et aussi un beau poème à la con :
Passager sans ticket, vagabond sans trajet,
Quelques jours encore à vivre sans séduire,
Juste un tas de poussières dans le vent, à réduire,
Poudre d’escampette, quand sept heures suffiraient
Pour respirer le petit matin de Valencia,
Hablar con Negrito, el gato de la calle Olvidada,
Passager sans ticket, vagabond sans trajet,
Place centrale du génome humain, triste universalité
Quelques jours encore à transporter le corps
Dans un tas de poussières, balayer le décor,
Nettoyer les quais de l’envie de partir,
Poudre et fumées, quand sept heures suffiraient
Pour marcher sur la Puerta del Sol, sautiller à Madrid
Passager sans ticket, vagabond sans trajet,
Quelques jours encore à survivre au genre humain,
A tendre la main pour dessiner l’absence, ses deux mains,
Balayer le décor, juste un tas de poussières, d’un jet
Quand sept heures suffiraient pour atteindre Séville,
Mendier le long de cette immense avenue, en famille,
Savons, kleenex herbes savantes aux feux tricolores
Passager sans ticket, vagabond sans trajet,
Quelques morts sur la route, quelques arrêts,du cœur,
Hablando con Blanquito, el perro de la calle Ciega,
A tendre la main vers un matin qui refuse la sienne,
Inutile Palio dans la conche soyeuse de l’ oreiller, persiennes
Closes sous le vacarme et la chaleur de Genova
Dans les bras de Pavese, quand sept heures suffiraient
Pour plonger dans le Po vers Parme ou Bergame
Passager sans passé, vagabond aux milliers d’ horizons,
Tous les grands chemins ramènent aux sentiers, aux fumées
Sous le vent insigne des poussières et toi, comme les autres,
Balaiera le décor, savon, kleenex herbes savantes, chairs aimées
Ignorant qu’à sept heures d’ici les plus belles villes
Du sud de l’Europe attendent tes pas de danse : l’existence.
05 04 2014 AK Pô
Ptcq
Un travail intéressant, rigolo et gai, chez monsieur Poulet : http://monsieurpoulet.ekosystem.org/2014/02/derriere-les-nuages-les-couleurs-featuring-mikko-umi/ et du graff d’un nouveau genre, entre cubisme et concubisme, http://www.ekosystem.org/tag/eko
Rêver le jour, graffer la nuit, rompre sans cesse la monotonie, locomotives d’or…
Plein de bonnes idées, toutes assez farfelues ( créer un périph fluvial autour de Paris pour que l’Ile de France soit vraiment une île, créer des stations de « Célib », où l’on pourra passer un moment agréable avec un ou une célibataire -il suffit que la personne interessée se mette en attente dans le lieu réservé-, bref c’est amusant mais pas que.
A écouter sur France Culture : http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-apres-le-second-tour-24-%C2%AB-poetiquement-incorrect-gaspard-delanoe-%C2%BB-2014-04-01
Et le lien du site du » parti faire un tour » : http://www.gasparddelanoe2014.com/
Album qui date de 1969 : « three hours/five leaves left »
Une délicieuse et parfumée chronique de Philippe Meyer audible sur votre smartphone (si vous avez l’application idoine) :
http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4821180
Un peu plus, avec Mallarmé : http://www.poetes.com/mallarme/coup_de.htm
On aimerait être partout quand on se sent nulle part, longer de vastes allées, à petites et courtes enjambées, pour vivre quelque part et pourtant on est là, claudiquant aux sons d’un djembé centrafricain, aux virevoltes d’un GPS ukraino-criméen fou qui conduit n’importe où, ou plus exactement qui nous conduit partout, partout dans ces lieux dont nous ignorons tout, dont nous avons peur, dont nous n’osons franchir les frontières, de peur que, de peur que…
On aimerait être nulle part quand la poussière dépasse les nuages, que la poudre explose partout, être au bout du rouleau, du cordon Bickford, aux manettes, appuyer sur la gâchette flinguo US pour faire cesser le bruit infernal des bottes, des marches claudiquantes, au son du djembé, aux atermoiements politiciens, aux apitoiements internationaux, on voudrait danser sur nos mille pattes, comme des millions de fourmis aux antennes hyper-communicantes, laborieuses et folles de GPS de tablettes d’Ipod de . De peur que, de peur qu’on.
On aimerait être là, juste là, planté sur les quais de San Sebastian Donostia, les pieds, le corps entier versé au soleil, à regarder les autres gens feignasser, comme nous, l’esprit et le corps offerts à la rêverie de l’instant, être partout dans son corps que le soleil et la brise réjouissent en silence, en murmures, ne penser à rien, franchir les frontières du temps, jusqu’au crépuscule. A l’heure où les dieux nous attendent pour goûter à la passagère éternité des sens. Reprendre goût à la vie.
(à H. et P. L.)
Chinette et Chinou se sont installés sur flickr. Ce soir. D’autres images viendront se coller, le temps de faire de nombreux tris…
Quelques images prises au gré des rues et non au ré des grues.
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