Juste une citation de ce joyeux humoriste, puis une balade dominicale à Honfleur, fleurs et couronnes garanties sans virus…
En route! (cliquez sur l’image pour l’agrandir)
Le dernier trajet
Elle ne savait pas qu’en quittant ses bras j’emportais son parfum,
Que je laissais dans la morsure étroite de ses lèvres l’étrange poésie
La salive des mots, le suint des chaudières, l’ambition du néant,
L’abandon des saisons dans le bruit routinier des trains, des wagons
La fumée blonde des excès et des alcools maudits, silencieuses vigies
Je partais sans le lui dire ç’aurait été encore des larmes compliquées
Des moments inutiles et des mots sans paroles, des dents incapables
De mordre la poussière , quand j’eusse préféré que nous partageassions
Ce grand lit à ressorts, cette vie de rebonds sur le vieux matelas
Où elle regarderait mes sens tournebouler, s’éteindre mon ardeur,
Et douter encore de ma fidélité, me chevaucher dans la félicité
Mais le parfum volé à ses baisers dans l’haleine du vent voyageait
Et les compartiments ne comptaient que deux places, deux poumons
Asphyxiés des masques des tuyaux et l’air du temps qui roule, vite,
Ce temps pressait : regagner un peu d’irréalité, morsure des lèvres
Tièdes qui fondent sur la langue, abandon des saisons des branches
Des bronchioles vertes et blondes du figuier, du noyer, lit d’herbes
Que les rails jamais ne désenchantent, silencieuses vigies, noirs destins
Je partais sans le lui dire ç’aurait été encore des larmes compliquées
Son parfum s’enfuyait avec moi, ma crasse et ma sueur mourraient seules.
17 04 2020
AK
ETRETAT
Quand nous aurons gravi ces falaises qu’enfin un soir d’été
Nous regarderons vieillir l’horizon et se rider nos corps
Auras-tu encore un baiser, une larme, un sourire à m’offrir
Et pourrais-je te dire qu’à tes pieds j’abandonne celles que j’ai aimées
Que tu en es l’exacte ressemblance, le coloris des draps des drames
Et des rires d’enfants qui sont dans des avions lointains
Au-dessus des falaises qu’enfin un soir d’été nous regardons voler
Songeant sans y penser que nos vies sont remplies d’infinis
Auras-tu encore un baiser une bonne nouvelle à m’annoncer
Et pourrais-je te dire qu’enfin nos ailes pour le grand saut
Déploient l’exacte ressemblance de nos vies aériennes.
17 04 2020
AK
OMBRE
Au secours, au secours ! L’ombre m’abandonne
De la tête aux pieds, à tous les instants du jour
Perdue à jamais, chaîne fidèle de mon corps en vie
Proie facile de mes nuits solitaires, je te saisis
Et voici que maintenant tu me fuis : où vas-tu ?
Où je vais ? Je pars construire des mausolées d’absence
Dans des lieux où les hommes s’effacent, je suis
Les traces des corps meurtris, le chant des silences,
Je vais vers ces pays où l’enfance cueille en riant
Les fruits qui le nourrissent, sous l’arbre gigantesque
Loin de tes immeubles et de tes métropoles ubuesques
Vers un nouveau royaume, et ne pleure surtout pas
Je resterai là pour toi, quand le désert te brûlera.
17 04 2020
AK
Puisqu’il en est ainsi, je vais déconfiner le chien !
C’est curieux. Une impression. Un sentiment. Une réalité bizarre.
Quand je n’écrivais pas une pluie fine tombait sur mes épaules.
Une bruine avec des yeux de chouette et des plumes de paon,
L’humilité et l’humidité versées sur le dos d’un unique acrobate
Marchant dans la rue noire glissant sur le pavé son éloquence nue
Un type de vingt ans qui porterait plus loin une réalité bizarre
Un colis à livrer dont il apprendrait dans les quotidiens du matin
A quelle explosion de joie bourgeoise ou d’attentat anarchiste
Ce paquet transporté, déposé sur le palier, comme indiqué avec l’adresse
En cas d’absence laissez le colis sur le palier, troisième étage, gauche
Un type de vingt ans qui sifflait en marchant, parlait, chantait
Merle du soir épanchant ses sentiments dans la rue noire la pluie
L’évidente absence de lumière des candélabres éteints, une impression
De pas perdus qui raclent le pavé des voies désertes, cette pluie fine
Qui transit les épaules du livreur de vingt ans humble et humide
Si je n’écrivais pas où danseraient mes pieds, quelles lignes suivre
Sur la calligraphie de ma vie, quelle chouette aveuglerait ses yeux
Au soleil levant et quel paon les ouvrirait s’il n’était amoureux
C’est une curieuse impression, un sentiment, une réalité bizarre
D’apporter, délivrer un colis dont on ignore l’impact de l’explosion.
15 04 2020
AK
Il pleut c’est merveilleux.
Je t’aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous même
Par ce temps d’arrière saison.
Il pleut – les taxis vont et viennent.
On voit rouler les autobus.
Et les remorqueurs sur la
Seine
Font un bruit… qu’on ne s’entend plus !
C’est merveilleux : il pleut.
J’écoute
la pluie dont le crépitement
Heurte la vitre goutte à goutte…
Et tu me souris tendrement.
Je t’aime.
Oh ! ce bruit d’eau qui pleure,
Qui sanglote comme un adieu.
Tu vas me quitter tout à l’heure :
On dirait qu’il pleut dans tes yeux.
Une photo concoctée par Chinette (textes) et Chinou (prise de vue) pour faire un peu plaisir aux gamins qui ne peuvent continuer les cours, ni manger ces chocolats emmagasinés par leur gentille petite professeure! Pourtant, tout est prêt, les costumes cousus et l’entrain sans réserve. C’est comme ça!
Par ailleurs, la rue/route est parfaitement silencieuse et les chats ont investi le macadam, se roulent dessus, c’est assez curieux à voir.
Bonnes Pâques à tous et toutes !
Bon, mon vieux Cendrars, ne m’attends pas à New York aujourd’hui!
notule d’un riverain (à 10km) le jour de Pâques : https://www.ladepeche.fr/2020/04/12/a-lourdes-la-tristesse-dun-week-end-sans-pelerinages,8843461.php#xtor=EPR-1-%5Bnewsletter%5D-20200412-%5Bclassique%5D
Va chercher la petite cuillère il faut ramasser ton père
Ce vieil ivrogne s’est cassé la gueule par terre,
Bon, d’accord, vous en avez assez d’être confinés
Pas de shit, en bas des escaliers, pas de fric,
Juste de la pasta asciutta, plein le placard,
Je sais c’est dur, mais à la télé ils disent qu’en Haïti
Ils mangeaient des galettes d’argile en temps de famine
On n’en est pas là les enfants, ne prends pas cette cuillère
Ma fille, c’est son cadeau de mariage, du plaqué argent,
Tu risques de le réveiller et surtout, oh ! Louis, pas de scotch
Pour lui recoller la cervelle et le crâne. Il dort, qu’il est beau
Quand il n’est pas torché. Apporte le balai, Leslie, il respire
Et risque d’éternuer si tu le passes sous ses narines.
Enzo, fais quelque chose : prends la serpillière et le seau,
Dans le placard tu trouveras le produit avec le petit ange
Non, papa n’a pas fait pipi au lit, c’est du vomi, ne pleure pas
Dans cinq minutes tout sera réglé, Leslie et Louis aidez-moi
A le mettre sur le lit. Putain il y a du sang partout
Papa a deux fontaines qui coulent, on dirait du vin, tais-toi Enzo
Mais nom de Dieu qu’est-ce qui a bien pu lui arriver,
Il allait au bistrot quand j’allais à la messe, ce saint homme
Jamais un mot de trop mais bien des verres avalés, c’est vrai,
Et quand il me battait c’était pour me montrer son amour
Maman la poubelle est pleine, qu’est-ce qu’on fait de papa ?
Mets son revolver dans sa main droite, serre un peu le sac et vas te coucher !
11 04 2020
AK
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