Vos gueules, les moites!

J’ai écrit ce texte suite au visionnage d’un reportage d’Arte sur le plus grand bordel (planétaire?) du Bengladesh, que l’on peut visionner en replay.

Le chocolat fondait dans la bouche des enfants
Curieusement leurs corps était tout noir, percé
De pépites, de caramels et de choses qui ressemblaient
Quand la vie existait encore, à ces grains de raisin
Pleins de sucre que l’on suce dans les favelas, les bidonvilles
Tout en regardant courir l’enfance à jamais perdue
Au milieu du trottoir, ce miroir brisé par tant de malheurs
Toute cette vie qu’on a devant, la morsure des dents
Qui accrochent les sourires de ceux qui vont mourir.

Le chocolat fondait dans la bouche des enfants
Curieusement leurs corps fixaient de leurs yeux noirs
L’horizon qui dessinait des vagues bleues sur leurs blessures
Pépites d’émeraudes et de saphirs dans l’œil des prostituées
Du sucre et des raisins pour les hommes sucés
Royaumes encalminés de ports mal fréquentés
La vie avait appris la souffrance, oublié l’émotion
Au milieu du trottoir les ivrognes riaient, insensibles
Aux vies calamiteuses qu’eux-mêmes poursuivaient.

Le chocolat fondait dans la bouche des enfants
Curieusement leur corps était tout noir, percé
De balles collatérales, de caramels métisses, de raisons
D’en finir dans ce combat idiot de venger la misère
Pour en générer d’autres sous les diktats éphémères
Les émeraudes et les saphirs étaient l’arme terrible
Que leur misère et leur jeunesse plantaient sur la mort,
Il fallait en finir, définir un avenir qui cesserait de mourir
Alors l’enfance créa plein de ces pistes ignorées des adultes.

12 08 2022
AK

La bande dessinée, pépé !

Cette nuit, j’ai eu peur. Non des gens qui m’aiment bien ni de ceux qui me détestent. J’ai eu peur de survivre sur une planète dévastée. Du coup,avec Lucien on est allé boire quelques bandes dessinées au café du coin, chez Ginette. Au comptoir, les trois zombis habituels, les yeux ouverts sur la perspective de ses fesses arrondies. De les voir ainsi la zyeuter,je me suis demandé quels genres de bandes dessinées ils regardaient, jeunes et pas encore poivrots. Sans doute des mangas. Bon, je les laisse à leurs lectures. Je déteste les mangas.

Ce matin, j’ai les idées noires : je viens d’apprendre la mort de Sempé. Comme tout le monde en parle, je me tais, sur l’oreiller. Je vais donc évoquer Franquin(1924-1997), histoire de brouiller les pistes. Ginette a déposé un bon petit déjeuner sur la table de chevet. Avec son art de jouer avec les mots, elle m’a glissé à l’oreille « c’est pour que tu bandes, mon Destiné ». En effet, le café était fort, et noire comme une idée d’André .

A midi, la canicule m’a saisie à l’improviste. J’ai du laisser le réfrigérateur ouvert pendant vingt minutes pour me rafraîchir les idées et le corps avant que celui-ci se mette à fondre abondamment . Ginette m’aurait confondu avec un lapin et hop, dans le faitout le vieux fondu. Heureusement Lucien est arrivé. Il avait l’air triste : « il paraît que Sempé est mort » m’a-t-il dit ; une nouvelle qui sentait au moins cent pets de lapin, vu que toutes les radios et télévisions du monde en avaient déjà causé. « Tiens, Lucien, on va le mettre en bière ton Sempé et trinquer à sa santé. Il doit faire chaud au Purgatoire cet an-ci si Goscinny y loge encore. »

«  Au fait, tu as des nouvelles de Franquin ? »

« Aucune, m’a répondu Lucien. Et puis, je déteste les gosses qui lisent les mangas en buvant des fantas. J’en sais quelque chose : je les ai vus dans une auberge de jeunesse, déjà obèses, à Tokyo, affalés avant huit heures du mat sur de petits canapés, en train de se gaver de pop corn en lisant ces petits magazines. Depuis, je ne supporte plus, ça me file des idées noires idéologiques. »

« Bon, comment va Manara, il bande-dessine encore ? »

« Faut croire que oui, mon pote ! Et Ginette,elle te prend toujours pour un lapin? »

« C’est fini, tout ça, mon Lucien ! Elle s’est acheté un concombre masqué chez Mandryka et répand son écho dans la savane. Et bien d’autres aventures encore, sais-tu ! »

« Eh oui, un corbillard peut en cacher plein d’ autres !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Franquin

Hommage rapide et succint !

Paresse caniculaire

12 08 2022

AK

Les mardis de la poésie : Jean Claude Vannier (1943-…)

DIVAS DIVINES
Paroles et musique : Jean-Claude Vannier
© 1975 Première Music Group

J’aime les actrices
Et je les bisse
Quand elles se mettent toute nues
Et qu’elles fleurissent
Les synopsis
Les écrans sans r’tenue

J’aime les p’tites miss
Sans artifices
Qu’on filme devêtues
Et qui tapissent
Du gay Pariss

Les colonnes Morris

***
(Refrain)

Divas divines
Madones des travellings
Rangez vos zib’lines
Rangez vos zib’lines
Dans la naphtaline.
Erotiques héroïnes
Saintes du streaking
Vous dilatez ma rétine
Vous dilatez ma rétine
Bien mieux que la cocaïne

***
J’aime les starlettes

Qui ont comme toilette
Juste la peau sur les os

Quand elles allaitent
De beaux athlètes
Et des cœurs d’artichaut

J’aime les vedettes
Qu’ont pas d’layette
Qui s’moquent du scénario
Pas de voilette
Entre Juliette
Et ses Roméos
***
Refrain

***

J’aime les artistes
Celles qui nudistent
Les fauteuils d’épiderme

Pas ces modistes
qui vous attristent
Jusqu’au moindre Western

Julie Anna et Ursula
Jacqu’line Brigitte et Jane Antonella
N’vous couvrez pas
D’vant l’caméraman

***
Refrain

***

Divas divines
Madones des travellings
Vous dilatez ma rétine
Vous dilatez ma rétine
Bien mieux que la cocaïne.

(extrait film : le Fanfaron de Dino Risi)

Sur Jean Claude Vannier :

Wikipedia (extrait) : Musicien autodidacte, il apprend les rudiments de l’orchestration en potassant un « Que sais-je ? » à l’époque où il est encore ingénieur du son, notamment pour des musiciens arabes : l’influence de leur musique est déterminante dans son écriture des arrangements de cordes

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Vannier

(Sète)

On ne sait rien de ce mouchoir brodé qu’un jour j’ai trouvé sur la plage de La Panne (Belgique)

Notre magazine télé vient de passer la clôture du jardin, aidé par un coup de vent violent d’une Major hollywoodi-bollorienne. En ce même temps un enfant sur la plage d’Ostende vient de se faire emporter par le ballon de baudruche qu’il tenait en main. On cherche le ballon pour retrouver l’enfant. Des témoins ont déclaré qu’en fait un tel gamin, soi- disant un petit goinfre mangeur de boulets liégeois, de frites cuites deux fois, de lacments et de sirop de Liège n’aurait jamais pu s’envoler dans le ciel flamand. Il devrait donc s’agir d’un autre enfant, genre flamand à fesses roses.

On ne sait rien. On ne sait rien de ce mouchoir brodé qu’un jour j’ai trouvé sur la plage de La Panne, un petit truc blanc à demi ensablé qui dépassait et semblait me crier au secours, s’il vous plaît, mes larmes et mon amour sont dans ce coton et ses jours de dentelles.Prenez-le avec vous, qu’importe la suite, avant que ne l’emporte le vent du Nord et la brise marine.

Quelle histoire peut-on écrire avec un mouchoir ?

Par exemple celle de ce marin tombé du bateau arrimé au port, à Anvers, alors qu’il éternuait bruyamment pour la huitième (prononcer hou-itième) fois. Il sortit le mouchoir de sa vareuse, mais celui-ci fut emporté par un grain de folie subit. Certes il était enrhumé, mais surtout complètement saoul d’avoir abusé de rhum. Le morceau de tissu s’envola jusqu’à la plage, où il raconta à qui voulait l’entendre qu’il vaut mieux boire des canons de Jupiler, qui font au bout du compte le même effet foudroyant que les éclairs de Jupiter.

Tout comme l’histoire de ce mouchoir qui faisait les poches de celui qui par mégarde l’avait enfourné dans son pantalon. Malgré son air timide, ce tissu pâle et fragile en fait était un sacré gredin. Ce tire-jus en effet était un mouchard travaillant pour la police des plages, celle qui contrôle la vitesse des chars à voile et la conformité des cerfs-volants, dressant des procès verbaux envoyés au bureau de l’UE à Bruxelles (autant dire dans les choux si le contrevenant avait payé l’amende sur place). On le retrouva un matin, entre deux châteaux de sable décrépits, percé de petits jours périphériques à l’aspect misérable.

Je ne parlerai pas ici de cette mouche noire que ma maîtresse avait peinte sur sa joue gauche et que je tentai de dissoudre en rapprochant mes lèvres aux siennes, tenant dans ma main cette soierie de bagatelle ramassée sur la plage de La Panne, d’autant qu’un peu plus tard j’en découvris une autre, tatouée sur son sein droit.

Quant à l’enfant qui s’était envolé avec son ballon de baudruche, je l’ai vu passer dans mon petit pays ; il riait. Mais il avait sacrément maigri, sans lacments. Les vallons d’ici aiment bien les wallons de là-bas. En automne des chasseurs tirent sur les palombes et les ballons rouges pour que les enfants perdus redescendent indemnes sur terre. Et ça, Bolloré s’en fout.

06 08 2022

AK

Le lion, l’ours et plus tard le dragon ?

Hier, j’ai mangé du lion, en fait j’ai dévoré l’a-part du lion.Mais pas n’importe lequel : celui de mon signe zodiacal. Un délice de Capoue. Mes molaires étaient certes plus usées que les moraines qui descendent des montagnes, charriées par de joyeux torrents que l’on nomme ici le rire des cascades. Tenez, cela ne prouve rien, mais hier encore j’ai tenté d’enfoncer un clou dans un mur, et le mur est tombé. J’ai regardé le clou ; sur le cylindre en acier était gravé 1989, date de fabrication.Sur la tête, celle qui prend les coups de marteau,date de changement du modèle : 2022. Un papier était contenu dans la boîte à clous : « passé cette date, nos clous seront dotés de missiles à (longue) portée de bras et la faucille et le marteau ne seront plus nécessaires pour percer de quelconques murs. La technologie se fera par un nouveau concept : la dissuasion nucléaire.

Bon. J’ai pensé en acheter quelques milliers, de ces clous, pour faire fortune, pas pour combattre l’ours. Un lion ne vit pas dans une datcha . Il lui faut la savane, la sieste l’après-midi, et le vaste périmètre onirique où dansent les gazelles. Les lions sont gais et généreux, contrairement aux ours qui vivent dans des cavernes dont ils closent les portes pour que les lapins et d’autres bestioles ne viennent voler leurs pets et leurs urines noires.

Le problème qui me tracassait, après en avoir discuté avec mon ami Tartarin de Tarascon, était de savoir quelle attitude et quel fusil étaient nécessaires pour tuer un ours. Lui qui avait tué tant de mes frères demeurait le meilleur spécialiste, à mes yeux. En Ariège, certains avaient sévi, et la presse nationale en avait parlé. Mais il ne s’agissait pas du même prédateur, comme on l’appelait dans ces contrées. L’ours dont nous parlions était armé jusqu’aux dents. Qui a déjà croisé un grizzly en Colombie Britannique ou en Alaska comprendra que l’ours veuille récupérer un territoire qui lui appartenait jadis. Les lions ne mangent pas de saumons, mais dévorent tout un tas d’animaux cornus ou pas, sans assaisonnement.

Que nous présente l’avenir ?

Entre l’ours et le dragon. Les gymnopédies d’un Occident vérolé qui vote à l’unanimité des résolutions qui jamais ne peuvent aboutir dans le concret, le clou toujours plus fragile que le mur à franchir, et les lions qui descendent dans l’arène ancestrale goûter la fin de millions de vies, pour la plupart affamées .

J’ai fin d’avoir encore faim…de vivre !

03 08 2022

AK

Lydée Debazz

A un ami perdu de vue

On aura dit je t’aime à des femmes communes

Et vieilli dans des draps insensés nos vieux jours de dentelles

L’idée sera passée et avec tant de modes l’amour

Que sous nos yeux l’existence prendra rides et constance.

On aura dit je pense à des amis nombreux

Et cru dans de grands vins aux tristesses infinies.

L’idée sera forclose et avec tant de modes l’amour

Que sous nos yeux violents la vie prendra un semblant de départ.

On aura dit j’ai tort à des femmes subtiles

Et compliqué dans des drapeaux jaloux l’amour et l’apatride.

L’idée sera absoute et avec tant de méthodes la mourre

que sous nos yeux en berne, l’absence rendra les armes.

On aura dit j’espère à des amis en grève

Et sur la plage en mai nos vieux jours en dentelles.

L’idée sera restée et avec tant de morts l’humanité

Que nous ne verrons plus Lydée Debazz inanimée.

24 02 1990

AK

Baisse le rideau et fonce dans le mur !

Quand j’étais rapide et rusé je faisais des mao-croisés en écoutant Nino Ferrer. Maintenant que je suis vieux, que je n’ai presque plus de cheveux, j’écoute la télé je regarde la radio, je chante faux et rigole peu. Tout ça, c’est la faute à qui ?

A Poutine qui veut faire renaître la Grande Russie, Erdogan l’empire Ottoman et Xi Jinping celui du Milieu. Alors, je pose la question : pourquoi pas nous ? On a eu Charles Martell et buvons encore quelques barriques de Cognac à son effigie (ou presque), allons reconquérir les îles anglo-normandes à ces abrutis brexités, lançons des croisades pour recoloniser le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, non mais ! Cependant restons cool avec les Belges, laissons-leur la République Démocratique du Congo, et pour les portugais le Mozambique, l’Angola, la Guinée Bissau et, soyons généreux, le Brésil.

Un monde nouveau s’ouvre pour tous les pourris de la Planète, et la démocratie n’a plus qu’à plonger dans le marasme, entre l’eau chaude et polluée des mers et les calottes glaciaires en constante liquéfaction. Bref, allons-y gaiement ! Cultivons les missiles supra-soniques, le nucléaire et les drones guerriers, laissons les immenses fortunes aller se planquer sur la lune d’Elon le Musqué, courtisons les arabes du Golf car l’herbe y est plus verte sur le green que la sécheresse au Sahel, maintenons le cap des réfugiés climatiques sans sextant ni boussole, et courons vite vers la catastrophe pour en faire un beau feu d’artifice fatal. Ainsi nous en finirons avec notre connerie entretenue par toutes les religions qui divinisent les dictateurs et embrasent les hommes par leur folie millénaire.

Quant aux anglais, ils sont déjà pourvus en contrées exotiques (Malouines, Australie, Nouvelle Zélande etc), mais dans une dizaine d’années on ne verra plus au-dessus des flots que Big Ben et les monts des Highlands écossais, car l’Angleterre sera une Atlantide disparue sous la montée des eaux spectaculaire de la Tamise.

Il fallait le dire !

01 08 2022

AK

https://www.ladepeche.fr/2022/08/01/lhumanite-est-a-un-malentendu-de-lannihilation-nucleaire-selon-le-chef-de-lonu-antonio-guterres-10467365.php?M_BT=19442835679#xtor=EPR-7-%5Bnewsletter-soir%5D-20220801-%5Bclassique%5D

Le tour du monde en une bonne paire d’heures, ça vous dit ? (Bourisp 2022)

Du 30 juin au 15 août, les Journées du reportage se déroulent dans le village de Bourisp (Hautes Pyrénées)

Cette année 2022, ce sera la 7ème édition.

Ces Journées du photoreportage sont une galerie de photos grand format (60x 90) exposées dans les rues et dans la cour de quelques demeures du village. Cette année, plus 300 photos provenant de 20 reportages seront accrochées sur les murs, les grillages ou clôtures.

https://www.pyrenees2vallees.com/les-journees-du-reportage-a-bourisp

C’est chaque année un réel bonheur que de se rendre dans ce charmant village et d’y contempler des photos admirables, dans des ruelles et des placettes que l’on parcourt tranquillement, tout en en prenant plein des mirettes.

Ces journées ne sont pas médiatisées à outrance (ce n’est ni Arles ni Perpignan), ce qui accroit leur charme, dans le silence quasi complet des voitures, juste des ruisseaux canalisés qui chantent le côté « humain » de tous ces reportages,, comme sont humains et aimables les habitants de ce village situé à quelques kilomètres de Saint Lary Soulan, station de ski connue de tous les pyrénéistes

Pour en savoir plus sur les photographes sélectionnés cette année, ainsi que sur les JDR 2022, visitez le lien du site dédié :

https://madmagz.com/fr/magazine/2017739#/

Qu’il est bon de mourir, Milo, dans les bras de Vénus

Comme un imbécile j’ai couché dans mon lit des souvenirs

Qui ronflaient puis partaient ailleurs faire la guerre

A des réalités, laissant sous les draps devenus linceuls

L’homme qui vieillissait et ne rêvait plus d’avenir radieux

De ceux que tout être pourrait aisément voler aux dieux absents.

Dans mon lit défait alors sont venues coucher les prophétesses

Parées de soieries, soirées vêtues de belles fesses, ivres de devins de messes

Qui m’emportaient dans leurs chants liturgiques orgiaques

Jusqu’au bout de la nuit dont je ferai la connaissance au matin

A condition de franchir la frontière de la crise de foi

Mais je riais dans mon sommeil et les marchandes de vent

Malgré leurs formes rebondies, leurs yeux pleins d’eaux bénites

Fuyaient quand les chats sautaient sur le plumard

La moustache dressée, les griffes acérées protégeant mes pets

De toutes ces bonimenteuses, jusqu’à ma dernière heure.

Cette heure fatidique où quelques braves vieillardes

Refont le lit du mort, le rajeunissent avant le crématorium

En chantant des chansons paillardes et secouent en riant

La poussière du paillasson pour faire entrer la lumière céleste

La même qui ravive les souvenirs de l’aimable pendard

Qu’elles toutes ont connu dans ce lit dispendieux

Qui n’a jamais cru en de quelconques dieux.

28 07 2022

AK

Holly wood, bois de houx ? hou la la et tralala !

J’attends le dernier coup de minuit ensuite je mange les fleurs

Je les fume et tant pis pour les frites à Eugène, fini le cinoche,

Fin du fin fond d’Hollywood, adieu les stars, bonsoir les étoiles,

D’un glissando sur ma peau tout un cinéma rinascito

Les épluchures de mes larmes sont ma meilleure carapace,

La toile est blanche et derrière quelqu’un se fâche ou sourit,

Cache-toi image, ou je t’attrape, et mes souvenirs te mangeront !

Ma dure peau douce rend long le film et la harpe, depuis Harpo

Devenue Chico Bisonio. Il fait beau ici, tu sais, c’est étonnant. Les gens

Te disent de drôles de mots quand ils ne savent pas quoi te dire,

Ils te posent cette étrange question :

« Avez-vous été drômeur sur Jupiter ? »(*)

Puis ils s’endorment sur vos genoux, plus ignobles

Que des hiboux de basse souche.

Et ce chat, qui tous les quarts d’heure, me demande

De lui lire le CHAIX, et cette jolie femme qui a rendez-vous

Dans un bois, alors que ma mère fête ses 208 ans,

Et moi, qui ne parle ni de toi ni de moi.

Lecteur, que soudain je tutoie, mon Diou! c’est promis, passé minuit

Je mange les fleurs ; ensuite je rentre chez moi : tout gaze

Mister K., je nettoie la façade et hop ! À deux mètres et dix stances

Une femme superbe me vise fatalement, et balpeau !

Pas de trou dans le tricot. Sauvé par les épluchures de mes larmes.

J’ouvre une officine de lecture concertée, déroule un étendoir à lignes,

Un quintet à trois tons et demi et le travail se fait : midnight is rambling.

Il faut parfois coincer les murs sur nos paroles vivantes

Pour que la destruction devienne loi sociale, et mon seul plaisir

A ce jour en tant qu’homme c’est d’écouter Jimmy Oihid,

Savoir qu’il vit et tourne encore, donc qu’il est toujours vivant.

La vie est simple mon vieux Zeppo, il suffit d’être un peu Groucho !

AK

1990 ?

(réf « demain les chiens » de Clifford D Simak 1955)

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