plus amusant et moins cruel que la corrida, c’est…

Le loto bouse!

Très rustique, ce loto se répand dans tous les coins de France. Pas d’arène, de sable, de véroniques et de mise à mort. Il suffit d’avoir un terrain plat assez grand, du plâtre et de la bonne humeur. Et, bien évidemment une ou deux vaches (en subtitution au cas de constipation). De plus, avec un peu de chance, on peut gagner des paniers garnis et des lots divers. Ah, la campagne! Qu’est-ce qu’on se marre!

loca-terre d’un petit jardin d’Eden (photos)

et si le sang des arbres était la sève des hommes?

 

 

une sonatine de Darius Milhaud pour une fin d’après-midi ensoleillée

Etendu dans un transat, en attendant l’heure de l’apéritif, après avoir tondu et débroussaillé le jardin. Voilà une idée qu’elle est bonne!

les mardis de la poésie : Raymond Queneau

Il pleut        (Queneau, que n’eau!)

 

Averse averse averse averse averse averse

pluie ô pluie ô pluie ô! ô pluie ô pluie ô pluie
I

gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau

parapluie ô parapluie ô para verse ôl

paragouttes d’eau paragouttes d’eau de pluie

capuchons pèlerines et imperméables

que la pluie est humide et que l’eau mouille et mouille 1

mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau

et que c’est agréable agréable agréable

d’avoir les pieds mouillés et les cheveux humides

tout humides d’averse et de pluie et de gouttes

d’eau de pluie et d’averse et sans un paragoutte

pour protéger les pieds et les cheveux mouillés

qui ne vont plus friser qui ne vont plus friser

à cause de l’averse à cause de la pluie

à cause de l’averse et des gouttes de pluie

des gouttes d’eau de pluie et des gouttes d’averse

cheveux désarçonnés cheveux sans parapluie

Rap à gogo

Rap dédié à maître Gims (dont je me fous par ailleurs)

J’ai loué un bateau

Pour partouzer sur l’eau

Le feu a tout cramé, yo,

J’aurais du niquer mon vélo

Eteindre mon cigarillo

Jeter mon whisky par le hublot, yo,

Pas mettre de la farine dans le turbo

Surtout quand t’es planté à Bonifacio

J’aurais du louer un pédalo, yo,

Sentir la vague caresser mes biscottos

En attendant je vais ramer, jouer du yoyo

Pour rembourser mes avocats et les agios

Dans ce bastringue y a que les rats d’eaux

Qui s’en sortent sans payer leurs impôts

J’ai loué un bateau

Pour partouzer sur l’eau

Le feu a tout cramé, yo,

J’aurais du aller en vacances à Rio

Au Brésil ça fume dur mais c’est moins rigolo

Sauf le mec c’est quoi son nom, Bolsonaro ?

Si j’avais su j’aurais loué un paquebot

Il paraît qu’à Venise il y en a de très beaux

etc

étonnez-moi, Chinois!(la grande foire planétaire)

(texte de septembre 2009 précédent l’annuelle foire expo de la ville de Pau -70 ème  édtion cette année 2019-)

Depuis quelques jours fleurissent de grands dazibaos-Decaux dans les rues et carrefours palois. Un gamin impérial, caché derrière une tenture rouge comme la couverture d’un petit livre usé par un grand timonier durant une longue marche, souhaite aux passants la bienvenue en sinogrammes. Du moins est-ce la traduction en lettres occidentales, car peu de gens iront vérifier s’il s’agit bien de la bonne transcription (du genre « pour l’expo de Shangaï vous vous êtes trompé de mois et d’adresse »).

Or, qu’apprends-je à la lecture de mon hebdo favori (Courrier I.) de cette semaine? Les grosses fortunes chinoises cherchent à quitter le pays du Milieu. Il y aurait cinquante cinq mille milliardaires en Chine (estimation du rapport Hurun), ce qui déclenche instantanément dans mon crâne une connectivité fulgurante de mes synapses et une radioactivité mandarinale de mes neurones en fusion: la manifestation automnale de la foire expo rassemblant environ 70 000 personnes, le décompte est vite fait: 55000 riches chinois et 15000 péquins venus des alentours vont franchir les portes du palais impérial palois cette année. Il est donc grandement temps de se mettre à la page, en écrivant un petit papier à imprimer qui ne perde pas trop la boussole, n’incite pas à fabriquer de la poudre à canon, puisse se monnayer en billets et nourrisse le site en pâtes pour les semaines à venir (disons jusqu’à Noël, avant le nouvel An chinois qui arrive vers la fin janvier-février).

Inutile donc ici d’évoquer le souvenir de la place Tien-Am-Men, les droits de l’homme, l’invasion du Tibet, les ravages environnementaux générés par la construction de gigantesques barrages, la pollution des mégapoles, la misère des campagnes et les rachats massifs des terres arables africaines, de l’exploitation à outrance des matières premières sur la planète aux dépends des nations, et autres petites affaires en cours. Soyons diplomates. Installons notre Salon d’automne dans une exposition convenable, mâtinée de feng shui, afin d’harmoniser les lieux et de favoriser la santé, le bien-être et la prospérité de ses occupants (sic). (Quelques élus locaux auraient dû inviter la Chine bien avant 2010, en appliquant cet art).

Soyons courtois, surtout quand parler chinois ou parler la langue de bois demeure plus source de rapprochement que fontaine de discorde. Le fait est que la culture et les mœurs chinoises (dans un sens global) nous sont parfaitement inconnues et peu compréhensibles. Sorti de la dynastie Ming, que certains connaissent mieux que l’histoire du vase de Soissons, quid des Shang, Zhou, Qin (l’empereur Qin Shi Huang donna son nom à la Chine), Han (98% de la population actuelle), Tang, Song? Certains férus de bandes dessinées (lianhuanhua) y voient le nom de héros (Tintin au Tibet), c’est lamentable, il faut l’admettre, les occidentaux sont nuls, d’autant que lorsque l’on vit et se trimballe quotidiennement (hors alimentaire) avec 75% de produits venant de Chine, la moindre des choses est d’au moins lire l’étiquette pour se cultiver l’esprit.

Mais restons courtois; monsieur Hu Jintao, une petite partie de Go, de Mah-jong, de Xiangqi vous tente-t-elle, avec un petit verre de Ju Rançon? une tasse de thé pour vos épouses et concubines sera servie dès que nous aurons signé le contrat pour la LGV Paris-Pau-Pékin. Quant au château de Pau que vous délocaliserez en 2013 sur les bords du lac de Gardères, nous sommes en train de terminer la procédure d’expulsion des paysans du plateau de Ger, inutile d’en parler ici, c’est d’ores et déjà acquis (voir A&P « château à vendre » il y a quelques mois). Vous pourrez tout à votre aise y célébrer vos fêtes nationales: fête des lanternes, des bateaux-dragons, des amoureux, des fantômes affamés, du double neuf, Qingming… Notre médiathèque en cours de construction portera le nom de Deng Xiaoping, initiateur de « l’économie socialiste de marché », qui permit à la Chine de rentrer dans l’OMC en 2002. Un grand homme, bien que pas très haut sur pattes mais dont le rire éclatant et la jovialité sont restés gravés dans les mémoires des vieillards maoïstes.

Un problème cependant subsiste. Il n’est pas question pour nous, contributeurs palois aux manifestations lumineuses, de céder la villa Formose (*), que nous devions en son temps transférer aux halles de Shangaï pour l’expo universelle, et sur laquelle monsieur Hu Jintao porta un intérêt tout particulier, voire majeur. Nous ne pouvons de fait accéder à une telle demande. De jeunes samouraïs du crayon maniant l’art du dazibao, gymnastes de la courbe sensuelle et pongistes à leurs heures, menacent de s’immoler sur la place Clémenceau si une seule pierre de l’édifice vient à être descellée. Nous appelons cela, ici, le péril jeunes. Ces artistes en herbe ont esquissé en ces lieux les premières ébauches des futurs pavillons qui constitueront l’armature fondamentale de l’exposition universelle de 2035, pour laquelle la ville de Pau s’est d’ores et déjà mise en lice. Et seul le premier pavillon, qui pour eux est un test probatoire et une grande opportunité, sera une fois réalisé le déclencheur de leurs vocations. Alors seulement ils quitteront la villa Formose, par portes et fenêtres, volant comme des prim’Holstein hollandais au-dessus de la mer de Chine.

Alors, laissons à René Leys, héros du roman éponyme de Victor Segalen (1922), ces paroles exotiques (ou devenues telles): « Je rentre chez moi.Je m’endors enfin…qu’il est tard! et je n’ai pas de fleurs!En faut-il pour recevoir une jeune femme Mandchoue? Car je sais depuis une heure à peine, par les soins de mon boy, que-loin de remonter à notre second Empire (je paraphrase)- madame Wang actuelle est la troisième madame Wang, c’est-à-dire ma toute contemporaine… »

AK Pô

04 09 10

(*) Ancien nom de Taïwan, du temps des Hollandais

G7 ou Jet Set, de toute façon, y’en a marre!

La liste est déjà trop longue (et en plus il en manque –Rodrigo Duterte aux Philippines et d’autres encore). Petite liste des plus connus (dans les médias):

Jaïr Bolsonaro, qui prend les hommes d’Etat pour des cons ( exemple, entre autres : le gugusse se fait filmer en direct en train de se  faire couper les cheveux alors qu’il avait rendez-vous à la même heure avec Le Drian, ministre des Affaires Etrangères français pour discuter de choses bien plus importantes et graves), Donald Trump (qui veut acheter le Groenland, interdit à la Roumanie de se doter de la 5G -because Huawei-, veut taxer le vin français à 100%, exacerbe la guerre économique avec la Chine, sort des accords sur le climat, le nucléaire iranien, menace de guerre ce pays etc -quasiment une volte face par jour-), Kim Jung Un (qui s’amuse à envoyer ses « pétards » et tient le peuple à sa merci, Xi Jinpin (invasion du Tibet, menaces sur Hong Kong, expansionnisme à tout va), Victor Orban, Mateo Salvini, Boris Johnson (Alexander Boris de Pfeffel Johnson, dit BoJo le clown), Vladimir Poutine, Mohammed ben Salmane (guerre du Yémen, de Syrie, etc), Benjamin Netanyahou, Bachar El Assad

Une liste loin d’être exhaustive!

Tous ces docteurs Folamour qui dirigent le monde vers le chaos le plus total, sans une once d’humanité ; alors je dis : y’en a marre!

 

-« Et moi, j’y suis pas, dans ta liste? » demande Chinette.

-« NON! »

un jeudi très cochon

Les petits cochons, spécialité maison (avec les éléphants roses) selon Chinette. J’en doute mais c’est très amusant!

Sauf ce qui se passe à 8 km d’ici, avec une usine à cochons de 6000/animaux par an en élevage industriel, pour soi-disant compenser un manque d’approvisionnement (en porcs) au niveau local. Du foutage de gueule! tout cela pour élargir et faire grossir une grosse filiale agro-industrielle, au détriment des riverains et habitants des communes voisines…

https://www.facebook.com/pages/category/Community/No-Porcharan-2290771321156622/

Petits crobards du jeudi :

un agneau patelin qui sent la gigolette (dixit le professeur Manshop)

On peut porter culotte et manquer de boutons,

On peut en sans-culotte passer pour un mouton,

Mais quelle que soit la règle, sur le fil d’une épée

Toujours un plus malin saura vous usurper.

Tout ce dont il se souvient, c’est qu’à un moment on lui a demandé de dessiner un mouton. Pourquoi alors a-t-il dessiné un homme?

Le professeur Manshop, du Centre Hospitalier Régional, réfléchissait à la question tout en dînant en famille dans sa maison de la place Albert 1er.

Certes, il recherchait la corrélation culturelle existante dans le geste de son patient: entre Panurge et le Petit Prince, puis dans les expressions les plus répandues: mouton à cinq pattes, noir, frisé comme etc. Son épouse, le voyant songeur, lui demanda si le dessert, une tarte aux fraises, lui convenait, car devant sa mine contrite elle-même commençait à se poser des questions existentielles. Etait-il heureux avec elle, était-elle vraiment la ménagère hors pair dont tout homme rêve dès lors qu’il franchit la cinquantaine, avait-il encore des fantasmes amoureux à son égard, buvait-il en cachette, vivait-il à quatorze heures son démon de midi, bref, toute la complexité du monde enfermée en un seul être taraudait l’esprit conciliant de Marjolaine, dite Finzi. Il émergea quelques secondes de ses pensées (il en était à l’époque de la Toison d’Or, après que Chrysomallus, le bélier ailé fruit des amours de Poséidon et de la princesse de Thrace -que celui-ci changea en brebis-, fût estourbi) et rassura son épouse en avalant une seconde part de tarte en arborant un grand sourire de satisfaction.

Au-delà du jardin arboré se découpait au sud la masse sombre du palais de justice, et des fourgons cellulaires stationnés à l’arrière montaient des voix éraillées, des sons qui révélaient la longueur des débats à l’intérieur du palais et l’impatience accumulée des lampistes de service scotchés à la porte de service depuis maintenant six heures. Mais les doux parfums du jardin pénétraient le salon et nul ne se leva pour fermer la porte-fenêtre. L’expression doux comme un agneau interféra l’esprit du professeur Manshop. Pourquoi pas doux comme un homme? Il sourit. Dessiner un agneau doux comme un homme, voilà qui, pour Saint-Exupéry lui-même, aurait suscité une énigme semblable à la réalité d’un bélier à toison d’or volant au-dessus de l’Hellespont, deux gamins sur le dos. Lui, de par sa fonction, n’avait goûté l’amitié qu’avec deux moutons: Cadet et Rothschild, lors de congrès nationaux à Rambouillet. Mais cette amitié se révéla, à la longue, funeste dans quelques diagnostics et soins administrés à certains patients, tant et si bien que dès lors, il dût mettre de l’eau dans son vin. Au moment de débarrasser la table, par mégarde Marjolaine renverse le verre de son mari, le sortant de sa torpeur. Celui-ci se rappelle alors qu’il ne connait rien de son patient, qu’il l’a à peine entrevu lors de sa vacation dans les salles surpeuplées, parmi les lits rangés comme un jeu de patience, tous semblables et dont seules les figurines changent. Comment va la dame de pique, aujourd’hui, et le valet de trèfle, toujours fiévreux? Si, pourtant, le professeur se souvient d’un détail. Quand l’infirmière a tendu le crayon et le papier, le professeur a entendu prononcer son nom, oui, cela lui revient soudain: Thibault l’Agnelet. Sur le coup, il s’est même demandé si l’infirmière le faisait exprès, si par pure coquinerie elle lui proposait de dessiner un mouton pour se moquer de lui. Et que le malade, encore dans les vapeurs médicamenteuses, ait réagi en dessinant un autoportrait malhabile. Et moi qui me triturais la cervelle pour résoudre une énigme qui n’en est pas une, songea-t-il en se levant. Il alla s’accouder au balcon pour respirer l’air frais, fier et content de lui (bien qu’il n’y ait, à vrai dire, aucune raison de se goberger à ce sujet).

L’audience se terminait, au tribunal. L’habituel remue-ménage des prévenus embarqués, des mouvements de transfert, du bruit des véhicules préludaient au calme de cette agréable soirée. Quelques étoiles scintillaient, visibles du balcon surélevé que les luminaires laissaient dans la pénombre.

Le professeur goûta cette tranquillité. Marjolaine était vraiment une artiste, pour la tarte aux fraises. De la rue Mourot, une conversation se fit entendre. Deux individus marchant de concert se vilipendaient aimablement.

« -Maître Pathelin*, vous êtes un âne! disait l’un

« -Maître Guillaume Joceaulme, vous en êtes un autre!

« -Nous voici dans de beaux draps, grâce à vous!

« -Avouez que nous nous sommes faits avoir tous les deux!

« -Certes! inutile d’aller le bêler sur les toits! »

Le professeur Manshop s’amusait fort de ces échanges entre gens de robe regagnant leurs logis, rue Duplaa. Il en connaissait la plupart, mais ces deux-là, il en ignorait l’existence. Alors qu’ils baissaient la tête sous le camélia qui borde le monument aux morts, un bêlement sonore, moqueur, s’éleva. Sans provenance précise, un bêlement surgi du ciel ou du tréfonds de la terre, dont l’intensité égalait pour le moins celle d’un troupeau, d’un défilé de milliers de manifestants traversant la place en scandant: à malins de Matignon, malins par millions et demi!

Alors, et alors seulement, le professeur comprit qu’en dessinant un homme, le patient Thibault d’Agnelet lui avait fait commettre une farce pleine d’humanité.

AK Pô

10 05 09

* référence à « la farce de Maitre Pathelin », pièce de théâtre de la fin du Moyen-âge

les mardis de la poésie : Jean Cocteau

Contre le doute hélas je n’ai pas de refuge
En quelles mains me suis-je mis ?
Et comment me juger car lorsque je me juge
J’ai les yeux de mes ennemis.

Que j’aimerais m’aimer et me laurer de gloire.
Attendre le succès final.
Mais contre moi si loin que cherche ma mémoire
Se retourne mon tribunal.

L’avocat me suspecte et le jury m’accuse
Tous les témoins me donnent tort
Et je dois écouter sans me trouver d’excuse
Ma condamnation à mort.

Petit supplément offert par la maison:

Elle épousa un ange, mais qui n’avait qu’une aile

Elle qui savait tant que certaines blessures

Jamais ne renoncent à venger les oiseaux

Que les coups de ciseau meurtrissent à jamais

Elle épousait un ange mais aussi un démon

Voleur de plumes et d’espérances, un homme

Dont elle savait qu’un jour, ses ailes retrouvées,

Il s’envolerait, quand au-dessus du temps

Le démon de midi changerait à jamais sa vie de vieux mari

En étranger fidèle aux sursauts de l’ennui.

AK

07 08 2019