Un peu de Goguettes (en passant)

juste pour le plaisir :

l’avion, l’avions, lavoir (un ciel tout bleu l’avez)

Depuis que je ne peux plus prendre l’avion (car il n’y en a pas)

Pour soutenir mon pantalon j’ai deux paires de bretelles

Ça me donne parfois l’illusion de voguer dans les airs

Comme un ballon des îles de la Sonde, je scrute la météo

Gonfle de pets mon ventre rond et à l’heure du départ

Engouffre les pâtisseries du repas du dimanche

Et oui, je traverse la Manche, tendant mes câbles

Sur la charité des miséreux et les folies d’Elon Musk

Je quitte une planète qui n’a plus besoin d’ailes

Pour se voler dans les plumes un vaccin universel

Je laboure les nuages sans les stries des avions

Ça me donne parfois des flatulences boursicotières

Rappelant cette vie que nous avions avant hier

Et cette météo d’après guerre qui parlait de beaux jours

Pâtisseries verbales et messes dominicales

Cette même météo qui aujourd’hui consulte un peuple d’idiots

Pour savoir à quel jeu de loto présidentiel ils gagneront

L’avion qui les emportera sur Mars , leur fera gagner

Cent cinquante mille euros en cliquant sur leur phone

Qui pourront engouffrer toutes les pâtisseries du dimanche

Et nourrir de pets foireux leurs voitures hybrides diesel et OGM

Dans mon jet privé je les entends venir, ces nantis misérables

Que jamais un vaccin ne guérira de la connerie, des guerres

Des conflits, de la faim, si ce ne sont mes pétarades,et le divin

Claquement de mes bretelles sur mon ventre ubuesque.

10 04 2021

AK

(un direct live prout)

Voyage à Nauru, haut lieu du consumérisme à outrance et de la déchéance planétaire

Aujourd’hui, on s’évade. Finies les limitations de déplacement à trente kilomètres autour de chez soi. On se barre dans le Pacifique, sur une île de 20 km² située au niveau de l’équateur, entre les îles Hawaï et l’Australie (environ 2500 kms de chacune d’elles) peuplée de 13000 hères dont la majeure partie est obèse, diabétique, et…pauvre. Bref, un paradis devenu enfer, exemple typique de ce que notre planète risque fort de devenir, à très court terme (disons 50 ans).

Alors, un petit voyage par là-bas, ça vous tente ?

Tous les extraits sont issus de :https://fr.wikipedia.org/wiki/Nauru

«  Avec un PIB nominal de 150,8 millions de dollars US en 2015, l’économie de Nauru est l’une des trois plus faibles du monde59.

Nauru a profité durant 30 ans de la richesse apportée par le phosphate, une ressource dont on savait dès les années 1950 qu’elle serait épuisée au tournant du xxie siècle1974 est une année record pour l’île avec 225 millions d’euros de bénéfices. Le PIB par habitant de Nauru est alors le second du monde après celui de l’Arabie saoudite »

Après avoir vécu comme des nababs, se contentant des royalties du phosphate (exploité par une entreprise sino-australienne), cette luxuriance d’argent se dilapide dans des investissements invraisemblables (un immeuble à Melbourne, un aéroport international et une flotte aéronautique nationale), très certainement menés par une corruption dont les dirigeants de l’époque profitent abondamment.(Quid de ces dirigeants?)

Ce qui est marrant, c’est de voir quelles églises régissent les âmes de l’île (la religion influence toujours la politique) :

Les habitants sont majoritairement chrétiens (deux tiers sont protestants, un tiers catholiques). La constitution octroie la liberté de culte, cependant le gouvernement a restreint ce droit pour deux religions : l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (mormonisme) et l’Église des Témoins de Jéhovah, dont les fidèles sont le plus souvent des employés étrangers travaillant pour la Nauru Phosphate Corporation69.

Bref, l’exploitation du phosphate se réduit à néant et comme le pognon a été dilapidé joyeusement, la république de Nauru est dans la dèche la plus complète. Donc :

Pour faire face à ses dettes et couvrir ses besoins les plus urgents, Nauru a recours, à partir de la fin des années 1990, à des solutions parfois à la limite de la légalité. Le pays devient un paradis fiscal et est mis sur la liste noire du Groupe d’action financière en 2000. On compte à l’époque 400 banques fantômes (shell banks) domiciliées à Nauru61. Le pays vend aussi des passeports au prix fort, un trafic qui aurait rapporté 7,4 millions de dollars au pays. Ces affaires conduisent les États-Unis à qualifier le pays d’État voyou, Nauru perd toute crédibilité aux yeux de la communauté internationale. Au milieu des années 2000, Nauru adopte une politique financière plus stricte, ce qui lui permet de régulariser sa situation auprès des instances internationales, En janvier 2016, le pays figure sur la liste française des paradis fiscaux.

Ce qu’il est bon de rappeler, c’est que Nauru est un ÉTAT adhérent de l’ONU, qui a donc droit à une voix, au même titre que les mastodontes de cet organisme (Chine, Etats unis, Japon, France etc), lors des votes ; il en est de même que d’autres micro-états (Eswatini, Palaos, Sainte Lucie, Saint Christophe et Nièves, Sao Tomé et Principe, Timor oriental, Tonga, Trinité et Tobago, Tuvalu, Vanuatu, pour les moins ou peu connues). Autant dire que des résolutions onusiennes peuvent être influencées par ces micro-états qui cèdent leurs voix contre d’autres avantages, dont il est ici impossible de démêler les fils.

Pour en revenir à Nauru, voici quelques vidéos qui en disent plus long que ma petite et très limitée réflexion. Pour les curieux et curieuses en mal de voyages exotiques…

Gallimard en a marre (à bout)

Gardez vos manuscrits au chaud, ou écrivez pour le plaisir dans votre blog, les éditeurs sont saturés , se noient sous les marées de papier qu’ils reçoivent quotidiennement !

Extrait de l’article paru ce jour dans le canard local :

De moins en moins de Français lisent, mais ils sont toujours autant de candidats pour être publiés. Et pour Gallimard, c’en est trop: l’éditeur prie les écrivains aspirants d’attendre avant d’envoyer leur prose.

« Compte tenu des circonstances exceptionnelles, nous vous demandons de surseoir à l’envoi des manuscrits. Prenez soin de vous toujours et bonnes lectures », écrit la prestigieuse maison sur son site internet.

Ce conseil y est apparu début avril et a été relayé sur le compte Twitter officiel le 2 avril, un vendredi en fin d’après-midi. Pas sûr qu’il soit suivi unanimement, mais pour accroître ses chances, mieux vaut s’y plier. Et patienter.

Le contexte est assez défavorable aux inconnus qui se rêvent en Houellebecq ou en Nothomb. La fermeture des librairies à deux reprises en 2020, au printemps et à l’automne, a entraîné des reports de parution, provoquant un embouteillage en 2021. Si se faire publier est toujours difficile pour un débutant, c’est devenu encore plus compliqué.

Gallimard n’est pourtant pas avare en premiers romans dans sa fameuse Collection blanche: cinq à la rentrée de janvier, deux en mars, deux en avril… Interrogé par l’AFP sur les raisons de ce message au grand public, l’éditeur a évoqué l’immensité des volumes envoyés.

Les quelque 30 manuscrits par jour ouvré reçus rue Gaston-Gallimard sont devenus 50, depuis près d’un an. « Nous tenons à accorder la même attention à tous les manuscrits que nous recevons et nous répondons à tous les envois. C’est un travail considérable qui demande de la minutie et de la disponibilité d’esprit. C’est pour toutes ces raisons que nous avons demandé de suspendre, tout à fait momentanément, l’envoi des manuscrits », a expliqué Gabrielle Lécrivain, éditrice. (…/…)

La suite de l’article est à lire ici : https://www.larepubliquedespyrenees.fr/2021/04/07/les-francais-ecrivent-tellement-que-gallimard-dit-stop,2807006.php

Les mardis de la poésie : Jean Baptiste Clément (1836-1903)

Poème tiré du site : https://www.poemes.co/jean-baptiste-clement.html

La semaine sanglante

Sauf des mouchards et des gendarmes,
On ne voit plus par les chemins,
Que des vieillards tristes en larmes,
Des veuves et des orphelins.
Paris suinte la misère,
Les heureux mêmes sont tremblant.
La mode est aux conseils de guerre,
Et les pavés sont tous sanglants.
(Refrain)

Oui mais!
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare! à la revanche,
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.
es journaux de l’ex-préfecture,
Les flibustiers, les gens tarés,
Les parvenus par l’aventure,
Les complaisants, les décorés
Gens de Bourse et de coin de rues,
Amants de filles au rebut,
Grouillent comme un tas de verrues,
Sur les cadavres des vaincus.
(au Refrain)

On traque, on enchaîne, on fusille
Tout ceux qu’on ramasse au hasard.
La mère à côté de sa fille,
L’enfant dans les bras du vieillard.
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouges,
Valets de rois et d’empereurs.
(au Refrain)

Vous voilà rendus aux jésuites
Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup.
Il va pleuvoir des eaux bénites,
Les troncs vont faire un argent fou.
Dès demain, en réjouissance
Et Saint Eustache et l’Opéra
Vont se refaire concurrence,
Et le bagne se peuplera.
(au Refrain)

Demain les manons, les lorettes
Et les dames des beaux faubourgs
Porteront sur leurs collerettes
Des chassepots et des tambours
On mettra tout au tricolore,
Les plats du jour et les rubans,
Pendant que le héros Pandore
Fera fusiller nos enfants.
(au Refrain)

Demain les gens de la police
Refleuriront sur le trottoir,
Fiers de leurs états de service,
Et le pistolet en sautoir.
Sans pain, sans travail et sans armes,
Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes,
Des sabre-peuple et des curés.
(au Refrain)

Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé?
Jusque à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé?
Jusque à quand la Sainte Clique
Nous croira-t-elle un vil bétail?
À quand enfin la République
De la Justice et du Travail.

Jean Baptiste Clément

Sur l’auteur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Baptiste_Cl%C3%A9ment

Deux polissons du lundi (de Pâques)

Bonjour Monsieur je suis très fatiguée. Moi aussi Madame. Je suis fatiguée de vivre cette vie. Moi aussi Madame. Je voudrais vivre une autre vie. Moi aussi Madame. Alors comment faire ? Eh bien dormons déjà dans le même lit. Le mien est tout petit. Le mien aussi Madame. Alors couchons par terre, Monsieur, l’herbe pousse et les arbres fleurissent. Mon arbre est plein de branches mortes, Madame. Je saurai leur rendre vie avec quelques coups de fouet printanier, ainsi ma fatigue sera saine et vous en pleine santé, Monsieur. C’est un beau projet, Madame, puis-je ôter ma chemise pour ne pas la froisser ? Faites, mon ami, faites, et laissez-vous aller sous mes coups de baguette fustiger cette braguette close qui ne demande qu’à s’épanouir. Madame, c’est avec grande joie qu’en quelques tours de reins je vous rendrai vos aimables petits coups de riens. La baguette, dit-on, est comme le bon pain, elle rend l’amie aimante et les vieux croûtons croquants avant de n’être plus que chapelure quand la vie part en miettes. Mais cessons de parler, Monsieur, activons-nous plutôt à mettre de la joie avant qu’elle ne nous mette à plat sur ce lit si petit, l’herbe pousse trop vite, et la rosée prospère attise mon arthrose. Madame, je cueillerai en vous les dernières roses qui colorent vos joues. Allons, assez bavardé Monsieur, l’heure est venue de faire joujou ! Et il ne sera pas dit, Madame, que les seuls craquements viendront de nos genoux, le lit à baldaquin lui aussi couinera !

Ce qui fut dit fut fait, puis les deux amoureux montèrent dans la fusée et rejoignirent le ciel bleu du septième étage de la tour Maubeuge, dans la banlieue de Charleroi.

05 04 2021

AK

Pivoine

Désolé les petits gourmands, mais…

Hélas, trois fois hélas! notre cargaison d’œufs de l’île de Pâques qui transitait par Saint Pierre et Miquelon n’a pu être acheminée vers la métropole pour cause de Coronavirus.

Les œufs sont soumis à un confinement sévère de quarante jours, alors tant pis pour vous, d’ailleurs vous n’avez pas été sages ni respecté les gestes barrières !

Pour compenser votre manque de chocolat, vous pouvez toujours sucer des citrons, c’est bon pour la santé !

Joyeuses Pâques !

Mon dernier voyage avec tante Jeanne

A cheval sur la brouette tante Jeanne me raccompagnait

Du papier, des crayons et la lune en tire-bouchon, lumière

Adolescente d’une première ivresse lors du bal du village

Je crayonnais déjà les amours les réverbères sans rendez-vous

Sous l’œil noir des adultes, de leurs maîtresses envahissantes

Les œillades mesquines de la messe dominicale, l’hostie

Sur la langue bénie qui glissait comme une fellation

Entre les lèvres serrées des grenouilles de bénitiers

Et ce regard abstrait que portent en biais les notables

Quand tante Jeanne, membres usés par de longues journées

A la maison me ramenait, mains crispées sur les manches

De la charrette à bras crissante sur le gravier de ma gueule de bois

Du papier, des crayons et la lune en tire-bouchon, lumière

Éblouissante du néant que vivent les adultes, œil noir

Des poètes, fleurs de cimetières et pissats sur les murs

Les morts s’ennuient de ne plus voir, parfois, s’ouvrir

La braguette des hommes, le zizi des gosses, les culottes

Des veuves dans ces citadelles de silence où les œillades

Entre tombes ne sont plus criminelles, juste mesquines,

Et ce petit chariot que fait rouler sur la terre endiablée

Tante Jeanne , corbillard à une roue et fortune aux appuis

Mon coma éthylique et sa poitrine qui pulse sainte Marie

A évoquer les seins que les prêtres ont perdu, doux Jésus,

Pour garder leur pouvoir sur les masses crédules, indolentes,

Du papier, des crayons, et la lune en tire-bouchon, lumière

De siècles qui désormais nous altèrent, dont nous portons le poids.

Il se mit à pleuvoir, ce qui contribua à effacer nos traces.

En avions nous laissé ? Tante Jeanne ne répondit pas.

Je me suis souvenu des chaussettes de laine qu’elle portait,

De ses pieds et de ses mains épaisses. Elle fut la première

A jeter une pelletée de terre dans ce trou sans mémoire

Où la brouette et moi avions plongé, sans rien nous pardonner.

02 04 2021

AK

Une affaire personnelle

Comme dit la légende : « il est souvent difficile de démêler le vrai de l’avenue Dufau ». Vu que plus les rues sont longues plus les histoires sont courtes ; celle-ci est à lire en courant, en lieu et place concernés, ou en calèche, dans le sens centre ville-hippodrome. Allez, fouette cocher !

1990 est l’année où je vis pour la dernière fois miss Liliane Crivel. Bien qu’elle fut morte depuis des décennies, elle m’accueillit avec cette élégance tapageuse qu’ont les grandes dames des petites sociétés anglophiles. Dans sa robe de mousseline flottant sous la brise d’été son corps sculptural semblait recueillir les dernières douceurs de la nature environnantes, venus se réfugier sur sa peau fraîche après les turpitudes nocturnes dont Liliane était coutumière, disait-on.

Du perron de sa grande bâtisse de l’avenue Dufau je la découvris moins souriante qu’à l’habitude. Sur le palier de l’étage qui menait aux chambres son visage hâve et et sa chair évanescente me surprirent. Son lipstick, si séduisant sur ses lèvres vermillonnes, parut teinté de sombre violacé, rendant à l’éclat de ses dents une dureté plus encline à la morsure qu’au baiser langoureux. Nous nous regardâmes. Certes, ne restait du grand escalier de chêne que le limon et le profond des mortaises cicatrisant la volée, les marches étant depuis des années devenues cendres dans le silence de la bibliothèque. Les yeux dans les yeux. Certes, les murs lépreux désormais s’ornaient de larges plaques de moisissure, les tableaux représentant les chasses au renard dans le bois de Pau décoraient d’autres castels, les tentures, les lourds rideaux de velours mauve, les lustres en verre de Murano, les tapis, les falbalas des robes du soir, s’oubliaient comme des hirondelles enfuies laissant place aux chauve-souris du néant. Nous nous regardâmes encore les yeux dans les yeux. Dehors, le soir descendait à peine, colorant le parc étonnamment entretenu par un invisible jardinier (Henri Cueco?), de rais de lumières capricieuses racontant dans le bruissement des feuilles le parcours tumultueux de sa propriétaire.

Curieusement, une bague sertie de diamants qu’elle portait à sa main gauche lança un éclair dans l’obscurité. Liliane, d’un mouvement des paupières, m’invita à en suivre la direction. Le rayon brillant achevait son tracé sur un papier blanchâtre, visible par le contraste qu’il opérait sur le sol obscur et poussiéreux du grand salon. D’un autre clignement, la beauté de ses yeux remplissant alors tout cet espace délabré, elle m’ordonna de saisir le papier et d’en prendre connaissance, ce que je fis.

Ce document n’était autre qu’un acte de vente, rédigé manuellement,comme cela se faisait à l’époque, avec une encre violette dont l’humidité ambiante avait effacé quelques mots. Ma stupéfaction grandissante la fit sourire, du haut de l’escalier, et je sentis fondre sur mes épaules toute la passion sensuelle de cet être désespéré. Je connaissais cette écriture. Les pleins et les déliés, cette manière si typique qu’avait mon grand-père quand il consignait les actes notariés. Cela ne faisait aucun doute. Mais que ce papier data de plusieurs décennies, alors que j’avais devant moi en chair et en os miss Liliane Crivel en personne, me rendit fou ; de cette folie dont on sent les parfums exquis qui jamais ne meurent, de cette folie qui emporte l’advenu dans les bras du palpable, cette symphonie amoureuse qui toujours tourne la tête des amants. La signature apposée au bas du document certifia mon inquiétude : JPK, notaire et notable. Je relevai mes yeux brouillés de larmes : miss Liliane Crivel avait disparu.

A jamais.

1992 ?

AK

Au XIXème, Pau devient un prestigieux lieu de villégiature. De la Russie au Brésil, la ville, station climatique d’hiver et centre touristique d’été, est le rendez-vous mondain de la haute société.

PS: Liliane Crivel habitait une grande maison avenue Dufau, à Pau. Cette vaste bâtisse a eu la réputation durant plusieurs décennies d’être hantée. Elle a finalement été rachetée, il y a une vingtaine d’années, pour devenir un laboratoire d’analyses médicales (je crois). Je n’ai hélas pas trouvé sur le site de la ville de Pau la moindre trace de son existence.

Quand le soleil se couche, le feu couve la nuit

J’ai couché le soleil sur les murs de la ville

J’étreignais ma chérie chassant les cieux débiles

L’incendie nous gagnait enflammant ses faux cils

L’oxygène manquait l’ADN nous condamnait

Nous devenions parias de ne plus respirer

Ô peine capitale ! l’odeur du tabac, sa fumée

Comme une cheminée sortant de nos narines

En se couchant le soleil a fait glisser sa jupe

Mes bretelles ont migré, mon pantalon à leur pied

Elle n’avait pas de culotte ni moi de caleçon

La nuit était tombée et la lune à nous voir

Riait de nous savoir amants, êtres si dérisoires

Seuls les murs nous prêtaient attention, le noir

Gravait les pierres qu’effaçaient les craies blanches

Les pieuvres identitaires, tentacules haineuses suçant la peau des mers

Les gens disaient il ne faut pas que ces nègres marrons

Burinent sur nos frontons tout ce qui crée nos peurs

Elle et moi étions au cœur brûlant de la citadelle

Les émois et les mots arpentaient leurs extrêmes lueurs

Mais il faut encore un peu de vent pour partager le souffle

Et les rues de la ville au coucher du soleil

Dans d’étranges nuages ont clipsé le bonheur

Ne sont restés qu’une jupe, une culotte et un caleçon,

Les halètements avaient disparu dans l’eau des caniveaux

A cette aube incertaine où le soleil se lève

Sur la ville sale. Dirty old town…

28 03 2021

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