Brexit : une balafre irlandaise?

En 1980, ma compagne et moi avons remonté l’Irlande, de Cork au sud à Large (au-dessus de Belfast) pour prendre ensuite le bateau jusqu’à Stranrae, en Ecosse (?) à cheval sur notre moto MZ 125. J’en parle ici car avec l’annonce de l’imminence du Brexit le souvenir m’est revenu des ambiances bien différentes en l’Eire et l’Ulster. Dans la première, il y avait du monde dans les églises et peu dans les pubs. Passée la frontière, les pubs étaient bourrés de monde, pour l’aspect religieux je ne saurais dire. Le fait est que nous eûmes le sentiment de rentrer dans un pays en guerre : des sacs de sable protégeaient les commissariats, les postes frontières, des soldats en arme veillaient, des coussins berlinois énormes (des dos d’âne) limitaient vigoureusement la vitesse des véhicules, bref une ambiance très tendue régnait. L’IRA combattait en sourdine, les attentats, les attaques et les règlements de compte fleurissaient, Bobby Sand et certains de ses amis nationalistes allaient mourir un an plus tard dans la prison de Maze. Bref, c’était chaud. Une très bonne fiction  (le feuilleton sur France Culture) retrace toute cette période de l’Histoire, c’est passionnant! https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-le-feuilleton/saison-28-08-2017-08-07-2018

Il est à craindre que dans les conditions dans lesquelles le Brexit se met en place ne resurgisse des tensions extrêmes dans ce pays qui a subi tant de misère et de déchirures sociales et politiques.

En 2010, me déplaçant en utilisant les transports locaux, je me suis baladé dans l’ouest de cette verte Irlande (entre Galway et Clifden, en passant par les îles Aran). En revoyant les photos, je me suis étonné de la plénitude qui règne sur les paysages, avec toujours de gros nuages sombres qui rôdent dans le ciel, comme une menace à la paix qui perdure depuis une quarantaine d’années sur cette île mystérieuse et belle.

Les histoires d’un jour se lèvent le lendemain aux bras d’autres récits

Les histoires d’un jour se lèvent le lendemain aux bras d’autres récits. Celui qui te masquait le chagrin et la peine dessine désormais sur des mers lointaines des lettres aux courbes lentes, que les vagues encore mugissantes déposent sur la plage. Tu y réponds sans cesse, et la marée transporte cette correspondance sur les ailes du vent. Voilà d’où il venait ce grand bruit dans la nuit, d’un pet de capitaine sur le tillac fantôme d’un navire qui sombre. Tu crois que je me moque, mais qu’en sais-tu? Je vois ton œil narquois relire, un peu plus haut, les premières phrases, cherchant l’exact endroit où change le discours.

Tes mains sont sur la plage, décrivent des volutes sur le sable. Ton esprit volubile rédige son message qu’un albatros relit par dessus tes épaules avant de l’emporter par delà les océans jusqu’à moi, qui l’espère. Je ne survivrais pas à ton silence. Nous avons partagé tant de lueurs blafardes, de nuits sourdes et d’embruns meurtriers quand, sur les ponts luisants nos vies glissaient sans rompre leurs amarres, qu’aujourd’hui sur cette île où je me suis échoué les larmes inutiles scintillent comme une lame de couteau brisée. Par les venelles étroites tu remontes à présent vers la ville haute, au sommet de laquelle s’ouvre l’horizon quand, les volets ouverts, tu respires et m’embrasses. Que ce baiser est doux. Je suis si près de tes lèvres que j’en tremble de fièvre sur mon rocher perdu. Des sternes sourcilleuses aux rires cyniques m’épient et me menacent. Ce caillou est le leur, il n’est que mon exil, mais c’est le seul endroit d’où je t’aperçois, alors je me débrouille pour conserver ma place.

J’aime les géraniums qui pendent à ton balcon et la ferronnerie des balustres quand tu te penches pour voir si dans la rue je ne remonte pas. Le rouge carmin des fleurs évoque la rondeur de tes seins à la pointe desquels les aréoles se dressent comme une table mise pour la venue d’un prince. Saurais-je encore me tenir correctement, en ta présence, quand ici la seule nourriture est l’espoir, que mon esprit s’écaille et que grandit ma soif d’en finir. Que l’air doit être frais sur le Campo Alto. Tu y allais souvent, trop à mon goût. J’étais jaloux. Tu revenais les jambes cinglées d’éraflures de ronces, épuisée mais ravie de déballer soudain de ton cabas quatre récipients combles de mûres violettes comme de l’encre. Parfois moi aussi je te rendais jalouse. Quand j’allais sur le port. Tu pensais que quelques sirènes me tourneraient l’esprit, et il est vrai que parfois, sans y songer vraiment, leurs chants me séduisirent sans que pour autant je me jetasse à l’eau.

Sur le pont des navires où tu m’accompagnais de ta présence diffuse, j’ai vu bien des saisons et pour toi survécu à tant de dépressions qu’il m’est devenu impossible de noyer mon chagrin et ma peine dans la décrépitude de l’absence. Si le cuir tanné de ma peau s’est durci sous le sel, le vent a su graver de magnifiques rides et, les copiant sur l’onde, les courants sur les filets du temps à tes pieds les déposent en écumes légères. C’est ainsi que je t’aime. C’est l’Eté, dans la ville, et les touristes affluent. Le port, en pleine effervescence, draine sur ses quais des partances joyeuses, des foules colorées qui partent sans regrets, et toi ce soir, je le sais, je le sens, évanouïe dans la nuit qui descend, à quelques encablures de là tu marches sur le sable en direction du phare où j’attends ta venue.

Dans cette crique où nos amours fondirent le sable en cristal, où la roche fleurît et l’océan poudroya nos élans tu arrives à présent. Vêtue sommairement de ta chair fragile de femme, laissant les continents s’enfoncer dans l’absurde, tu entames une danse et m’en montre les pas. D’ici, en plein soleil, je te regarde faire. Vaste est la mémoire qui contemple l’horizon, et vivace l’esprit dont le cœur est rempli. Tu danses divinement. Je gagne le rivage, libérant les sternes d’une cohabitation contrainte et forcée. Sur le rythme saccadé des vagues mon corps en transe décuple son énergie. Déchirant les océans nos mains expertes peu à peu écorchent les distances, et mille lieues soudain ne sont plus rien, que cet endroit précis où nos corps se pressent et se saisissent. Au balcon fleurissent les géraniums, sur tes tétons mes lèvres durcissent le ton et notre rire détruit la peine et le chagrin des ailes de l’albatros. Les histoires d’un jour se lèvent le lendemain aux bras d’autres récits.

AK

08 03 2009

Un petit délire très visionnaire(!) de 1980

Cet enfant était venu précocement d’une éjaculation. La fille du laitier -dieu sait pourtant combien elle en avait trait, des pis- devînt ma femme. Elle avait seize ans et moi quinze. Une dérogation avait suffit au mariage. Cet enfant naquit hermaphrodite. Incestueusement nous l’aimâmes, jusqu’au jour où ma jeune épouse avoua (le fallait-il?) attendre un nouvel (heureux) événement.

Un être androgyne en fût l’issue. Les années passèrent. De fortes tendances héliciculturelles naquirent entre eux (ma femme et l’androgyne), à tel point que deux siamois(es) sortirent simultanément de leurs ventres accolés. Ma femme, alors âgée d’une quarantaine d’années, profita du fait que je me pendisse pour récupérer un peu de sperme qu’elle enfouît illico sous sa jupe au pied du gibet. Les siamois(es) venaient y danser les nuits de pleine lune. L’ellébore poussa et elles l’absorbèrent. Alors le Diable sortit du taillis. Le Moyen Åge attendait l’écartèlement de Ravaillac. Le Moyen Orient attendait le Maître du Grand Orient. Chacun fît le point. Sapho devînt Scareface, les sophistes s’affaissèrent.

Le Diable possédait une santé de fer et le bronzage d’un sexe charnu. S’il eût été Dieu, il eût pu baiser l’humanité entière. Le Diable se rendît à l’Assemblée des hommes, et tout en se masturbant, déclara : « Mesdames Messieurs, un enfant va naître d’une précocité éjaculatoire, ce gosse fera l’Histoire, et vous en chierez tous ! »

Un grand brouillard au parfum douteux envahit alors la planète. Dans le ciel séchaient déjà ses langes que des anges joufflus surveillaient en criant son nom : Jésus.

AK

11 10 1980

estos son los nuevos productos del mar (jour de grève de la jeunesse pour le climat)

Une vidéo à la fois amusante et désespérante :

Et ceci, humour (noir) extrait de la Radio Télévision Suisse (en 2013):

 

comment allez-vous? (Positive black soul) + Jacques Debronckart (découverte du jour)

un jeudi sans musique c’est comme un chat blanc qui danse dans la nuit noire.

musique festive (ALBUM RUN COOL sorti en 2000)

la découverte du jour : Jacques Debronckart:

 

Charles Juliet, court extrait de « Gratitude », journal IX (2004-2008), (chez POL éditeur)

Charles Juliet, « Gratitudes «  2004-2008, un journal plein de sensibilité et d’humanisme qui se lit sans difficulté (pour les paresseux comme Chinou)

Extrait:

page 158 :

23 janvier

« Geneviève m’a raconté un épisode de sa randonnée au Niger. Elle, une amie et trois Touaregs avaient passé la nuit en plein désert, dans un endroit à l’écart, loin de toute piste et de tout campement. Un matin, alors que la chaleur commençait à se faire sentir et qu’ils s’apprêtaient à lever le camp, ils avaient eu la surprise de voir arriver un 4X4 flambant neuf. En étaient descendus un homme portant costume-cravate, une femme élégamment vêtue -bijoux, escarpins à hauts talons – et deux petites filles qu’on avait briquées, l’une d’elle (sic) tenant à la main une sorte de violon. En ce lieu, rien ne pouvait être plus incongru qu’une telle apparition, et fort intriguée, Geneviève s’était demandé ce qui amenait ces gens. La réponse n’avait pas tardé. Autour des puits, les nouvelles s’échangent, puis se répandent plus rapidement qu’on ne croirait. Cet homme avait appris qu’une touriste possédait un polaroïd, et il venait se faire photographier avec les siens. Auparavant, il était allé prendre les deux petites qui vivaient avec leur grand-mère dans un campement de nomades. Ne sachant pas où se trouvaient les gens qu’il voulait rejoindre, il avait suivi leurs traces et fini par les trouver.

Un Touareg avait déroulé un tapis.Visages figés, l’homme, son épouse et les deux petites filles avaient pris la pose, et l’amie de Geneviève leur avait remis quelques clichés qui les avaient comblés. »

Dessins et peintures par Chinette

Les idées de Mars, les poisons d’Avril

Avril me filait, et bien que j’évitasse de marcher à découvert, je sentis pertinemment le froid m’enrober et me glacer le sang, semblable à un vieux discours mille fois répété: tu dois t’en sortir tout seul, ne compte sur personne. Les murs lépreux de la rue du Moulin descendaient dans la nuit et seule une tribu de chats persiflèrent à mon passage, narguant mon attitude fugitive. J’étais en proie à une accréditation mortelle à laquelle je n’osais faire face. J’avais peur. Une de ces peurs qui va remuer au tréfonds de soi des sentiments de panique et affuble de tremblements incontrôlés le moindre geste simple, comme allumer une cigarette ou pointer un cochonnet.

Cette impression d’engouffrer des ombres vivantes de souvenirs me vidant de toute humanité m’angoissait alors que le bringuebalement lointain d’un train se fit entendre au-delà du gave, en provenance de la Croix du Prince. Son bruit était caractéristique de celui des trains de marchandises, et je fus stupéfait de soudain me rappeler qu’il n’y avait plus ce type de rame depuis des lustres sur la voie Pau-Oloron. C’était de ma part soit une erreur d’aiguillage de mon jugement, soit un retard de plusieurs décennies pris par le convoi pour rejoindre sa destination. Pourtant, le bruit augmenta, que cadençait avec certitude mon oreille, et bientôt l’épaisse masse atteignit le pont de fer incurvé. Je la regardai avec tension, depuis le lavoir à l’angle de l’avenue Heid. D’où sortait donc ce train aux wagons pareils à des bétaillères, à une telle heure, après tant d’années de trafic interrompu? Était-ce un TER ayant subi une mutation génétique, un mirage qu’avril tendait comme un fil sur mon désarroi funambulesque pour m’ôter toute volonté de vaincre ma peur, je ne sais. Mais ma destination changea. Parti pour enjamber le pont du XIV juillet, je me tournai vers la gare que je gagnais à grands pas. Il me fallait savoir d’où provenait ce train, ce qu’il représentait.

L’horloge du frontispice indiquait trois heures du matin. Dans l’espace désert et sombre se mêlaient d’étranges silhouettes, mi-ours, mi-démons, dansant au rythme des ronflements du chef de gare, qui logeait au-dessus du buffet de la gare. Des rats faisaient la java près de l’Ousse et le vent jazzait dans les branches hautes des platanes de l’avenue. Parfois un cormoran, insomniaque ou rêvant de pêche au lamparo, poussait un cri rauque et bref. Le convoi quant à lui se fit presque silencieux, glissant lentement sur la voie numéro cinq jusqu’au poste n°1, direction Lourdes, où il stoppa. La Micheline lâcha quelques borborygmes dignes d’un hôtel borgne en période estivale avant de s’éteindre. Les dix wagons semblaient également s’être endormis durant le parcours. Aucun cheminot ne parut sur le ballast et pourtant je ne rêvais pas: ce train avait une existence formelle, palpable, indubitable. Avril avait encore dans ses bagages un lot de nuits fraîches et brouillasseuses qu’il utilisa dans le dessein de me faire quitter les lieux, afin que la scène restât sans témoin. C’était sans compter sur mon opiniâtreté ordalique. Si, en cet instant, les chats de la rue du Moulin s’étaient présentés, aussi menaçants qu’ils puissent paraître, je les aurais sans vergogne transformés en gouttières dézinguées, tant ma détermination à élucider ce mystère dépassait les bornes de la compréhension humaine.

Comme un trou dans le temps. Un silence gagna l’espace environnant, silence pesant comme une masse de pierre se détache des flancs de la montagne, un silence tel que seule la comparaison avec cet instant unique et quotidien du passage de la nuit au jour peut révéler: immense et fugace.

Montèrent alors, l’un après l’autre, les bruits de l’intérieur. D’abord, se distinguèrent les sanglots d’enfants en bas âge, puis le raclement des ongles sur les parois, ensuite vinrent les lamentations des femmes, enfin les cris désespérés des hommes. Tout cela sourdait dans les boîtes closes que le convoi charriait, et la ville dormait de son sommeil profond. Qui pouvait entendre ces thrènes ferroviaires que soixante dix ans d’Histoire emportaient vers la Mort, cette nuit-là? Quel insensé tenterait-il de reboucher avec la poussière des jours les trous de mémoire béants, me demandai-je alors que l’aube pointait et que redémarrait le train. Avril y pourvoirait, désormais, je m’en fis le serment. Tant que reverdiront les feuilles aux bras tendus des branches, tant que se dissiperont les bulletins de vote dans les urnes fascisantes, je n’oublierai pas, je témoignerai, je lutterai pour que cela ne se reproduise jamais, ni ici, ni ailleurs.

AK Pô

27 03 10

de Maurice Chevalier à Areski et Fontaine (+Brexit 1974) : un dimanche de Mars

(les arbres ont des oreilles qui écoutent le vent)

Tout d’abord, pour ceux qui oublient ou ignorent une époque révolue, une chanson de Maurice Chevalier. A noter le passage « récité » s’adressant directement à Hitler. Une chanson d’avant-guerre (elle sera déclarée quelques mois plus tard) :

Ensuite, un live de 1973 d’Areski et Fontaine, couple que j’ai toujours plaisir à écouter, dédié à celles et ceux qui se léveront demain lundi pour aller bosser !

Synthèse : prenez le temps d’aimer, moi aussi ! (et nous, donc!)

Bon, la sieste est terminée? Alors, on se réveille (avant le Brexit) :

embarquement pour les îles Kerguelen

Ma chère Hélène,

Ça y est, enfin!

J’embarque ce matin sur l’UPPA-SALMEVOL, un beau navire à destination des Kerguelen. Nous appareillerons mi-novembre , ce qui me laisse juste le temps de t’écrire ce court billet. Nous sommes quatre (deux chercheurs, un ingénieur et un technicien, issus de l’UFR de Sciences et Techniques de la Côte Basque et du pôle -sud?- d’hydrobiologie de Saint Pée sur Nivelle) à poser nos havresacs sur le bastingage, sous l’œil bleu et profond du capitaine Achab, seul maître à bord; l’équipage est restreint, du fait de la Crise, et nous devrons participer aux manœuvres. J’ai pris de quoi peindre « Fac De Pau » sur le petit foc, ce qui, je l’espère, nous portera chance au niveau du passage du cap Horn.

L’expédition qui nous conduit vers les terres australes a pour motif essentiel l’étude des populations de salmonidés, et plus particulièrement l’évolution et l’adaptation réussie d’une forte colonie implantée voilà une cinquantaine d’années, et dont nos connaissances actuelles permettent d’appréhender quelques perspectives intéressantes. Bien entendu, nos recherches engloberont bien des aspects techniques (démographie,génétique,comportement), visant à envisager de possibles et novatrices implantations de salmonidés dans de nouveaux environnements. Tu me diras, Hélène, qu’en général, toutes ces expéditions scientifiques débouchent sur l’amer constat d’une planète en perdition, et qu’il est difficile, de nos jours, de garder un optimisme qui ne soit de rigueur. Pourtant, nous avons espoir de découvrir quelques mécanismes, aussi rares soient-ils, permettant d’évoluer concrètement, et d’ainsi redonner un peu confiance à ceux qui persévèrent à croire en l’homme, respectueux de la nature et de ses nourritures terrestres.

A Port-aux-Français nous attend « La Curieuse », navire scientifique n’ayant rien à voir, je te rassure, avec la gabarre « le Gros Ventre », que Y.J. de Kerguelen de Trémarec (1734-1797) abandonna avec ses hommes à bord lors de sa première expédition (1772), alors que la tempête séparait les deux navires (il naviguait sur « La Fortune »). Ils survécurent, suivant les escales prévues initialement (Timor, côtes australiennes) dans des conditions effroyables. Mais c’est une autre histoire.

Hélène, ne te fais point de souci pour ma survie en ces îles de la Désolation: outre un petit ballon pour jouer avec les otaries et mon smocking pour séduire les manchots royaux (je passe sous silence les éléphants de mer), un cheptel de 3500 moutons, des animaux exogènes introduits involontairement (lapins, chats, rennes, rats) accompagneront parfaitement la soupe aux choux de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica) et les légumes cultivés sous serre. Le vendredi, nous dégusterons, qui sait, un filet de légine, poisson très convoité, si celle-ci veut bien se partager en 120 portions (nombre de scientifiques en campagne d’été, hors ingénieurs et techniciens du CNES), sous les pentes du Mont Ross, volcan de type strombolien qui donne envie de relire Jules Verne et Jørn Riel (Groënland) en fumant du saumon.(*)

J’espère que ce billet te parviendra à temps afin que je puisse te voir une dernière fois, agitant sur l’embarcadère ton grand mouchoir blanc quand retentira la sirène.

Je t’embrasse.

Ton P.E. Victor

(*) les éditions Gaïa, qui publient Riel, ont les pages roses.

 AK Pô

11 11 09

%d blogueurs aiment cette page :