Tristesse et désolation… un seul mot : écœurement.

 

Ibrahim Maalouf (arabe : إبراهيم معلوف), né le 5 novembre 1980 à Beyrouth, au Liban, est un trompettiste franco-libanais, également compositeur — notamment de musiques de films —, arrangeur, producteur et professeur d’improvisation et de trompette. Son succès est fondé sur un métissage des genres, passant du jazz à la musique orientale ou au rock, parmi de multiples sources d’inspirations. En 2017, il a reçu le César de la meilleure musique de film pour Dans les forêts de Sibérie.

Les publicités agaçantes

Cette pub vue à la télé hier soir :

« Son bébé est sécurisé comme l’est son paiement (du père) en ligne ».

On voit à l’écran un homme d’environ 30/40 ans qui tient dans ses bras un nouveau né . OK, Killian, on envoie la sauce sur tous les écrans, c’est top génial, à la dimension des pubs pour nettoyer les tuyaux du purgatoire des chiottes et des éviers (chez moi ça n’a jamais marché), maigrir de 13 kilos en deux semaines, prendre des médocs fabuleux pour le moindre symptôme de santé ou rencontrer l’âme parfaite qui ne salira pas vos draps de lit (pour les cabinets, utilisez Top Javellisant).

Histoire : bonjour, j’ai trente ans et mon premier enfant vient de naître. Je ne sais pas trop comment le protéger contre les maladies qui circulent dans le monde. Pouvez-vous me conseiller ? Eh bien monsieur, c’est très simple : si vous signez un contrat avec nous, en cas de perte de votre enfant ou de disparition dans la forêt amazonienne (mais pas dans les actes de guérilla urbaine auxquels il se trouverait malencontreusement mêlé, au Venezuela, en Birmanie ou à Portland), nous vous garantissons que votre compte restera sécurisé par nos gardes mobiles de la City et de Wall Street. Cependant, sécurisé ne signifie pas pour autant rentable. Mais par courriel nous vous informerons de la meilleure méthode pour améliorer vos profits, N’oubliez pas que vos paiements sont sécurisés, mais que nos frais ne le sont pas. J’espère que votre enfant fera les meilleures écoles qui lui permettront d’être ce que nous sommes : de beaux salauds.

04 08 2020

les mardis de la poésie : Louise de Vilmorin (1902-1969)

 

le garçon de Liège

Un garçon de conte de fée
M’a fait un grand salut bourgeois
En plein vent, au bord d’une allée,
Debout sous l’arbre de la Loi.

Les oiseaux d’arrière-saison
Faisaient des leurs malgré la pluie
Et prise par ma déraison
J’osai lui crier : Je m’ennuie.

Sans dire un doux mot de menteur
Le soir dans ma chambre à tristesse
Il vint consoler ma pâleur.
Son ombre me fit des promesses.

Mais c’était un garçon de Liège,
Léger, léger comme le vent
Qui ne se prend à aucun piège
Et court les plaines de beau temps.

Et dans ma chemise de nuit,
Depuis lors quand je voudrais rire
Ah ! beau jeune homme je m’ennuie,
Ah ! dans ma chemise à mourir.

1939

 

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Chanson

Tous les pirates du Levant
N’ont d’autre idole
Qu’une boussole
Tous les pirates du Levant
Ont des captives au couvent.

Une pauvre enfant de l’école
S’en va rêvant
Au jour levant
Une pauvre enfant de l’école
Cherche le vent qui la cajole.

Et elle brode un paravent
Où l’oiseau vole
Mais ne s’envole
Et elle brode un paravent
Pour un pirate du Levant.

Quand elle pense aux métropoles
Un mot souvent
Rit dans le vent
Quand elle pense aux métropoles
Tout en brodant son âme folle.

Pour un pirate du Levant
Qui est frivole
Et sans parole
Pour un pirate du Levant
Une enfant brode un paravent.

1954

 

poèmes issus du site : https://paroles2chansons.lemonde.fr/auteur-louise-de-vilmorin

la biographie est ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_de_Vilmorin

Ne le dites pas à la mère Michel!

Un article de l’AFP qui m’a bien amusé! L’heure est grave, mon commissaire!

Carapatou pose devant le photographe

Un chat intercepté dans la principale prison du Sri Lanka en tentant d’y introduire de la drogue et des cartes SIM s’est échappé de l’établissement pénitentiaire

AFP
Nota perso : on se doute que les conditions de détention au Sri Lanka sont loin très loin d’être agréables

Un chat intercepté dans la principale prison du Sri Lanka en tentant d’y introduire de la drogue et des cartes SIM s’est échappé de l’établissement pénitentiaire, ont rapporté lundi la police et la presse locales.

Le félin a été capturé samedi à la prison de haute sécurité Welikada de la capitale Colombo, a indiqué un responsable policier. Un sachet en plastique attaché à son cou contenait près de deux grammes d’héroïne, deux cartes SIM et une carte mémoire.

D’après le journal Aruna, le petit trafiquant s’est évadé dimanche de la pièce de la prison où il était retenu. Les autorités pénitentiaires n’ont pas fait de commentaire dans l’immédiat.

La prison a détecté ces dernières semaines un nombre croissant de jets de sachets de drogue, de téléphones portables et de chargeurs de téléphone par-dessus les murs de l’établissement à destination des détenus.

La police sri-lankaise a saisi la semaine dernière un aigle soupçonné d’être utilisé par des trafiquants de drogue pour distribuer des narcotiques dans une banlieue de Colombo.

La drogue est un fléau sociétal majeur au Sri Lanka. Des agents chargés de la lutte contre ces substances illégales ont été accusés d’avoir revendu aux trafiquants des drogues confisquées par les forces de l’ordre.

Source : AFP

A propos d’un vieux rastaquouère

Dans ce trou perdu où pour compter les moutons il faut être aussi nombreux qu’eux seul le lit des rivières se rie du temps qui passe. Il abreuve les bêtes et saoule les bergers quand vient le crépuscule. Chaque soir, dans la solide cabane en pierre du pays, une ou deux bergères disparaissent que l’on retrouve sous la lune, à danser et réciter les paroles de chansons d’ici. Ce n’est qu’au petit matin qu’elles les chantent, mi-vêtues dans le flux des cascades et le bêlement des brebis dont le lait, avant l’aube, a été tiré.

Dans ce trou perdu dans lequel vivent moins d’un millier de gens, face à l’océan battu par les vagues et l’isolement du monde, s’agglutinent d’innombrables moustiques que l’on appelle ici touristes. Ils viennent conquérir de nouveaux territoires où tout leur est permis. La liberté est aux truies ce que le laisser-aller est au porte-monnaie. Le respect, qui jadis glissait comme un pet sur une toile cirée est devenu menaces, tatouages, gros culs et armes blanches. La mer protège ses vagues mais la plage et les rues sont remplies de monstres débiles.

Faites monter les eaux, criait Noé dont le bateau était au radoub à Rochefort, il est temps de larguer les amarres, Vieux Pépère, et l’Autre roupillait, six jours sur sept, le septième il priait sa femme de ne pas l’exténuer en actes amoureux. Il était vieux. Sur l’or sablonneux des plages tous les pillards de temps s’ennuyaient ferme pour gagner une carte postale mobile de leurs vacances. Le vieux Pépère hésitait : je monte et je descends le rideau des marées, c’est parfait, mais quelques guerres ventileraient-elles quelque absence de vent demanda-t-il à sa Dive compagne.

Il suffit que tu pètes, répondit-elle. Mais avec circonspection. N’oublie pas que là-haut, dans les estives, les troupeaux paissent au-dessus des nuages et que nous en avons besoin pour survivre à leurs croyances. Et puis, ces bergères qui se lavent à l’eau froide au pied des cascades hein, vieux cochon qui ne peut dire ton nom chez les juifs et les musulmans, tu les reluques, comme les autres vieillards de ton acabit !

Tu sais, ma chérie, si je pouvais troquer ma pomme d’Adam contre une côtelette d’agneau je n’en serais pas là. Abraham non plus et Mohamed pas plus. Mais avec ces plus on fait des moins que rien. Qui pourrait dire pourquoi dans ce trou perdu où pour compter les moutons il faut être aussi nombreux qu’eux tant de serfs retournent vivre et nous bannissent ? Comment peuvent-ils vivre sans nous, qui leur promettons le Paradis dans l’eau de là, oups ! Dans l’au-delà ? La marée est montée et Noé s’est échoué dans les eaux noires d’un pétrolier percé.

C’est alors que les trois qui n’étaient qu’Un décidèrent que le prochain Dieu qui dominerait la Terre entière serait NOIR. Comme dans les troupeaux de moutons.Un mouton noir les protégera du diable. L’idée plut, mais ils se disputèrent quant à savoir qui appellerait Tafari Makonnen dit Haïlé Sélassié, qui roupillait dans la cathédrale de la Sainte Trinité, à Addis-Abeba. Du coup, rien ne bougea. Dommage !

les rastas le considèrent comme le « dirigeant légitime de la Terre » (Earth’s rightful ruler) et le Messie, en raison de son ascendance selon la tradition éthiopienne de la dynastie dite « salomonique », qui remonte aux rois Salomon et David par la reine de Saba.

02 08 2020

AK

les yeux émeraude

Tu ne sais  où tu vas et seuls tes pas te guident

Tu t’enfuis d’un pays que la mort a détruit, mais tu vis.

L’étoile du couchant brille, regarde où tu marches

Le silence est le frère maudit des explosifs

Et ton visage lunaire sans être attentif n’y survivrait pas

Des comme toi petit, il y en a plein les mines de Colombie

Qui cherchent l’émeraude et les yeux verts des filles

Dans les boxons, mais ces galibots tombent sur le chaperon:

Paie d’abord, c’est un quart d’heure, et file moi ton couteau.

Tu ne sais rien de la vie, tu ne l’as rencontrée qu’une fois

Je tenais ton visage dans mes bras

Quand ils ont abattu le bétail, ta sœur et tes parents

Pour exploiter le sol sur lequel depuis mille ans vous viviez

Je sais et je comprends ce cœur qui bat si fort

Tu marches paupières closes vers l’océan, tes mains sont glacées

Et ta mine contrite n’y pourra rien changer : tes yeux

Comme ceux des abandons reflètent la lumière des émeraudes.

07 07 2020

 

 

un samedi avec René Gruau (1909-2004), dessinateur de mode génial

La beauté liée à l’élégance et à la finesse, tout cela dans un trait franc, esthétique comme sa signature rendent René Gruau unique. Ce dessinateur de mode, attaché à la maison (faut-il dire celle de la mode et non celle du business) Christian Dior reste une référence dans le dessin de mode.

René Gruau nait à Rimini en 1909. Il souhaite être architecte, cependant, assez jeune, il doit gagner sa vie. Par l’entremise d’une connaissance maternelle, il publie ses premiers dessins de mode à l’âge de 15 ans dans le magazine milanais Lidel. C’est en véritable autodidacte qu’il aborde le dessin de mode, auquel il se consacrera pendant plusieurs années.

Cliquer sur les images du site ci-dessous  permet d’en augmenter la vision et de lire l’intéressant article qui l’accompagne.

https://www.galeriepentcheff.fr/peintre-gruau-rene.html

Duane Hanson (1925-1996), sculpteur américain (hyperréaliste)

« Dans les années 1960, Duane Hanson est un des représentants de l’art sculptural américain dans l’hyperréalisme. Il décide en effet de travailler de façon réaliste et d’exprimer ses préoccupations sociales. Séduit par les travaux de Georges Segal, qui réalise des œuvres en plâtre moulées d’après des modèles vivants (« lifecasting »), et réfractaire à l’idée d’infliger une interprétation subjective à ses œuvres, Hanson se met à créer dans un atelier de Floride des personnages humains grandeur nature en effectuant des moulages directement sur ses modèles. Il privilégie la fibre de verre et la résine, ce qui lui offre la possibilité de reproduire les moindres finesses du corps humain, donnant ainsi vie à ses modèles. Habillant et coiffant ses sujets avec une volonté de justesse, Hanson donne l’illusion de réalité quand il représente ses scènes hyperréalistes de la vie quotidienne américaine, véritable miroir de l’american way of life. »

(lire la totalité de l’article sur wikipédia): https://fr.wikipedia.org/wiki/Duane_Hanson

 

https://www.artsy.net/artist/duane-hanson/works-for-sale

Matinale

Le jour naîtra et la terre nue s’offrira au nombril des hommes

Le soleil sera fier d’avoir brûlé ces monstres

Et au temps restera l’idée que l’on s’en fait,

Entre le vent qui balaie les cheveux, les blanchit,

Et ces chevaux sauvages qui galopent en Camargue

Le vent enflammera les dernières brindilles

A l’aube le toréador sans blessure ni mort

Dansera dans le chant souple des corrals

Quand il n’est de cornus que les hommes

Encerclés dans un rond rempli de sable clair

Que foudroie l’estocade et l’artère sanglante.

Hommes pauvres que vos crimes enrichissent

Hommes riches que vos passions détruisent.

07 07 2020

Les mardis de la poésie : Novalis (1772-1801)

Lorsque nombres et figures ne seront plus
La clef de toutes créatures,
Lorsque tous ceux qui s’embrassent et chantent
En sauront plus que les savants profonds,
Lorsque le monde reprendra sa liberté
Et reviendra au monde se donner,
Lorsqu’en une clarté pure et sereine alors
Ombre et lumière de nouveau s’épouseront,
Et lorsque dans les contes et les poésies
On apprendra l’histoire des cosmogonies,
C’est là que s’enfuira devant un mot secret
Le contresens entier de la réalité.

tiré du site : https://www.mondeenpoesie.net/2016/01/novalis-poeme.html

bio wikipédia (extrait) :

« Novalis est un pseudonyme que choisit le jeune homme en 1798 pour sa première publication importante, Blüthenstaub (Grains de pollen), ensemble de fragments poétiques et philosophiques parus dans la revue des frères August Wilhelm et Friedrich Schlegel, l’Athenaeum. Ce pseudonyme se réfère au nom d’un domaine familial ancestral (de novale), mais désigne également en latin la terre en friche. Novalis est né sur le domaine de son père à Oberwiederstedt en Saxe-Anhalt, alors Saxe prussienne. Ses parents étaient affiliés à l’Église des Frères moraves (Herrnhuter) du comte Zinzendorf ; son éducation religieuse stricte laisse de nombreuses traces dans ses travaux littéraires. »

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