire la vérité, nous en avions avalé autant avant de rentrer. J’ignore pourquoi, au lieu de franchir le pont à saint Michel, nous fîmes un crochet par le pont Neuf. L’alcool nous jouait sans doute détours. Alors que nous étions au milieu du pont, nous entendîmes un petit miaulement. Puis le miaulement s’accentua. Alors nous vîmes paraître un petit chat affamé, tout noir, dont la neige commençait à recouvrir les poils. Nous nous regardâmes, Lucette et moi, et comprîmes que ce petit chat abandonné ne pouvait rester là, à mourir de faim et de froid. Je le saisis d’un geste et le mis sous ma cape. La nuit était silencieuse, la neige floconnait et le minou ronronnait contre mon flanc. Nous ne vîmes pas la couleur de ses yeux sous la clarté des réverbères, mais quelle importance, nous sauvions un chaton, descendant peut-être de la Commune de Paris, période où les insurgés eux-mêmes mangeaient des rats.

Nous habitions au dernier étage, sous la mansarde d’un petit immeuble de quatre étages sans ascenseur, un lavabo, un réchaud à gaz (de ville) et les toilettes sur le palier. Le charbon pour alimenter notre poêle était livré par un ami auvergnat qui nous aimait bien car nous connaissions le jeune Alexandre Vialatte, un étudiant charmant et très cultivé. Cette nuit-la, le poêle était éteint, il faisait un froid de canard. Sur le réchaud, la soupe attendait Lucette pour se réchauffer. Mais le chat miaula, un miaulement d’affamé tel celui d’un africain (c’est encore une réalité). Elle versa une louche dans une assiette creuse, la posa sur le plancher en disant allez, minou, mange cette bonne soupe !

Alors le chat lui répondit : « j’aime pas la soupe froide ! »

Bon, OK, fils, la soupe, ta vie tes amours et la mort, vois ça avec le chat. A propos, il avait les yeux noirs…

Comme les tiens.

13 03 2021

AK

Les tic et tac de monsieur Cyclopède

Retour aux années 80 avec les mini-séries de Pierre Desproges.

Étonnant, non ?

Billet inspiré par l’article lu ce jour sur le site (excellent) : https://simonu.home.blog/2021/03/13/la-minute/comment-page-1/#comment-3448

Lobotomie

C’était une période étrange. Il faisait un froid de canard quand on a commencé à vacciner les vieux. Bon nombre d’entre eux avaient déjà disparu des hôpitaux et des hospices. Le mot pandémie fit la une de tous les journaux, de toutes les télés. Les labos pharmaceutiques travaillaient sans relâche, sous l’injection de fonds qui les rendraient multimilliardaires s’ils gagnaient la course. Nous étions confinés, prévenus que sans masque nous pouvions attraper le virus, même en lisant Houellebecq les yeux fermés. Ce n’est qu’un an plus tard, quand revinrent les beaux jours, que Yolande et moi, Lucien, pûmes rendre visite à Jacinthe, la mamie de quatre vingt dix ans qui avait donné naissance à ma compagne, à deux décennies de la guerre dont chacun s’évertuait à oublier la réalité des morts inutiles qu’elle avait engendrée, la guerre, pas Jacinthe, bande de lecteurs inattentifs aux tumultes de l’Histoire.

Le printemps bourgeonnait en points noirs sur le nez des pubères, les boutons d’acné fleurissaient sur les faces pouponnes des ados attardés, et il régnait une senteur folâtre d’herbes magiques dans le vaste parc où la vieille séjournait dans son fauteuil roulant équipé d’un podomètre connecté. Yolande et moi sentîmes que quelque chose avait changé. L’espace, le parc et cette quiétude qui accompagne vers la mort paisible étaient semblables à notre précédente venue. L’accueil du personnel nous sembla plus réservé, sans doute par les décès nombreux que la pandémie avait comptabilisée.

Nous trouvâmes Jacinthe au bout d’un long couloir, que nous nous amusions les années précédentes à appeler la piste de bowling, car elle était glissante et que trois ou quatre autres vieilles étaient installées au fond, mais on aurait pu aussi parler de piste de vélodrome, ce qui aurait déclenché un départ précipité des fauteuils roulants et le risque, pour nous d’être interdits de visite. Mais ce jour-là, foin de plaisanterie, Jacinthe ne nous reconnut pas sous nos masques. Une fois ôtés, elle tendit ses vieilles mains ridées, osseuses, squelettiques vers nous. Nous l’acheminâmes vers l’extérieur, sur la terrasse de l’institut. Il faisait beau, les arbres bourgeonnaient comme des boutons d’acné et les oiseaux pépiaient en mâchouillant les graines encore vertes de mouron corse répandues dans le rustique gazon non tondu. Nous nous assîmes en face de la grand-mère. Ses yeux semblaient ailleurs. Son visage portait les traces que l’absence creuse dans les rides de l’oubli. Mais le plus singulier, c’était ce rond qui creusait son front, signe indélébile d’une trépanation. La peau s’était reconstituée mais la couleur différait de sa chair, et bien que ses pommettes soient peu rosées il y avait un décalage certain de teinte, sans parler de ce creux parfaitement rond qui tendait sa peau quand le visage entier était strié de rayures dues à l’âge. Ceci m’intrigua fortement. Je laissai Yolande avec sa mère et me rendis voir le médecin de l’établissement afin de me renseigner sur cette étrange marque. Je ne pus le rencontrer, il était à l’hôpital pour une opération algébrique ou logarithmique, je ne sais plus, bref il était buzy busi et business. Enfin, la secrétaire, (bon, Lucien, ne commences pas à dire qu’elle était jolie, les bien-pensants vont te traiter de machiste) me rassura en me disant que tout allait bien.

En regagnant le banc sur la terrasse, je croisais quelques malades qui avaient tous, me sembla-t-il, le même symptôme facial. Je m’arrêtais devant quelques uns, les saluant, remuant ma main en guise de bonjour, et je me rendis compte qu’ils possédaient cette quiétude un peu mortifère des êtres qui n’en ont plus rien à faire de la vie des boutons d’acné de l’adolescence ou des premiers poils pubiens de la puberté. C’était curieux, ce vide dans leurs yeux pourtant grand ouverts. Cette inertie, quelque part en moi me révoltait. C’était le printemps, les oiseaux pépiaient sur les branches et il faisait grand beau temps. Notre visite donnait encore droit à un petit quart d’heure. Je me relevais et courus dans le bureau du directeur, quelque chose n’était pas clair. Il était seize heures, le personnel prenait son café avant le goûter de seize heures trente des vieux. Je pénétrais facilement le bureau, ouvris quelques tiroirs (dans les tiroirs des mouroirs sommeillent parfois des testaments, des à-valoir). C’est dans un des tiroirs que je découvris la circulaire adressée à tous les hospices, maisons de retraite, EHPAD.

Voici, très résumé, ce qui y était écrit :

Avec la pandémie, les vieux tombent comme des mouches. La mémoire de la Nation part en capilotade. Les jeunes de ce pays n’ont plus aucune conscience de ce qu’est une Nation, ils se perdent dans des repères complètement factices, ont des horizons qui s’arrêtent aux ongles de leurs doigts, aux bourgeons acnéens de leur paraître. Toutes les violences imbéciles et barbares ne reflètent au final que l’extrême solitude de chacun à se révéler par soi-même.

Ainsi, le ministère invite tous les directeurs d’établissements pour vieillards, rescapés de la pandémie à effectuer par une lobotomie faciale l’extirpation de toute la jeunesse vécue par les ancêtres que vous hébergez, donc que vous gérez, afin de rendre à notre Nation l’obligation de conserver une mémoire en voie de déliquescence.

Comment transfuser les uns sans assécher les autres de leur propre mémoire, et pourquoi adjoindre le passé au présent des générations plus que jamais pleines de vie, une nouvelle circulaire vous en informera. 

J’ai fauché le papier et ai regagné la terrasse. Yolande avait déjà installé Jacinthe à la table neuf. Fin de visite. Dans la voiture, j’ai voulu donner le document à ma compagne, mais j’avais du le perdre en route, où ? Je ne m’en souvenais plus, un trou de mémoire. Yolande s’est approchée de moi, a dit : oh, c’est quoi ces boutons sur tes joues, ces points noirs sur ton nez ?

Je n’ai pas répondu, mais je crois bien que ma jeunesse était encore vivace…

11 03 2021

AK

Quelques Brèves de comptoir lues dans la Presse

On passe à table avec le Canard Enchaîné (La Dépêche du Dîner)

extrait :

« Le 9 février, le journal satirique souhaite contacter Marc-Olivier Fogiel à propos du départ « surprise » de Ruth Elkrief de la chaîne d’informations. Absent de son bureau pour déjeuner, le « Palmipède » parvient à joindre un restaurant clandestin où dîne le directeur général.

« Long silence, bruits de frottements… Fogiel semble hésiter à répondre », écrit le journal. Mais contre toute attente, le journaliste décroche. « A l’autre bout du fil, la gêne est palpable, surtout lorsque nous glissons, histoire de détendre l’atmosphère, que cela fait plaisir de voir que les restos ne sont pas fermés pour tout le monde ». »

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Bon, quand on porte un nom pareil, tout est permis ou presque. (Indonésie)

extrait :

« Des juges indonésiens ont condamné mercredi à quatre ans de prison un certain Napoléon Bonaparte dans une affaire de corruption. Ce justiciable indonésien au nom illustre est un policier de haut rang ayant le grade de « général ». Les magistrats du tribunal de Jakarta chargé des affaires de corruption l’ont jugé coupable d’avoir accepté des pots-de-vin de respectivement 370 000 dollars et 200 000 dollars singapouriens (140 000 dollars américains) d’un fugitif, à l’issue de son procès retransmis en ligne. Napoleon Bonaparte avait en contrepartie annulé une « notice rouge » d’Interpol, qui alertait les autorités sur le fait que ce fugitif indonésien, Djoko Soegiarto Tjandra, était recherché pour le détournement de fonds de la Bank Bali. »

Napoléon Bonaparte se carapate

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(suite :)Marc Olivier Fogiel de BFM réplique à la dénonciation du Canard Enchaîné : « c’est pas nous, c’est eux! »

La part des anges.

Extrait :

« Si la plupart des restaurants sont dans l’incapacité d’accueillir des clients en raison de la crise sanitaire, un commerce oloronais a tout de même trouvé le moyen d’afficher complet. Faute de pouvoir recevoir de vraies personnes, les gérants de « La part des anges » ont en effet rempli leurs tables depuis huit jours avec une dizaine d’ours en peluche et de licornes !« 

Caramella et Arrabal attendent que les places se libèrent, au resto « La part des Anges »

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