Please, ne faites pas poireauter David, le prince de Galles!

extrait de l’article (source AFP) :

Péril sur le poireau: à quelques jours de sa fête nationale, le Pays de Galles se trouve à court de son légume emblématique et pour compenser doit compter sur les importations, ont averti jeudi les professionnels du secteur.

Au même titre que la jonquille, le poireau est l’un des symboles du Pays de Galles.

Pour la fête nationale, qui chaque 1er mars rend hommage au patron du Pays de Galles, Saint David, le poireau se porte en badge à la boutonnière, ou se savoure en légume dans le cawl, la potée du pays, ou bien encore en soupe avec des pommes de terre.

…/…

L’origine du symbole remonterait à l’époque des druides, plusieurs siècles avant l’invasion par les Romains. Shakespeare y fait référence dans sa pièce Henry V, où le roi lance qu’il porte un poireau « comme un glorieux souvenir », « car je suis gallois, cher compatriote ».

Solution de repli pour célébrer la Saint-David sans poireaux: le pain et l’eau. Car selon David Petersen, directeur de la parade annulée cette année à cause du coronavirus, le frugal Saint David était réputé se contenter de ce menu.

https://www.larepubliquedespyrenees.fr/2021/02/25/le-pays-de-galles-a-court-de-poireaux-britanniques-pour-sa-fete-nationale,2793011.php

Pour les poireaux-schistes, une dernière ligne droite :

le meilleur pour la faim :

Poireauter

Se dit : De l’action d’attendre trop longtemps immobile.
Date : XIXe siècle

Au milieu du XIXe siècle, on parlait de « planter son poireau », l’équivalent de « rester planté », toujours d’actualité.
On comprend l’idée : patienter à la verticale comme un imbécile !

Mais, au fait, pourquoi dit-on « poireauter 107 ans » ?
Parce que c’est le temps qu’a duré la construction de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.

(extrait du site : https://lescultivores.com/expressions-fruits-legumes/)

Alors vive les jonquilles et les jolies filles !

(photo wikipédia)

Fleur de Jonquille en gros plan macro

Comiques oubliés (Fernand Raynaud), mais les temps n’ont pas changé !

Humour plein de véracité, que l’on revoit avec plaisir, en comparaison avec une frange identitaire toujours présente…

Puis, un amusement (la bougie), de talent ! Pour amuser les enfants et remuer les zygomatiques un peu en panne ces ans-ci!.

des ballons ronds, du fric, des morts en nombre, la vache qatari ne fait plus rire les orphelins…

Extrait de l’article du Guardian :

« Le journal britannique The Guardian rapporte que plus de 6 500 ouvriers venus d’Inde, du Sri Lanka, du Pakistan, du Népal et du Bangladesh ont péri pour construire les stades du Mondial qatari

Le chiffre est énorme, mais de l’avis même des journalistes du Guardian, il pourrait être sous-évalué. Le journal britannique publie ce mardi 23 février une estimation selon laquelle 6 500 travailleurs immigrés ont péri sur les chantiers de construction de la Coupe du monde 2022 au Qatar.

Pour déterminer ce chiffre de douze ouvriers morts par semaine, le média a recoupé les données des gouvernements indiens, sri-lankais, pakistanais, népalais et bengali, pays principaux fournisseurs de main-d’œuvre au Qatar. Ces statistiques s’étendent de 2010, date d’attribution du Mondial, à 2020…/… » cf ci-dessous:

https://www.sudouest.fr/international/qatar-2022-6-500-travailleurs-immigres-seraient-morts-sur-les-chantiers-de-la-coupe-du-monde-1414606.php

Autre chantier en cours : la Djeddah Tower, donnée pour une hauteur de 1008 m…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeddah_Tower

https://www.capital.fr/economie-politique/les-delires-de-la-plus-haute-tour-du-monde-1127653

Mardi 23 février : Saint Lazare (reste couché, tout est fermé)

Je suis un nain variant

Gravitant dans les logorrhées

Des plateaux télé,

Dans ces spectacles de variété

Où règne la parole, les discours

Qui contrarient les fées, mélangent les faits

Et ont pour effet de ne plus rien comprendre

De ce monde global qui avance et recule

Comme un virus international,

Bien planté dans l’anus

Quand atterrit sur Mars

Un robot, lorgnant l’ espace découvert

Sur lequel de petits hommes verts

Auraient vécu jadis comme nous aujourd’hui.

Sur la planète bleue

La misère le sang les guerres, et les dictateurs

Qui comme des pieuvres

Cherchent un vaccin qui fera leur bonheur

Entre Cosmos et les étoiles des palaces de Saint Moritz

Dans leurs navettes spéciales, jouir loin du malheur

Des crève-la-faim et leurs pieds nus

Pendant qu’au soleil cru les peuples divisés

S’arrachent les derniers grains de blé.

Je suis un nain variant

Gravitant dans les logorrhées

Des spécialistes en virologie, des algorithmes

Des études qui disent que (tra la la lalère)

Tout va bien on maîtrise l »épidémie

Restez cloîtrés et dans vos monastères

Dieu sauvera les derniers survivants, alors priez

Et agenouillez-vous aux prêches des nouveaux curés

Fin de journée ciel magnifique

Crépuscule divin et pourtant

L’heure du couvre-feu trépasse les couleurs

Tu vieillis dans ton coin

Comme un connard plein de Bitcoins

Qui n’y connaît rien que coin coin

Qui ne parle pas globish, monnaie de singes

Paraît il mais dans les champs les plus fertiles

Jamais les paysans ne récupèrent leurs chants

Ils les vendent à qui mieux-mieux

Comme les autres ils seront les derniers

A se faire vacciner , croiront que leurs enfants

Sur Mars iront récolter le blé et les étoiles

Des grands cuisiniers de l’espace

Recettes récolées sur de petits livrets

Que de mornes princes aux doigts agiles

Ces nains variants décérébrés

Taperont sur un clavier

Avant de mourir nus, tout en piquant du nez.

23 02 2021

AK

https://www.courrierinternational.com/article/suisse-saint-moritz-exil-dore-pour-clients-fortunes

https://www.letemps.ch/suisse/skier-noel-lobstination-suisse-horrifie-presse-europeenne

Monstres à bras raccourcis?

En ce moment les arbres sont nus et ont de drôles de trognes, animaux fantastiques ou monstres de science fiction…

Des Gérard pris au hasard (2)

https://dodomartin.wordpress.com/2021/02/13/analepse/

En voici une variation (également très romantique !

l’épisode 1 est dans la rubrique « écrits ici et pas ailleurs heureusement »

Gérard je thème (2)

Quarante ans désormais nous séparent de cet amour mi natatoire (Porec), mi (bon, inventons un mot) nimportnawak , pour la définition, merci de vous rendre chez les inuïts, où ce mot signifie « as-tu pu tuer ce phoque qui se cache depuis un mois derrière Fram l’ours polaire dont notre mère nous racontait l’histoire quand nous étions enfants ». Les danois rédigent les premières pages du futur dictionnaire esquimo-danois. Mais revenons-en à nos héros, Marion et Gérard. Oh, mes pauvres amis, l’histoire n’est finalement pas très gaie. Comme dirait Tchékov, l’Amour est un très beau pays quand on ignore ses bagnes, ses obligations de mère et ses enfants diplômés qui n’ont toujours pas de travail. Marion vient de fêter ses soixante ans, travaille encore à l’hôpital nuit et jour ; Gérard a tenté de se pendre au câble de secours du télésiège où un ouvrier s’est électrocuté, suite à une mauvaise manipulation (la direction a dit qu’il cueillait des edelweiss pendant sa pause et que l’oxygène des hauteurs lui avait tourné la tête). Pourtant, et c’est exceptionnel, Marion et Gérard vivent ensemble depuis maintenant trente ans. Ils ont une fille, Annabelle, qui ne lit les journaux et suit la marche du monde qu’une fois par mois, quand les nouvelles arrivent aux îles Kerguelen, endroit où l’on se passionne pour l’évolution de l’élevage des saumons , et la fonte des banquises qui ne sont plus qu’ice-crimes. Comme tous les couples qui ont des enfants, ils collectionnent les images.

Des images sans intérêt qui terminent dans des albums que personne n’ouvre, sauf si l’on veut emmerder les proches parents qui habitent à côté pour être sûrs qu’ils ne reviendront pas vers quinze heures, quand on tente de faire l’amour après un repas forcément trop copieux.

Des baisers de Porec et des promenades sur les plages de l’Adriatique, quels souvenirs communs conservons-nous, Gérard ?

Ma pauvre Marion, je crains qu’à nos âges nous soyons devenus nous-mêmes des souvenirs, des objets que l’on pose sur les cheminées, des photos encadrées dans de petits cadres que la suie colorera, je crois, Marion, que nous devenons ces fantômes que nos pas sur le sable gris de Porec croyaient écrire sur l’éternité du moment, sur le vécu aucun effacement possible, là où nous avons marché nos empreintes seraient éternelles…

Là, je me dois de remercier les lecteurs et lectrices de leur infinie patience, de leur aptitude à rester éveillé(e)s après ce long saut dans le temps, qui passe des dix-huit ans de Marion et vingt huit de Gérard à quatre décennies plus tard, comme par magie, et sans aucun lien, hormis celui qui les unit depuis (bon je recompte : dix doigts de la main plus dix doigts de pied et dix de der…(soit de Porec à Valloire sur votre prochain achat sur internet).

Il faut donc résumer notre affaire : après leur rencontre amoureuse et les ébats vacanciers sur la côte Adriatique, qui se répétèrent deux étés successifs, Marion regagna Paris et retourna chez son cacochyme de père, Philippe, pour terminer ses études et promener le vieux Lucien, le chien du vieux, qui avait arrosé tous les lampadaires de Paris et persévérait dans sa logique canine : trois balades par jour, trois pissats sur les godasses des passants, qui attendaient un rendez-vous amoureux au pied des réverbères, comme il a déjà été raconté dans une autre histoire. La vie de Marion est très routinière. Le ciel de Paris est souvent gris et ses apprentissages médicaux la captivent. A vingt ans, elle obtient un diplôme d’aide-soignante (Lucien doit y être pour quelque chose se dit-elle), et continue ses études de médecine pour devenir infirmière en alternant ses cours avec ses vacations entre l’hôpital Tenon et l’hôpital Mortaise. Elle a quelques amies et s’autorise quelques sorties nocturnes (elle est boursière et donc moins dépendante du vieux Philippe), rencontre des garçons et parfois couche avec, en explosant les gestes barrière et le couvre lit en feu. Pourtant, au fond d’elle-même, c’est l’image de Gérard qui hante ses nuits. Elle le revoit, sautant un muret de pierre pour la rejoindre sur la plage, athlétique, grand, bronzé, elle revoit le lit du Park Plava Laguna (125 euros à cause du Covid), ses quatre oreillers pour chacun où ils firent l’amour avec passion (tirez les rideaux, Marion va pleurer et ses paupières gonfler à ces merveilleux souvenirs). L’appartement de son père, au troisième étage d’un immeuble ancien, s’il était son unique refuge (les loyers sont très chers) devenait avec le temps un univers carcéral, et promener le vieux clébard trois autorisations de sortie quotidienne, qui lui faisaient il faut l’avouer, grand bien. Parfois elle avait cette impression d’être sous bracelet électronique et Lucien son garde-chiourme. La vie à l’hôpital la rassérénait, sauver ou s’occuper des autres l’avait ancrée dans le réel, qu’elle compensait par la virtualité d’un écran quand elle rentrait chez elle, épuisée mais heureuse d’avoir rempli sa fonction hospitalière.

Dix ans passèrent ainsi. Elle avait vingt huit ans et les poussières d’ange filaient sur ses cheveux (elle aurait du utiliser le shampooing à la kératine de chez Franck Provost -mon futur sponsor-). Cette année-là son père calancha. Elle hérita du logement et de Lucien, qui lui léchait les jambes quand l’heure venait de la promenade. Le lecteur attentif pourrait croire que Lucien avec ses tendres léchouilles dissipait peu à peu, dans le for intérieur de Marion, le souvenir de Gérard. C’était en partie vrai, mais la raison en est très différente : ils s’étaient simplement, en dix ans, perdus de vue.

Heureusement, le narrateur ici présent, avait de son côté suivi le cours de la carrière de Gérard (merci internet), et en voici les grandes lignes.

Durant la pandémie qui frappa le monde entier (certains doivent s’en souvenir), l’entreprise Pomagalski dut licencier un nombre important de ses employés. Les remontées mécaniques étant fermées dans tous les massifs alpins français, il n’y eut pas d’autre alternative. Gérard étant un bon élément, un ingénieur ingénieux, il fut envoyé dans un premier temps à Grenoble, pour vérifier les infrastructures des télécabines (boules chez les belges, œufs dans les Pyrénées) qui montent au-dessus de la ville. Puis il fut muté à Barcelone, pour celles de Monjuich. Un court passage à Bilbao et Lisbonne pour l’entretien des petits elevadores, puis le grand saut à Rio de Janeiro, pour celui du Corcovado. Son métier particuler parcourait tous les espaces en pente de la planète, et Marion, c’est ainsi que les hommes vivent, n’était devenue qu’une nébuleuse dans sa vie d’incessants voyages, dans les rouages graisseux d’une profession compliquée. C’était une décennie complexe où chaque matin ouvrait sur un destin incertain.

Cela faisait maintenant dix ans qu’ils avaient quitté les rives de l’Adriatique, les vacances d’été et les promenades pieds nus sur les plages de Porec, et pour Gérard Valloire s’était évaporée dans les brumes de sa jeunesse. Il était à Valparaiso quand lui parvînt un étrange mail. « Je cherche un homme qui s’appelle Gérard, que j’ai connu en Croatie il y a dix ans. En regardant les photos sur Google, il m’a semblé vous reconnaître. Est-ce vous ? »

Gérard travaillait alors sur l’ascensor Artilleria, le plus vieux de Valparaiso. Bien pire que la grand roue du Prater de Wien. Il n’avait qu’une envie, hurler eh oh hissez haut, que je mette les voiles loin d’ici ! Il en avait marre d’être à l’autre bout du monde, et tentait de garder raison face aux complotistes qui ne manqueraient pas de dire ah, vous voyez, si vous êtes au bout du monde, c’est bien la preuve que la terre est plate ! Il commençait à devenir un peu cinglé, et picolait sec dans les bars du port. Dans un espagnol très castillan, il demandait quand partait le prochain bateau pour les îles de Pâques, il voulait aller y ramasser des œufs pour les offrir aux petits chiliens miséreux. Dans ses rêves, il bâtissait une villa sur l’ilôt Clipperton, territoire français à la longue histoire coloniale, mais aux deux cents miles marins très poissonneux et aux nodules polymétalliques très rentables si exploités (soit dit en passant et poil au nez). Il invita le mail à partir explorer sa corbeille sans couronne ni fleurs. Il attendrait quelques mois de plus pour comprendre son erreur. Celle du narrateur étant d’avoir livré la fin de l’histoire et de maintenant ne pas savoir comment s’en sortir !

Sauf si Marion et Gérard (60 et 78 ans) ne meurent pas avant ! Bon, on verra bien !

20 02 2021

AK

Photo tirée du site : https://korke.com/les-ascenseurs-de-valparaiso/

Ascenseur de Valparaiso

Dans la série les groupes ringards qui ne se sont pas foulés au niveau des paroles

https://www.franceinter.fr/societe/abattage-massif-de-canards-dans-le-sud-ouest

Vivement la réouverture des bistrots, il y en a marre de ne plus entendre de conneries au café du commerce ! (on en entend et voit assez à la télé)

Petits oiseaux, prêtez-nous vos ailes !

(13 mars 2013)

Les passereaux pépiaient. Ils se baladaient sur le boulevard des Airs, formant de petits groupes joyeux, bavards, les ailes chamarrées et le bec grand ouvert, gobant le temps printanier à pleins poumons, discutant de l’état du monde d’en-dessous, fientant en riant sur la tête des chasseurs qui, en cette saison, ne pouvaient leur répondre à coups de fusils. « Bon temps, belle vie » était leur slogan favori du moment. Les plus volubiles se trouvaient être les mésanges charbonnières, dont la quantité dépassait en proportion le nombre global des volatiles présents sur le boulevard. Leurs ailes grises et noires barrées de blanc, leur ventre jaune et leur tête noire inondaient l’espace de « titiu titiu », semblables à des coups de klaxon incitant les autres, bouvreuils aux gros bedons rose-rouge, d’allure massive, rouge-gorges stressés, bergeronnettes tressautantes comme de jeunes vierges effarouchées, à leur céder le passage sans autre rappel que celui de leur nombre. Et tous ces va-et-vient laissaient les hommes perplexes, qui erraient sur leur boulevard de terre, la tête basse et le visage éteint.

A mi-chemin du ciel céruléen et du sol aride, un chat voletait en sourdine. Marquis de Carabas subtilement ailé (il avait croqué quelques anges dans l’intimité des boudoirs aériens que suivent les aéronefs avant de se poser sur la couche d’ozone où dorment les nymphettes), aiguilleur famélique mais confident des grues cendrées, des hirondelles et des palombes, il surveillait le vol des passereaux avec acuité, toujours prompt à verbaliser de ses crocs celui qui manquerait à l’obligation de rester dans les clouds. En bas, des enfants dissipés galopaient et parfois, les deux pieds ancrés au macadam, chargeaient un gros caillou dans leur fronde rustique, taillée par leur soin dans une fourche de noisetier tendre à l’aide d’un canif suisse décoré non d’une croix blanche comme une arme mais d’un parachute doré d’avant la votation. Le gros caillou soudain s’élevait dans l’air, mais la faiblesse des élastiques (taillés dans des chambres à air de vélo) faisait qu’il retombait lourdement sur la tête des parents, bosselant leur crâne. Parfois le caillou atterrissait sur le béret d’un ancêtre, et le tuait sur le champ. On parlait alors d’arrêt cardiaque, de mort subite, de coup du sort, et ce afin de n’ alerter ni la Presse, ni les gendarmes, susceptibles d’enquêter sur les raisons sous-jacentes induites possiblement par ces actes enfantins. Les questions d’héritage ne se soulevaient qu’en famille, une fois le caillou retombé, mais certainement pas dans un commissariat.

L’ambiance était paradisiaque, les hommes déambulant en bas, repeignant les lourdes balustrades d’allers-retours familiaux, les oiseaux au-dessus d’eux voltigeant en aéroplanes froissant l’air avec volupté, maman les petits oiseaux balaient le ciel avec des plumeaux colorés comme celui de la bonne, mais non mon gros bétâ ce sont des drones, le marquis de Carabas faisant la conversation avec le chat du Cheshire posté dans les branches hautes des sapins, près du divin funiculaire, bref un dimanche comme d’autres, penserait-on. Mais c’était sans compter avec le gang des étourneaux, qui passa en nuage serré déverser ses minuscules obus de guano avant de s’éclipser vers les immeubles de Zaragoza , poursuivi par une brigade de geais poussant des cris secs et des gloussements bizarres (un rap rhapsodique de « rei rei »), interceptant au passage quelques piverts en train de crever à coups de bec les pneus des véhicules à moteur faisant la queue de pie à l’entrée du parking de saint Georges, dit le Tigre (encore un pote à Carabas). Spectacle digne d’une excellente campagne électorale : une couette bourrée de plumes déchirée à coups de becs qui explose et s’expose aux chalands soudain déboussolés, le cri des enfants qui croient béatement que la neige tombe à l’orée du printemps et découvrent que celle-ci est chaude et impossible à mettre en boule, contrairement aux parents dégoûtés qui hurlent de dépit, mais quel monde va-t-on laisser à nos enfants, non mais je vous jure, avec le réchauffement climatique voilà-t-y pas que la neige est chaude maintenant, et ces oiseaux de malheur qui se moquent de nous à longueur d’année, ah, mon bon monsieur, ma bonne dame, la pêche aux électeurs est ouverte toute l’année, alors pourquoi la saison de la chasse est-elle limitée à seulement quelques mois, je vous le demande et pof ! un drone s’abat sur le braillard, le réduisant à l’état de bulletin blanc souillé de rouge (encore un qui ne votera pas Mélenchon). C’est le boulevard en fête, on se dispute dans les airs, on s’entretue sur terre, les petits gones balancent des pierres à qui mieux-mieux, Xième infantiladada, les vieillards tombent, raides comme l’injustice faite aux petits retraités, du balcon des Pyrénées quelques gentils entrepreneurs conversent et comparent les lieux de villégiature où bientôt, au-delà des blanches cimes, ils s’envoleront, migrants aux pieds légers, chevauchant leurs Pégase bien loin des mercuriales et du chant des oiseaux.

-par AK Pô

09 03 13

Il avait La pointe exotique le Boby !

Histoire de sourire un peu avant que la nuit ne tombe !

les mardis de la poésie : spécial monsieur Carnaval !

Carnaval, de Théophile Gautier

Venise pour le bal s’habille.
De paillettes tout étoilé,
Scintille, fourmille et babille
Le carnaval bariolé.

Arlequin, nègre par son masque,
Serpent par ses mille couleurs,
Rosse d’une note fantasque
Cassandre son souffre-douleurs.

Battant de l’aile avec sa manche
Comme un pingouin sur un écueil,
Le blanc Pierrot, par une blanche,
Passe la tête et cligne l’oeil.

Le Docteur bolonais rabâche
Avec la basse aux sons traînés;
Polichinelle, qui se fâche,
Se trouve une croche pour nez.

Heurtant Trivelin qui se mouche
Avec un trille extravagant,
A Colombine Scaramouche
Rend son éventail ou son gant.

Sur une cadence se glisse
Un domino ne laissant voir
Qu’un malin regard en coulisse
Aux paupières de satin noir.

Ah! fine barbe de dentelle,
Que fait voler un souffle pur,
Cet arpège m’a dit : C’est elle !
Malgré tes réseaux, j’en suis sûr,

Et j’ai reconnu, rose et fraîche,
Sous l’affreux profil de carton,
Sa lèvre au fin duvet de pêche,
Et la mouche de son menton

Théophile Gautier

tiré du site : https://www.poesies123.com/poeme-carnaval-theophile-gautier/

Un classique, qui se regarde toujours avec plaisir :

Un zeste de Jackson C. Frank pour terminer :

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