Les petites pépites de l’INA: Gérard Jugnot 1983

Vous avez le moral dans les chaussettes ? Peut-être pas autant que Gérard Jugnot. En 1983, il était tellement déprimé qu’il avait mis son spleen en musique. Une chanson humoristique qui pourrait bien vous redonner le sourire…

https://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/1983-gerard-jugnot-chante-je-suis-mine

un mauvais souvenir d’enfance

(suite à l’article de John Ibonoco : https://ibonoco.com/2021/01/19/school-harassment/). Qu’il en soit ici remercié !

Gamin, je n’avais pas la force de lutter, vieux je n’en ai plus la capacité. C’est désormais si loin qu’une grande part de mémoire m’a irrémédiablement quittée : j’avais dix ans, élève de CM2. Un mètre quarante sous la toise (?), mais cela aussi je l’ai oublié. Tout ce dont je me souviens c’est que je n’étais pas le plus grand, le plus musclé de la classe, et qu’au grimper à la corde lisse sous le préau j’étais l’un des derniers à y parvenir… Alors, quand nous quittions l’école, deux ou trois costauds qui avaient adoubé leur chef, un grand couillon balourd d’un mètre soixante dix (c’est dire!), entraînaient la troupe de sept ou huit gamins dans un parcours dérivé, un chemin qui ne prenait pas deux minutes supplémentaires sur le trajet de chacun à retourner chez lui. Mais nous devions faire une halte. Une pause, une opération dont notre conscience de fils de petits paysans et d’ouvriers, n’avions pas vraiment conscience. Un rituel de campagnards idiots ( la télévision n’existait que très rarement dans les foyers, l’imbécillité collective était donc moins répandue, la naturelle avait encore pignon sur rue).

Ce petit bourg avait pour bâtiment historique une vieille tour et un semblant de rempart en ruine, au pied duquel régnait une pissotière, avec son muret recouvert de pisse et de mousse puante. C’est là que les bourreaux œuvraient, plusieurs soirs par semaine. Sans procès ils condamnaient et torturaient chacun leur tour trois gamins plus petits, plus fragiles, les déculottant, les maculant d’excréments, riant, les injuriant, les traitant de ce que qu’ils étaient : pauvres et puants, gamins tombés dans ce guet-apens ou entraînés de force, kidnappés sur leur chemin habituel, qui différait du nôtre, comme on peut s’en douter.

A l’école, ils étaient placés au fond de la classe. Ils puaient, c’est vrai, par manque d’hygiène, ou d’absence d’aide sociale (existait-elle?). Ce qu ‘étaient leurs parents, nous n’en savions rien et personne ne s’en souciait. Une famille nombreuse dans une masure, vivant dans une impasse contigüe à un vaste jardin clôturé de murs, à une cinquantaine de mètres de l’appartement que mon père louait pour loger notre famille de cinq enfants, et quand il parlait (exceptionnellement) de cette famille, je me souviens qu’il disait « la famille C. celle qui pue des pieds ? » . Il s’en fichait ; il suffit de ne pas regarder…

Elle avait mon âge, je ne sais si c’était la plus grande, mais elle avait des yeux en amande magnifiques, d’un bleu méditerranéen, un regard qui ne s’oublie pas. Comme plus tard j’en ai rencontré sur les décharges, avec des gamins d’une beauté angélique, qui vous respectaient quand vous versiez vos bennes remplies de matériaux de démolition, gais, enthousiastes et rieurs, tout le contraire de leur quotidien. Mais la règle, qu’elle soit dans les quartiers des métropoles ou des sorties d’école dans la campagne restait la même : tu es avec nous ou tu es contre nous ? Ces pauvres gosses en étaient exclus d’office, bien que leur patronyme soit local et très répandu dans le canton et au-delà.

Il était donc interdit d’en parler à nos parents, imaginez un peu que le père aille faire un esclandre auprès du directeur, que celui-ci sermonne la classe. Après, quand les adultes sont partis, on cherche le coupable de la délation, le traître . Et dans les pissotières on t’attache à ton tour, on baisse ton short, on te menace de te couper le zizi avec un canif, et comme tu as dix ans, tu fais gaffe à la récré. Mais la violence ne va pas au-delà, juste les menaces, ton père est respecté dans le bourg, pas comme ces miséreux qui, comme le font sentir en refusant de les recevoir, les nonnes de l’école privée. Pas chrétiens, ces oiseaux-là, trop désargentée leur famille. Laissons-les chez Jules Ferry et sur les bancs au fond de l’église quand ils viennent à la messe. L’encens purifie un peu leurs miasmes.

Mais en fait, qu’importe tout cela. Ce qui comptait, c’était la torture que subissaient ces gosses dans les latrines infectes, dont nous étions pour certains pas même témoins, juste des gamins tremblants qu’un de ces abrutis plus âgés que nous un jour nous désignât en victime, quand cesserait le jeu d’avec les petits. La cruauté cherche toujours à s’affranchir de ses limites, elle emplit les esprits qu’elle vide de tout sens moral, l’empathie des hommes devient l’âme ultime de l’arme : le crime., l’argument destructeur que génèrent les cris de la victime, qui rend le bourreau maître d’un monde cauchemardesque, quelle qu’en soit l’échelle. Alors, quand plus de cinquante ans plus tard, on voit des enfants soldats, des gosses qui décapitent d’autres gosses devant les caméras propagandistes, on ne se console pas de les savoir drogués, comme on ne peut plus oublier certains souvenirs d’enfance, dans un pays en paix.

22 01 2021

AK

les petits poissons font-ils les grandes rivières?

Si encore j’étais debout

Au bout de moi-même

Je lirais l’horizon

Pêcheur à la ligne

Petit poisson ventru

Je serais ton repas

L’arête pandémique

Je serais le genre humain

Qui gigote dans ta main

Et tu rirais de me savoir

Coincé aussi dans le plomb noir

Cette ligne de crin

Ce bouchon, ces hameçons

Si encore j’étais debout

Au bout de l’horizon

Sur une courbe ronde

D’un seul coup de crayon

Je dessinerai le bonheur

Des petits poissons.

19 01 2021

AK

Rideau !

Au musée Grévin de Paris, Trump déjà mis au rebut

Lu (et photo) dans « la république des Pyrénées », source : AFP

Pas de sursis pour Donald Trump: le musée Grévin de Paris a mis au rebut dès mardi la statue du président américain battu, sans attendre la fin officielle de son mandat et à la veille de l’investiture de son successeur Joe Biden, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le double de cire de Donald Trump a été déboulonné pour rejoindre les réserves de l’institution parisienne, un entrepôt dans un lieu secret en région parisienne, où hibernent les statues d’un millier de personnages historiques ou de personnalités qui ne sont plus dans l’actualité.

« Nous allons garder quelques temps la statue de Donald Trump. Peut-être aurons nous l’occasion de l’utiliser comme monstre pour fêter Halloween! », a confié à l’AFP Yves Delhommeau, directeur du musée Grévin fermé depuis octobre en raison de la crise sanitaire.

Temple du « vrai-semblant », Grévin est soulagé sur un plan technique de se débarrasser du double du président américain battu: « c’était l’enfer! Chaque semaine, on devait retoucher ses narines car les visiteurs se prenaient en photo en lui mettant un doigt dans le nez », a précisé l’un des membres de l’atelier du musée.

Dans le passé, plusieurs statues de personnalités politiques ont été prises pour cible par des visiteurs : en 1980, un mystérieux groupe d’intervention nationaliste a enlevé le double de Georges Marchais retrouvé peu après dans un zoo. En 1993, Jacques Chirac a eu droit au même traitement.

Quelques années auparavant, la statue de Valéry Giscard d’Estaing avait été enlevée par des motards en colère. En juin 2014, une militante ukrainienne des Femen avait poignardé à plusieurs reprises le double de Vladimir Poutine.

Dès l’annonce de la victoire de Joe Biden, l’un des sculpteurs de Grévin, Claus Velte, s’est attelé à la réalisation du double de cire du nouveau président américain qui sera fin prêt dans deux mois.

« Nous espérons rouvrir au plus tôt dès que la situation sanitaire le permettra », a dit le directeur du musée qui n’avait jamais été confronté à une si longue fermeture depuis sa création en 1882.

Habituellement, le musée parisien accueille quelque 700.000 visiteurs chaque année.

Source : AFP

Aucune description de photo disponible.

Viiite !!!

(extrait du journal « le Monde »):

Avant son départ, une ultime liste de grâces présidentielles a été publiée, mardi soir, par la Maison Blanche : « Le président Donald J. Trump gracie 73 personnes et a commué les peines de 70 autres », est-il indiqué dans un communiqué. Ni M. Trump, ni ses enfants ne figurent sur la liste des personnes bénéficiant d’une grâce. L’ancien conseiller du président sortant Steve Bannon, y est toutefois listé. Il a obtenu la clémence du président alors qu’il était accusé d’avoir détourné des fonds prétendument destinés à la construction d’un mur à la frontière Etats-Unis-Mexique. Steve Bannon avait été l’un des artisans de la campagne présidentielle victorieuse de Donald Trump en 2016 avant d’être poussé vers la sortie par le républicain.

Mais pas de grâce pour Julian Assange, créateur de WikiLeaks !

Les mardis de la poésie : Louise labé (1524-1566)

Louise Labé née vers 1524 à Lyon, morte le 25 avril 1566 à Parcieux-en-Dombes où elle fut enterrée,, est une poétesse française surnommée « La Belle Cordière ». Elle fait partie des poètes en activité à Lyon pendant la Renaissance. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_Lab%C3%A9)

(poèmes tirés du site : https://www.poetica.fr/)

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J’ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m’est et trop molle et trop dure.
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure ;
Mon bien s’en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

Louise Labé, Sonnets

Baise m’encor, rebaise-moi et baise

Baise m’encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m’en un de tes plus savoureux,
Donne m’en un de tes plus amoureux :
Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j’apaise,
En t’en donnant dix autres doucereux.
Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,
Jouissons-nous l’un de l’autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m’Amour penser quelque folie :

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement
Si hors de moi ne fais quelque saillie.

Louise Labé, Sonnets

les chansons ringardes et marrantes : ah,Richard Gotainer!

Blue Monday : non, le lundi 18 janvier, n’est pas le jour le plus déprimant de l’année (enfin, on va essayer!)

La Dépêche du Midi (article)

(dessin illustration Tomi Ungerer)

le youki

si froidement je te disais je t’aime

Si froidement je te disais je t’aime

Tu répondrais que tu es le dernier

Le dernier des Mohicans

De ces amants que j’ai tant brisés

et ce serait pure vérité

Sur ta veste en velours côtelé

Seules les mites posent un baiser

Si froidement je te disais qu’hier

Ne ressemblerait plus à demain

Tu aurais sans doute lâché ma main

Toi qui aimait l’hiver tu blanchiras

La neige, le souvenir des trépassés

L’enfance de la gaieté partagée

Le matelas gris sans sommier

L’accordéon qui jouait sur son tabouret

Tout seul, sage comme un enfant

Si froidement je te disais écoute !

Il chante dans mon ventre sans doute

L’amour au fond des oreillers, puis disparaît

Sans la moindre trace d’accouchement.

Pourtant l’enfant est né

Et tu dois pour survivre

Courir autour du monde

Sans jamais oublier, sans omettre

Qu’aujourd’hui comme hier

Je ne t’ai jamais rien dit, sauf

Que ta veste en velours, un jour ou l’autre,

Dans une nuit de poudre blanche,

Serait trouée par un amour perdu.

15 01 2021

AK

Histoire du dimanche (pas très catholique)

La vie est curieuse et les souvenirs en forment la citadelle. C’est ainsi que m’est revenue cette anecdote de ma jeunesse, du temps où j’étais charpentier couvreur. En taillant un chevron ma scie circulaire avait ripé et je m’étais entaillé le doigt, l’auriculaire, celui qui dit fais attention avec ces putains d’outils électriques, bref le doigt qu’on n’entend pas dans le vacarme assourdissant de ces engins de malheur. La blessure était légère, disons une éraflure un peu plus profonde que le froissement d’un chant de sauterelle, ce compas amovible en bois, dans le coincement d’un angle. La plaie saignait et j’y portai mes lèvres.

La vie est curieuse et la religion parfois subversive. Quand je me mis à téter mon doigt, ce n’était pas le goût du sang que mon palais goûta, mais bel et bien celui du vin. Un vin rubis, gouleyant dans ma gorge, qui répandit ses arômes dans tous les tréfonds de mon corps, jusque dans ma cervelle. L’abus de sang est christique, ses interprétations festives. Je buvais mon sang avec ivresse, allant jusqu’à relancer la scie circulaire à mettre en pièces d’autres parties de mon corps, telle une danse sauvage rythmée par le son monocorde du moteur relié au fil branché qui me pendait au cou, lorsque Lucifer coupa le jus et monta en vitesse des enfers jusqu’à moi, qui délirais, braillais des chansons paillardes sur la charpente, mortaises et tenons (« Tiens, v’là mon Léon qui est mortaise, viens Lapinette mes mains sur tes seins sous-tenons, avec mes paumes douces et caleuses, Léon rendra les femmes heureuses ! » -le lecteur peut s’imaginer la teneur du sang qui coulait alors dans mes veines, soit dit en passant-).

La vie est curieuse et quand je la regarde, curieusement le miroir disparaît. Les souvenirs ne reviennent qu’enchevêtrés de nuits, et la citadelle de mes paupières nourrit un temps passé, sec et nu, ou bouillant comme l’huile jetée du haut des meurtrières, pauvres diables grimaçants en dessous sous la douleur d’avoir un jour aimé l’unique chair de nous-même, bu ce sang enivrant dont les vignes en automne chantent l’allégresse et font danser les grappes . Mais à trop attendre, le vin comme le sang finit par tourner vinaigre. Alors naissent les conflits, puis les guerres. A la moindre blessure la peur encourage l’hémorragie, la scie circulaire devient objet revanchard, les bois de charpente se destinent potences, la sève des arbres ne coule plus, de leur écorce pendent des nœuds coulants. La citadelle ré-hausse ses murs, les remparts se hérissent et curieusement la vie s’évade, meurtrie, poussant à bras le corps son désespoir, ses danses sauvageonnes et ses religions mortes.

15 01 2021

AK

La ultima corrida, sangre nuestra.

S’il n’est pas très tard c’est qu’il est encore tôt

Dans ce lit et ce froid à couper au couteau

Tu partiras demain, j’en ai les doigts qui tremblent

Et mes coups de ciseaux sur ta peau, cabroncito,

A la craie espagnole toi mon toréador

A l’aube tu iras charmer le taureau et faire luire l’étoile

Les rayons du soleil dans l’arène

Les banderilles étincelantes les juments

Caparaçonnées et le peuple t’ovationneront

Quand sur le sable l’animal énorme roulera

Dans son sang. Ou le tien. Sans doute,

Avant de mourir, l’un parlera à l’autre.

L’un dira je ne sais pas pourquoi je te tue

L’autre répondra je ne le sais pas non plus.

L’aube se lève à peine et l’homme approche

Avec des gestes lents regarde l’animal

Les vents de la Camargue et ceux de l’Alentejo

Soufflent et bruissent, rougis de sang paisible

La bête broute, ne sent battre que son présent

Et l’homme qui la surveille la scrute,

Déroule son tapis carmin, joue, danse en silence,

Les taureaux se repaissent des herbes tendres,

Salées de Camargue, parfumées de l’Alentejo,

Ils voient bien cet enfant au fond de la prairie

Mais ils n’en prennent garde : ils paissent.

Lui n’est plus un gamin, c’est devenu un homme,

Sa femme lui taille jusqu’à minuit

Un habit de lumière, le chapelier une montera.

Demain matin, le prêtre bénira les chevaux

L’homme sous le regard oublieux de la vierge

L’un dira je ne sais pas pourquoi je te tue

L’autre répondra je ne le sais pas non plus.

12 01 2021

AK

Les lectures au temps du couvre-feu : Sera-t-il bientôt très risqué d’avoir 39 ans en Afghanistan ?

Dépêche de l’AFP:

Les autorités afghanes ont décidé de retirer de la circulation les plaques d’immatriculation de véhicules contenant le nombre « 39 », depuis longtemps associé dans le pays au proxénétisme et à la prostitution.

Le vice-président Amrullah Saleh a annoncé qu’un décret en ce sens serait pris cette semaine, pour mettre fin à ce qui était devenu une source tentante de corruption pour l’administration afghane.

« Le nombre (39) sera retiré du système de circulation. Il se dit que les gens paient 300 dollars (246 euros) de bakchich pour éviter ce nombre », a-t-il expliqué sur son compte Facebook.

Les malheureux conducteurs de véhicules dont la plaque d’immatriculation contient un « 39 », devenu quasi-synonyme de proxénète dans ce pays musulman, sont régulièrement soumis aux insultes et railleries.

L’origine exacte du sens s’est perdue au fil du temps. Mais certains disent que « 39 » était le surnom d’un souteneur fameux de la ville d’Hérat (ouest), qui le tirait du numéro de sa plaque d’immatriculation.

Pour éviter que leur plaque ne comporte ce nombre, nombre d’acheteurs de nouvelles voitures acceptent de payer les fonctionnaires peu scrupuleux.

Au service des titres de circulation, « ils vous demandent si vous voulez le nombre 39 au pas. Si vous dîtes non, ils vous demandent de leur graisser la patte », a expliqué à l’AFP Hakim, un marchand de voitures de Kaboul.

Selon lui, personne n’acceptera d’acheter une voiture d’occasion avec ces chiffres, car c’est considéré comme « honteux ».

« L’an passé, j’ai dû vendre deux voitures pour presque la moitié de leur prix, car elles avaient 39 sur leur plaque d’immatriculation », a-t-il ajouté.

L’infamie liée au « 39 » ne se limite même plus aux véhicules. Des Afghans peuvent aussi être moqués parce que le nombre figure dans leur numéro de téléphone ou leur adresse.

Source : AFP

C’est pas compliqué (qu’il disait) mais…

Ce n’est pas compliqué : il faut juste que traîne la rumeur du silence. Alors se mettent à chuinter les mots, se propagent les idées et les envies de corsages remplis de seins et de parfums à peine musqués de sueur féminine. Puis l’écriture chemine vers le cœur et les premières lignes sentent les corps, le sang divin, comme s’élèvent les chœurs païens dans la braguette des insurgés. La liberté offre son sein au peuple et le peuple, c’est l’oiseau qui trouve enfin son nid dans l’entremichon céleste : la poésie.

Alors, en viking andalou, tes doigts tremblent. Joueras-tu de la hache ou de la guitare, quelles seront tes rimes arrimées, arythmiques, tes mimiques et tes songes loin de ces nuits d’été ? Quelles fées enchanteresses croiseras-tu dans les flots de tes cris écumants ? La bave de ces mots sur tes joues rosies de givre, Colombine, ou homme qui rit à la plaie hugolienne, quel avenir pour quelques maux et quels silences pour la trêve, juste avant la déflagration de nos expirations carbonées. Qui sait ce qui attend la phrase essentielle, l’ultime écrit, quand juste devant lui surgit : le point final.

C’est alors que le poète rit. Ce n’est pas compliqué : il faut juste que traîne la rumeur du silence. Alors se mettent les fées aux entrechats, aux sauts de puces, fées qui vous prennent la main, vous, homme décompté de l’Humanité, vous invitent à danser, vous inclinent à bercer vingt six lettres d’un alphabet dans des milliers de lits épistolaires, vous qui n’êtes qu’émois dans le sortilège du moi, dans les saisons obscures et lumineuses qui conduisent au tombeau des charrettes de manuscrits idiots, papiers noircis et ancres accrochées sur les récifs immobiles que charrient chaque jour les marées de critiques, et tu ris de te savoir perdu dans ce monde enfin tien, parce que simplement ce n’est pas compliqué : il faut juste que traîne la rumeur du plaisir. Ce parfum à peine musqué de sueur féminine. Ta plume, en viking andalou, tu la sortiras de nouveau de ton cul, et ton anus en encrier servile et odorant sur les cordes sensibles d’un amant andalou dans la nuit des îles Féroë, qu’enchanteront le silence, les idées et les envies de corsages bourdonnant de seins, empliront les corsaires de corps à l’abordage, avant la déflagration des canons qui n’ont qu’une ambition : nous faire taire et sombrer dans la solitude des tours d’ivoire, des paradis perdus depuis toujours.

12 01 2021

AK

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