La nuit, je vends (mon ventre).

La nuit, quand je me souviens d’être à peine à moitié ivre,

Je relis ma vie dans les feuillets d’un de ces vieux livres

Qui raconte une histoire incertaine que je n’ai pas suivie

Le temps n’est pas maudit mais tous les maux sont dits

Mon unique plaisir est encore de lire entre les lignes

Bien que mes mains soient froides quand le feu charbonne

Les derniers cahiers de l’enfance et les calcine en joie

Ces feuilles écrites que les flammes de ma jeunesse

Vomissent encore alors que je ne suis qu’à moitié ivre

Combien de hasards nocturnes ont traversé ces pages

Le crépuscule seul saura les compter, ultime opuscule

D’une vie désordonnée, suite royale d’existence plurielle

La nuit, quand je me souviens d’être à peine à moitié ivre,

L’autre aspect du néant ses fragments éloquents, ses vivres

Qui nourrissent l’histoire d’infernaux appétits boulimiques

Sous la couverture de ce livre si vieux en fait je m’endors

Et mes ongles souillés de boue alors ouvrent le firmament

Et la porte céleste n’a plus besoin de clé pour ce paradis

Je suis l’archange, je suis la banque, mon coffre est fort

Le temps n’est pas maudit les shérifs sont partis jouer

Dans les tripots de Floride où ils vomissent mon destin

En buvant du Bourbon, cette salive dorée sur les lèvres

Qui dégouline de leurs palais, de leurs dents blanches

Comme les pages de ce vieux livre à la couverture sale

Qui enveloppe ma vie, quand je me souviens à peine

D’avoir franchi le cap sans espérance de la vieillesse

Une nuit où je lisais les lignes de mes mains caleuses

Y cherchant du whisky pour lécher le sourire d’une femme

L’autre aspect du néant ses fragrances éloquentes, son rire

Comme une soupe chaude versée à l’auberge du bonheur

La nuit, quand je me souviens d’être à peine à moitié ivre,

Je relie ma vie à toutes les feuilles mortes que le vent délivre

Pour en faire un récit, ultime opuscule d’une vieillesse

Qui raconte une histoire incertaine que je n’ai pas suivie.

07 12 2024

AK

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