les babillages de Chinette, les coloriages de Chinou
A quinze heures, une dizaine de gendarmes gantés ont entamé leur tournée de « nettoyage » de chats errants (à la louche, 6 à nous, 5 qui sont affiliés et 3 qui sèment la zizanie -des mâles exclusivement-) dans les maisons alentour -2-. Cela devenait un problème, pour nous aussi (deux emmerdeurs sortis d’on ne sait où mettaient la pagaille dans la minauderie, et une prolifération de plus en plus ingérable) .
Le problème, c’est que deux minettes portent encore les fruits de leurs amours dans le ventre, et que Trompette a accouché de quatre braillards voici maintenant trois semaines. La mairie de notre petit bourg a accepté de prendre en charge les frais (nous ne savons rien de cette démarche, les gendarmes, nos voisins, ayant pris le problème en charge). Mais Chinette et Chinou ont le coeur sensible, et voir un des matous en cage, une minette qui miaule à la recherche de ses petits emmenés (et non emportés) dans un carton, alors que le matin ils galopaient entre nos pieds, avec des miaulements affamés de tendresse, ça fait mal, même si cela peut paraître ridicule, face à la misère du monde. Cependant, la misère du monde ne débute-t’elle pas où notre sensibilité cesse ? A l’heure où l’empathie s’installe dans l’apathie, quand les sentiments au fond des marmites lentement bouillonnent d’ostracisme, de soupes qui ne se partagent pas avec les étrangers, quand la médiocrité des idées devient la réalité des hommes consternés, qu’il est trop tard pour croire en quoi que ce soit, et qu’au final, à la nuit tombée, ce n’est plus Cesaria Evora qu’on écoute, mais Trompette, qui a perdu ses quatre chatons…
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